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L’humiliation à l’ère d’internet

28 Mai 2010 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

J’ai insisté dans l’un de mes derniers billets sur l’importance à travailler son image : « Si vous ne la travaillez pas vous-même, ce sont les autres qui vous en colleront une ». Pour les sceptiques, voici une illustration par l’opposé de l’intérêt de la démarche proposée.  

 

Il y a quelques jours, la duchesse d’York,  ex-compagne du Prince Andrews d’Angleterre s’est faite piégée par un soi-disant homme d’affaires en voulant monnayer un accès à son  ex-ami. Il n’a fallu que quelques heures pour que l’affaire soit reprise sur tous les sites internet d’actualité et les médias en général.

 

Dans une époque pré-internet, cette affaire aurait mis quelques jours à arriver dans un hebdomadaire à scandale et peut-être ne serait jamais parvenu dans les médias plus classiques. Nous vivons aujourd’hui à une époque où chacun de nous doit faire des tests sur Google (entre autres)  pour savoir ce qui est dit et montré de lui. Si cela était une activité de soi-disant narcissiques il y a quelques années, c’est devenu une obligation de sauvegarde aujourd’hui.

 

Est-ce que nous sommes devenus plus méchants vis-à-vis des autres ? Non, répondent la majorité des psychologues. Il y a toujours eu des gens qui voulaient faire du mal aux autres, simplement notre époque leur offre des outils qui font que leurs commérages se déversent dans le monde entier.

 

Le succès médiatique de « casse-toi pauvre con » fait que nombre de personnes gardent en permanence leurs téléphones mobiles prêts à enregistrer la photo ou la phrase qui fera mouche. Cela est d’autant plus facile que l’on est plus courageux en tapant sur son ordinateur qu’en le disant ouvertement en regardant l’autre dans les yeux.

 

Il faut dire que le spectacle du monde politique et ses coups bas ou celui de la téléréalité (ex. Loft story avec son confessionnal des faiblesses des autres) font que cela se banalise. Bien que régulièrement, toutes sortes de personnes attirent l’attention sur le risque lié à l’usage libre des photos  prises lors d’évènements ou de soirées, peu d’entre nous surveillent leur image et ce qui est dit ou montré de soi.

 

Le mot humiliation vient du latin «humus » qui signifie « sale ». Beaucoup trop de textes ou de sites de notre monde internet sont consacrés à ces saletés (diffuser des moments embarrassants ou exagérer des  petites manies des gens.

 

Alors, trois suggestions :

 

o       Allez sur Google et les réseaux sociaux (ex. Facebook) et cherchez ce que l’on dit de vous.

o       Soyez proactifs en diffusant vous-même des images ou des textes qui vous sont favorables : les recruteurs ou plus simplement vos clients, fournisseurs, collègues et employeurs se promènent aussi sur Internet et se font une idée de vous par ce biais. Narcissique ? Regardez sur Linkedin, les recommandations que s’écrivent mutuellement les gens.

o       Nous valons mieux que cela. alors, nous sommes chacun responsable de la diffusion de bonnes pratiques en la matière

 

(Texte inspiré d’un article du Wall Street Journal)       

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S’enterrer ou sortir du lot ?

23 Mai 2010 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Les temps s’annoncent durs, les recrutements se font rares, les hausses de salaires aussi. Vous avez le choix entre vous faire discret ou sortir du lot. Si vous choisissez cette seconde solution, comment tirer le meilleur parti de vos atouts dans l’environnement actuel ?

 

Définir votre « Moi S.A »

 

Votre « Moi S.A » est le parfum unique dégagé par un mix entre votre savoir, vos compétences et expériences et ce qui vous passionne. Vous pouvez être doué pour la cuisine, avoir un grand savoir-faire en la matière, mais ne pas (ou ne plus) y trouver de l’intérêt. De même, vous êtes peut-être passionné par la peinture, mais ne pas être très doué en la matière (cela ne vous empêche pas d’y trouver du plaisir à peindre). Votre « MOI S.A. » est à l’optimum lorsque vous conciliez vos compétences et vos passions C’est le moment où chaque chose, que ce soit la manière dont vous vous habillez, votre comportement, votre communication et votre langage corporel sont à l’unisson.

 

Comment le révéler ?

 

Le plus beau trésor du monde (= vous) n’existe aux yeux des autres que s’il est révélé. Alors, faites-vous connaître et faites-le savoir. Tout comme en communication, votre discours doit être en concordance avec votre gestuelle et votre ton, vous devez mettre en harmonie votre discours, les textes de votre blog, votre appartenance à des réseaux sociaux et votre C.V (si vous cherchez du travail). Ne vous dispersez pas ! Concentrez vos efforts là où vous avez une réelle valeur ajoutée. Vous n’êtes jamais plus convaincant que lorsque vous présentez, expliquez, démontrez, « vendez » votre « MOI SA ». Regardez autour de vous : dès que quelqu’un parle de ce qui le passionne, il se transforme

 

Qu’est-ce que cela vous apporte ?

 

Pourquoi tant d’efforts, pourriez-vous vous dire ? « Je ne cherche pas de travail » pourriez-vous me dire, ou bien vous pensez que vous n’avez pas le choix, qu’il est normal de ne pas avoir envie d’aller travailler et que tout dépend des autres, dans ce cas, effectivement, vous n’y trouverez guère d’avantages. Par contre, si vous pensez qu’on peut à la fois se réaliser professionnellement et personnellement et y trouver du plaisir, le jeu en vaut la chandelle.

 

Comment lancer votre démarche ?

 

La démarche comprend quatre étapes : découvrir votre « Moi SA », créer un positionnement cohérent, le communiquer et le maintenir dans le temps. En fait lancer une telle démarche est simple : prenez une feuille de papier, divisez la en deux dans le sens de la hauteur. Ecrivez d’un côté vos compétences, dons, expériences et de l’autre ce que vous aimez faire, ce qui vous passionne et ce que vous avez apporté aux autres (ce qu’ils sont venus chercher chez vous) lors de vos différentes expériences.

 

En résumé, développer votre « MOI SA », c’est mettre en œuvre ce que vous avez envie de devenir. Certains y parviennent seuls, mais la grande majorité peut avoir besoin d’accompagnement pour y parvenir.

 

PS : Pour ceux qui sont impatients de lancer une telle démarche, je vous renvoie à mon livre « Trouver sa voie » (ESF, 2009) où je développe la méthode.

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Hier assis, demain couché avec un mal de dos ou… debout ?

13 Mai 2010 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

 Savez-vous que la lombalgie est la première cause d’invalidité chez les moins de 45 ans ? A côté de celles accidentelles (chute, glissade…), il y a de nombreuses autres causes de survenue progressive : nous passons de longues heures dans des bureaux ou des open spaces, nous nous déplaçons en voiture, métro ou ascenseur, nous échangeons avec nos clients, collègues ou fournisseurs debout ou assis. Mais prenons-nous soin de nous ?

 

Quelques chiffres : seules 25% des lombalgies sont survenues accidentellement (chutes, glissades, faux mouvements…) La grande majorité des lombalgies surviennent de manière progressive. S’il y a des causes classiques parmi les facteurs « posturaux » (mauvaise manutention des charges par exemple) il en est d’autres liées à des vibrations excessives du corps entier (les automobilistes, vous sentez-vous viser ?) ou à des gestes répétés (les fameux TMS, « troubles musculo-squelettites », des amoureux –contraints et forcés ou non- du clavier de l’ordinateur).

 

A ces derniers (les forçats du clavier), je vous propose de vérifier votre position :

  • La tête et le cou doivent être équilibrés et en accord avec le torse.
  • Les épaules doivent être détendues. o Les coudes doivent être près du corps.
  • Il y a suffisamment d'espace pour le clavier et la souris.
  • Le haut de l'écran doit être juste au-dessous du niveau des yeux.
  • Les poignets et les mains doivent être en conformité avec le torse.
  • Le bas du dos doit être soutenue et les pieds à plat sur le sol.

 

Votre position est correcte, mais vous avez toujours mal au dos ?

 

Alors, passons à une autre analyse : celle de votre environnement. Celui–ci doit répondre à trois impératifs (silence, température et éclairage adaptés) et à trois critères : le confort, la mobilité et l’efficacité.

 

  • Le confort : pouvez-vous changer régulièrement de position ? Avez-vous la possibilité de travailler dans une posture confortable ?
  • La mobilité : faites-vous régulièrement des pauses « actives » (= déplacement) ? pouvez-vous mieux organiser votre poste pour le rendre plus fonctionnel
  • L’efficacité : gérez-vous votre temps de manière à éviter l’ankylose ? Prenez-vous le temps de vous étirer ou de vous échauffer (si vous devez faire un exercice physique) ?

Est-ce que l’un de ces points vous concerne ? Sachez qu’il existe plusieurs remèdes si vous ne pouvez pas (trop) changer votre environnement. Comme c’est souvent le stress qui provoque des contractures musculaires, allez voir votre patron et / ou vos collègues. En, effet, parmi les meilleurs remèdes figurent le soutien social (de vos collègues ou collaborateurs) et l’autonomie décisionnelle (c’est la thèse de Karasek).

 

Par ailleurs, des entreprises de plus en plus nombreuses favorisent le travail debout : que ce soit dans les centres d’appels où l’on voit des téléopérateurs marcher de long en large munis d’un casque sans fil ou dans des entreprises de matière grise qui installent du matériel de bureau permettant aux personnes de travailler debout sur leurs ordinateurs.

 

Finalement Michel Berger (qui a écrit cette chanson au début des années 80) avait raison trop tôt. Un extrait de sa chanson :

 

Il jouait du piano debout C'est peut-être un détail pour vous Mais pour moi, ca veut dire beaucoup Ca veut dire qu'il était libre Heureux d'être là malgré tout Il jouait du piano debout Quand les trouillards sont à genoux Et les soldats au garde à vous Simplement sur ses deux pieds, Il voulait être lui, vous comprenez

 

Ne me dites pas que ce garçon n'valait rien Il avait choisi un autre chemin Et pour quelles raisons étranges Les gens qui pensent autrement Ca nous dérange Ca nous dérange

 

Cela va peut-être nous guérir.

 

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Comment favoriser un grand changement (pour vous ou votre organisation) ?

5 Mai 2010 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Vous pouvez être tenté de provoquer des changements au sein de votre organisation ou de votre carrière professionnelle, tout en vous sentant limité aux entournures : « je ne suis pas le décideur, et si je l’étais, je ne suis pas seul ! ». Si nous regardons notre environnement, il est clair que les personnes capables à elles seules de générer de grands changements sont rares (seuls les médias sont pleins de vrais faux héros de ce style) et dans tous les cas, cela prend du temps. Sommes-nous pour autant réduit à ne rien faire (ou à très petite échelle) ?

 

Le professeur Dees (Duke University, USA) a développé une approche en trois étapes qui me paraît intéressante à relever.

 

La première étape consiste à passer de « pouvoir » à « comment pouvoir ». Illustration : vous montrez à votre entourage la photo d’une personne en fauteuil roulant et vous demandez : « cette personne peut-elle conduire une voiture ? » La réponse sera majoritairement négative. A un autre groupe, vous présentez la même photo, mais vous orientez la question différemment : « comment pourrait-elle conduire une voiture ? ». Vous serez surpris des idées positives qui surgiront.

 

Si vous souhaitez aborder un changement, n’attaquez pas le sujet sur une approche « oui / non » (réponse à la question « je peux ou non ? »), mais plutôt sous l’angle : « comment puis-je obtenir un résultat correspondant à mes attentes qui soit le plus large possible, le plus durable, le plus rapidement possible et à moindre coût ? ». Un de mes amis, passionné de chevaux, a ainsi monté une association au sein de laquelle un professionnel salarié gère un centre d’équitation. Grâce au développement de l’association, mon ami envisage de basculer bientôt de son travail de salarié à un temps plein au sein de celle-ci. Cette approche progressive lui a permis d’enclencher plus rapidement le changement attendu.

 

La deuxième étape consiste à diversifier les méthodes qui permettent d’augmenter l’impact de votre décision. Cela ne nécessite pas nécessairement des moyens (humains et financiers) hors de vos possibilités. Cela peut passer par l’exemplarité, la diffusion de bonnes pratiques, la communication autour de soi (médias, réseaux sociaux), le changement de normes (lois, habitudes…). Dans ce contexte, posez-vous (et posez la question à votre entourage) : « comment amplifier et accélérer l’impact du changement attendu, sans passer nécessairement par l’injection classique de moyens humains ou financiers ? ».

 

Au sein de votre organisation, vous pouvez tester de nouvelles approches sur une zone géographique limitée, un petit projet, une cible de clients, … Cette expérimentation est moins lourde et moins contraignante à mettre en place. La transposition des résultats permet le passage à une plus grande échelle.

 

La troisième étape est la nécessité d’avoir une approche systémique, c’est-à-dire d’avoir une vue globale du changement attendu. Nous pouvons avoir une belle idée, un beau projet, mais être bloqué par des considérations légales, fiscales ou sociales, des habitudes, … Posez-vous alors la question : « comment créer un écosystème qui y contribue et quelle peut être ma contribution à ce nouveau système ? »

 

L’exemple de Parmentier, l’homme qui a contribué à introduire à large échelle la pomme de terre en France est intéressant : sa réussite a été liée à sa capacité à convaincre le roi de France autour du thème : « souhaitez-vous que vos sujets mangent à leur faim (sous-entendu : et limiter les risques de révolte) ? »

 

Dans le climat actuel des affaires, vos dirigeants sont sûrement ouverts à toute opportunité d’améliorer leurs résultats. Il en est de même à votre échelle : de nombreux investisseurs ou hommes politiques sont intéressés par des actions qui peuvent apporter de l’emploi et des gains.

 

Je conclurai par cette citation de Sénèque : « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ».

 

Gérard Rodach

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Personal branding : le retour du rasoir d'Occam

1 Mai 2010 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Le rasoir d'Occam (ou d'Ockham) est un principe de raisonnement que l'on attribue au franciscain philosophe Guillaume d'Ockham (XIVème siècle), même s'il était connu et formulé avant lui : "les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité".

 

Il consiste à ne pas énoncer de nouvelles hypothèses tant que celles déjà énoncées suffisent,  autrement dit à ne pas apporter aux problèmes une réponse spécifique avant d'être certain que c'est indispensable, sans quoi on risque d'escamoter le problème en le complexifiant (Merci à Wikipédia pour cette définition). 

 

Ce concept ancien revient à la mode sous un emballage marketing avec un nouveau nom "Cognitive fluency" (je propose comme traduction "maîtrise ou fluidité  cognitive").  

 

Ce concept suggère que la personne  qui fait preuve de fluidité cognitive exprime plus clairement ses idées et les rend plus captivante, plus intéressante.

 

Un exemple issu de notre environnement : le iPhone, par exemple, est un produit sophistiqué et complexe, mais aussi si intuitif que c'est un des rares produits qui ne nécessite pas la lecture d'un mode d'emploi: ceci explique peut-être cela.

 

De même, plus vous rendrez votre "image" plus claire et plus simple, plus vous permettrez à votre entourage de voir ce que vous pouvez leur apporter.

 

Cela peut vous paraître évident, pourtant, cela va à l'opposé du concept de la complexité qui suppose que celle-ci nous enrichit et nous permet de ne pas rater d'opportunités en étant des touche-à-tout. Notre culture associe souvent la simplicité avec l'ignorance. Nous avons été conditionnés à croire que les gens dont les opinions sont plus nuancées, plus complexes sont plus intelligents que ceux qui ont une pensée claire et intelligible.

 

Quelques manières d'utiliser à votre propos ce concept :

 

  • Soyez cohérent : vos choix et actions doivent être cohérents avec votre identité.
  • Associez le non-verbal et la para-verbal à vos déclarations
  • Faites preuve de congruence au regard d'autrui: Carl Rogers (psychothérapeute US) en parle pour indiquer une correspondance exacte entre l'expérience et la prise de conscience  
  • Votre présentation  (en général), vos habits et votre façon de vivre (en général) font partie d'un tout qui vous rend plus lisible et plus convaincant pour les autres.
  • Enfin votre valeur (en termes de salaires, de prix de service rendu) dénote l'image que vous avez de vous-même ou que vous pensez que les autres ont de vous.

 

 Un dernier mot : pourquoi parler de "rasoir" ? Cela n'est pas très clair (même si cela fait partie du nom de principe. Ockham ne parle pas de rasoir. Il semble que L'analogie du rasoir se réfère au fait de "sabrer" ou de couper de la théorie les variables ou concepts superflus qui introduisent inutilement toutes sortes de complications.

 

Gérard Rodach

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