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Cessez d’être polyvalent, devenez indispensable !

25 Février 2010 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Nous avons tous été entraînés ces dernières décennies à devenir polyvalents, à être interchangeables. Cela a eu comme principal avantage de nous faire aborder des métiers auxquels nous n’aurions jamais pensé. L’inconvénient, surtout en période de récession ou de stagnation, est que nous ne sommes plus indispensables, puisque d’autres peuvent aussi bien (ou mal) que nous.

 

Dans son dernier « Linchpin » (non traduit en français), Seth Godin nous rappelle que les entreprises n’auront tendance à garder que ceux qui sont indispensables. Non seulement en pratiquant ainsi vous vous révélerez indispensable mais en plus vous développerez votre talent et votre créativité.

 

En effet, plus vous sortez de votre zone d’excellence et plus votre cerveau tend à faire de la résistance en pressentant une zone à risque. Moralité : vous ne donnez pas alors le meilleur de vous-même.  

 

Qu’est-ce qu’un « linchpin » ? Une goupille (technique), un pilier (organisation),  bref une petite pièce qui en technique tient l’ensemble. Quelle que soit sa taille ou son coût, elle est un passage clé ou un point de connexion sans laquelle l’ensemble est bloqué.

 

Cela peut signifier pour certains de se trouver à un point de passage obligatoire et jouer alors de leur position de force (ce texte est écrit pendant la grève des contrôleurs aériens), mais cela peut ne pas durer éternellement, vos clients et fournisseurs internes ou externes pouvant chercher à vous contourner (cf. le même exemple).

 

Cela peut être aussi de développer une expertise. Celle-ci peut être plus ou moins temporaire, les savoir et savoir-faire évoluant très vite.  

 

Il y a une troisième voie, celle de faire ce pour quoi vous êtes faits tant sur le plan des talents que des passions. Je dis bien des deux : vous pouvez avoir des talents et ne pas (ou plus) vouloir les utiliser. Vous pouvez avoir (ou avoir eu) des passions, mais pas le talent associé. Ainsi, personnellement, j’aime courir, mais je sais que je ne serai pas un marathonien. A l’opposé, je me débrouille bien avec l’analyse des chiffres, mais d’autres domaines m’inspirent plus.

 

Alors, comment devenir indispensable ? Surtout d’abord en cessant d’être polyvalent, taillable et corvéable à merci et en recherchant ce qui fait votre différence.

 

Voulez-vous aller plus loin ?  Le livre « Trouver sa voie » (ESF, 2009) de votre serviteur, et coécrit avec Aviad Goz, vous en ouvre le chemin (et celui-là est en français !).   

 

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Avez-vous le "bon" esprit d’équipe ?

18 Février 2010 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Qui n’a jamais entendu dire « nous sommes une équipe et nous devons gagner ! ». D’autres entreprises glorifient le team spirit. Les formations sur le management et le leadership accueillent souvent d’anciens entraîneurs ou sportifs qui viennent révéler les secrets de leurs succès.

En bref, depuis le mode projet jusqu’aux commerciaux, les couloirs des entreprises résonnent d’un même esprit : «ayez l’esprit d’équipe ! Comme dans le sport, forgeons-nous un moral de vainqueur ! ».

De quel sport parlons-nous en fait ? Michael Gillepsie de l’université de Duke (USA) vient de publier un essai sur l’impact du sport dans l’esprit américain. Il distingue quatre grandes périodes de référence :

En Grèce antique, le sport était individuel et aristocratique. Réservé aux citoyens libres, il avait pour fonction de développer le courage et l’endurance. En somme, seuls quelques élus pouvaient y parvenir. Cela me fait penser à la culture médiatique du leadership où nous avons l’impression qu’un homme seul a pu redresser (ou faire sombrer) une entreprise, un parti politique, un pays.

Dans la Rome ancienne, ces mêmes hommes libres ne s’abaissaient pas à combattre dans l’arène. L’esprit sportif convenait pour des esclaves qui s’entretuaient dans des spectacles organisés par les puissants (gouvernements ou riches citoyens). Cet esprit sportif ressemble au sponsoring où de loin vous pouvez assister à des exploits sportifs réalisés par un ou plusieurs hommes
portant vos couleurs.

Vint la tradition britannique du XIXème siècle, où les écoles utilisèrent le sport pour former une classe dirigeante endurcie. Les vertus professées étaient l’esprit d’équipe et le fair-play. Toute faute personnelle pouvant pénaliser l’équipe, chacun devait faire preuve de loyauté, d’honneur et de respect des règles…au sein de l’équipe. Par contre, lors d’un match, l’important est la victoire. En France, les services (unités composées de personnes faisant le même métier : le technique face au marketing par exemple) ou les personnes issues des mêmes écoles (les X contre les Centraliens) jouent bien ce jeu.

Enfin, les Nord-Américains apportèrent une quatrième dimension qui fusionne les trois premières : ils favorisent le sport individuel ou d’équipe…par délégation. Dans les collèges et universités, la course aux victoires est telle qu’il s’agit d’une élite recrutée ad hoc, et en même temps supportée par l’ensemble du personne de ce même univers. Les compétitions se déroulent devant des partisans colorés (aux couleurs de leur équipe) des deux bords. Cette dernière approche mixe les avantages et inconvénients de toutes ces dimensions. C’est ce que souhaiterait faire nombre d’actions autour des valeurs partagées : faire communier les gens ensemble. Cela suppose que l’esprit et la lettre se rejoignent, à savoir que les actes de la direction de l’entreprise soient en ligne avec ses propos. Cela arrive parfois.

Alors, lorsque quelqu’un vous suggérera d’avoir l’esprit d’équipe, demandez-lui de quelle forme d’esprit il parle.
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Suscitez la collaboration

12 Février 2010 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Cet article est librement inspiré d’un texte de Stephen Covey paru dans « USAWEEKEND ». intitulé « sept manières de mieux travailler ensemble ». J’ai pensé que les conseils prodigués pouvaient s’appliquer (entre autres) à une équipe qui voudrait bâtir un plan en commun. Quel serait le 8ème conseil à donner ?

Voici les sept conseils de Covey (avec un commentaire) :
1. Soyez ouvert. Nous abordons souvent la construction d’une démarche commune avec l’envie de faire partager nos idées. Nous sommes alors plus persuasifs que participatifs. En réalité, la qualité d’un travail en commun dépend beaucoup de notre ouverture. Plus nous sommes ouverts aux autres et plus ces derniers s’investissent dans le travail d’équipe.

2. Trouvez une 3ème solution. Le fruit du travail en commun n’est pas que votre idée ou que celle de quelqu’un d’autre triomphe. Il ne faut pas non aboutir à un compromis bâtard qui affaiblirait les avantages de chacune des idées, mais plutôt collaborer pour permettre l’émergence d’une troisième (ou d’une Xème) solution meilleure que les autres.

3. Confrontez-vous aux autres. Chaque personne est unique et vous devez le rester. Seulement au contact des autres, vous apprendrez quels sont vos points de différenciation. Peut-être que certains atouts que vous sous-estimez vous seront révélés par les autres (et réciproquement).

4. Soyez-vous-même. Restez axer sur l’objectif final sans compromettre votre intégrité ou vos valeurs dans le processus.

5. Essayez quelque chose de nouveau : le challenge clé de nos économies interdépendantes est que ce ne sont pas des méthodes anciennes qui nous feront réussir. Agrandissez les limites du champ de votre propre expérience. Cela vous rendra plus réceptif pour explorer de nouvelles approches.

6. Apprenez à connaître votre audience : une équipe qui veut réussir uniquement sur le plan économique ne peut être victorieuse à terme. « Il faut un village pour bâtir un village » dit un proverbe anglais. Vous devez comprendre les besoins et motivations de chacun pour mieux y répondre afin de garder l’enthousiasme de tous.

7. Riez au moins une fois par jour. Ne prenez pas votre tâche trop au sérieux. Sachez prendre un peu de distance. C’est un bon moyen de garder son ego à bonne dimension et en plus c’est bon pour la santé.

Pour le 8ème conseil, voici quelques suggestions :

a. Soyez soucieux de votre influence : adressez-vous à chaque membre du groupe avec un égal respect, intérêt et ouverture à ses idées (ce qui ne veut pas dire accepter ces derniers). b. Commencez par identifiez des points d’agrément : les groupes tendent à focaliser sur leurs points de désaccord. Partir à l’opposé permet de mieux s’apprécier et de se respecter
c. Demandez ! Les gens adorent être invités à aider. Une simple question « Comment pourriez vous contribuer pour rendre cela encore meilleur ? » provoque une participation accrue des intéressés.

Et vous, qu’en pensez-vous ?
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Chaque personne a une histoire. Quelle est la vôtre ?

5 Février 2010 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Le storytelling (= l’art de bâtir une histoire autour d’un marque, d’un évènement ou d’une personne) est une technique ancienne qui s‘est imposée comme outil de marketing pour faire la promotion d’un produit. Pourquoi ne pas en faire une technique pour vous-même ?

Pratiquée avec authenticité, elle peut vous aider à mieux vous connaître et à trouver votre voie. Une histoire à propos de vous-même demande tout d’abord de respecter des critères d’authenticité et de pertinence. Il ne s’agit pas de vous raconter un conte de fées ou de vous décrire sous les traits du vilain petit canard détesté de tout le monde.

Plus simplement, écoutez-vous, prenez conscience de vos réalisations et de ce que vous aimez (ou avez aimé faire). Votre cœur vous indiquera si vous avez visé juste lorsque vous entendrez le son juste de votre histoire. Quels sont les attributs d’une belle histoire ? Un thème clairement défini (votre vocation, votre destin, votre phrase de direction qui vous caractérise), un style vivant avec des images et des sons (pour parler à votre cœur), un contenu qui soit propre à vous et authentique, un déroulé qui résonne en vous.

Pour vous aider à y parvenir, lisez ou écoutez des histoires de personnes : en quoi vous interpellent-ils ? Ce voyage émotionnel vous aidera à prendre conscience de ce que vous voulez accomplir ; Un de mes coaché a été un jour accroché par une phrase lue dans un livre «
Si vous rêvez d’un meilleur monde pour vos enfants et petits enfants, soyez convaincu qu’un individu à lui seul peut faire cette différence et que cet individu c’est vous» (phrase extraite d’un livre de D.R. Keough, ex patron de Coca Cola). L’auteur en question a conduit sa vie autour de ce principe et des idées associées : « si vous pouvez faire que les gens se sentent bien avec eux-mêmes et le travail qu’ils font, vous les rendrez créateur de leur propre succès par le service qu’ils fourniront et la différence que cela fera aux yeux de leurs clients ».

Mon coaché comprit ce jour-là l’importance d’être authentique dans sa vie. Il ne changea pas son travail, mais sa manière d’être dans son travail et cela fit la différence. Trop souvent, nous racontons notre vie et plus particulièrement notre carrière professionnelle au travers de faits et de chiffres.

Cette approche est plus proche du style d’une encyclopédie que d’une histoire. Lisez-vous les encyclopédies avec la même curiosité et gourmandise ? Ces livres parlent à la tête, pas au cœur. Il n’y a pas d’intrigues, de rebondissement, de moments dramatiques, rien de mémorable.

Il y a trente centimètres entre votre cerveau et votre cœur et ce court voyage peut être un des plus excitants qui soit.
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