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Survivre aux humiliations

24 Juillet 2010 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

J’ai lu dans un journal (« WSJ ») qu’une personne avait reçu dernièrement un mail contenant des photos d’une femme nue adressé par son ex-petit ami qui souhaitait se venger. Peut-être que ce dernier espérait que ses correspondants feraient circuler celles-ci et créer ainsi un buzz. Avant Internet, l’Ex ami se serait peut-être contenté de déchirer les photos ou de les brûler. La technologie lui permet aujourd’hui de se venger sans commune  mesure par rapport à l’ancienne époque : il en ressort que notre réputation est plus fragile que jamais.

 

Nous vivons tous sous la menace d’humiliations faciles à mettre en œuvre et instantanées. Ce n’est plus seulement le cas des célébrités. Aujourd’hui, donc, c’est un acte d’auto-préservation que de « googeliser » une fois par semaine, à savoir taper son nom dans le moteur de recherches pour savoir ce que l’on dit de soi. 

 

Sommes-nous devenus une société plus perverse ? Je ne pense pas que la nature humaine ait profondément changé. Il y a toujours eu des gens qui ont pour unique intention, à un moment donné ou constamment, de faire du mal aux autres. Avant, ils se contentaient de faire circuler oralement des commérages. Maintenant, ils ont Internet, leur téléphone mobile et le camescope associé (« casse-toi, pauvre con ! »). Les nouveaux médias nous rendent plus « audacieux » sous le couvert de l’anonymat. Nous n’avons plus à le dire les yeux dans les yeux. Il est plus facile d’être cruel.

 

La télé-réalité joue son rôle dans la diffusion de cette culture. Quand dans de telles émissions, vous avez des moments dits « de vérité » où les protagonistes lancent aux spectateurs des « vérités » sur leurs partenaires, pourquoi tout un chacun ne ferait pas de même ?  De même en politique, il devient plus classique de traîner son adversaire dans la boue plutôt que d’échanger sur le fond des idées (surtout qu’ils risquent d’avoir les mêmes idées).

 

La racine latine du mot « humiliation » est « humus » qui signifie « sale ». Une part trop grande d’Internet est maintenant consacré à cela, à diffuser des moments embarrassants ou à exagérer les faiblesses de chacun. 

 

Je pense que nous avons chacun notre part de responsabilité. Nous pouvons commencer par nous dire à nous-même : « nous valons plus cela ».

 

Je terminerai par une métaphore : Un conférencier commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 20 euros. Il demande aux gens : "Qui aimerait avoir ce billet ?" Les mains commencent à se lever.

Alors il dit : "Je vais donner ce billet de 20 euros à l’un d’entre vous, mais avant laissez-moi d’abord faire quelque chose avec." Il chiffonne alors le billet avec force et il demande : " Est-ce que vous voulez toujours de ce billet ?" Les mains continuent à se lever. "Bon, d’accord, mais que se passera-t-il si je fais cela ?"

Il jette le billet froissé par terre et saute à pieds joints dessus, l’écrasant autant que possible et le recouvrant des poussières du plancher.  Ensuite il demande : " Qui veut encore avoir ce billet ?"  Evidemment, les mains continuent de se lever !

"Mes amis, vous venez d’apprendre une leçon... Peu importe ce que je fais avec ce billet, vous le voulez toujours parce que sa valeur n’a pas changé. Il vaut toujours 20 euros. Plusieurs fois dans votre vie vous serez froissés, rejetés, souillés par les gens ou par les événements. Vous aurez l’impression que vous ne valez plus rien, mais en réalité votre valeur n’aura pas changé aux yeux des gens qui vous aiment ! »

 

Gérard Rodach

 

(Adapté d’un article du Wall Street Journal)

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Quelles sont les situations qui vous rendent timides ?

16 Juillet 2010 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Vous avez peut-être toujours envié les gens à l’aise en toutes circonstances, que ce soit lors de soirées mondaines, de voyages en avion ou au téléphone avec de parfaits inconnus.

 

Il existe aux USA un institut de recherches sur la timidité (je n’ai pas trouvé l’équivalent en France).  Selon leurs études, si 40% des gens se considèrent comme réellement timides, 95% de la population disent ressentir une timidité temporaire de temps à autre (quant aux 5% restants, les spécialistes pensent qu’ils mentent). En d’autres termes, chacun d’entre nous dans certains situations ou rencontres de personnes peut devenir timide, de façon incontrôlable.

 

La timidité est un trait de personnalité qui est en partie biologique et en partie lié à notre environnement. Nous devenons timides quand nous devenons trop conscients de nos comportements, préoccupés par nos attitudes et autocritique. Une illustration : lorsque nous regardons un miroir, nous avons tendance à  recherche nos défauts plutôt que les points positifs. Les timides se promènent comme s’ils étaient en permanence en face d’un miroir.

Les comportements engendrés font que les timides qui veulent paraître sociable se font souvent qualifier de personnes distantes, voire snobs.

 

Les principales causes de timidité liée à des situations sont lorsque nous rencontrons des étrangers, des personnes avec un pouvoir d’autorité… ou des personnes qui nous plaisent. D’autres causes peuvent être liées à des changements de postes, les soirées mondaines ou la rencontre de gens célèbres…

 

Une analyse par genre révèle que les hommes deviennent plus timides au contact de « belles » femmes alors que les femmes le sont…aussi par des femmes qui les impressionnent. Elles le sont aussi face à de « grandes gueules » ou lors de la réception de cadeaux inattendus.

 

Comment réagissons-nous dans ces situations ? Certains se mettent à parler sans arrêt, d’autres consultant leurs Smartphone quand d’autres encore s’éclipsent sous un prétexte quelconque ou provoquent leur entourage.

 

Un exemple : une femme qui avait du mal à approcher des gens lors de soirées, s’est mise à porter des chaussures en cuit avec la reproduction d’œuvres d’art. Ses chaussures agissent comme agents publicitaires et attirent les gens vers elle. Moralité, si vous êtes timide en soirée porter des vêtements qui parlent pour vous !  

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Slow reading : dites-moi comment lisez …

10 Juillet 2010 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Dans un monde où tout va très vite, il est devenu de plus en plus commun de lire vite, très vite, voire plus du tout. Il y a plein de bonnes raisons pour cela. Mais est-ce « sain » ? Qu’y gagnez-vous à lire vite ? Qu’y gagnez-vous à faire du « slow reading » ?

 

Un petit retour en arrière : rappelez-vous l’école primaire : les lecteurs lents étaient perçus comme de mauvais élèves. Jamais de félicitations ou d’encouragements, mais plutôt une image d’esprit lent. Pourtant cela n’a pas toujours été le cas : le philosophe allemand Friedrich Nietzsche se qualifiait lui-même en 1887 de professeur de « lecture lente » ; il est vrai que cela s’appliquait à la philologie, l’étude des textes et des documents.

 

Le temps a bien changé depuis : le déluge d’informations que nous connaissons, l’impact des outils technologiques, la place prise par la voix et l’image au travers des mobiles et des ordinateurs, les modes de management qui se veulent toujours plus réactifs nous poussent à parcourir plus qu’à lire. Ne mettons pas tout sur le dos des employeurs. Cela commence bien avant l’entreprise : à titre d’exemple, aujourd’hui, seul un lycéen sur 30 lit un livre par mois en terminale littéraire.

 

Il y a plein de prétextes à cela : certains trouvent la lecture ennuyeuse, d’autres la qualifie de perte de temps, ou encore invoquent le manque de mémoire, la préférence pour l’image… Pourtant, l’expérience de la vie en société (vie privée ou professionnelle) nous fait toucher du doigt que lire vite augmente les risques de mécompréhension  et de mémorisation, d’où un temps considérable consacré ensuite à retourner au texte, à relire, à échanger pour finalement se mettre d’accord.

 

Nous y retrouvons deux facteurs importants que j’ai évoqués dans mes derniers billets. D’abord, nous confondons vitesse et précipitation. Vouloir agir vite sans prendre le temps de la réflexion prend toujours plus de temps. Ensuite, nous ne faisons plus la part des choses entre ce qui est important et urgent. Vous pouvez lire en diagonale des données purement informatives, par contre donnez-vous le temps de lire des textes qui vous nourrissent, vous enrichissent.

 

Qu’est-ce que vous y gagnez ? D’une part un gain de temps…a-postériori, mais aussi et surtout un enrichissement personnel et une meilleure mémorisation. Cette montée du « slow reading » s’inscrit dans la tendance du mouvement née en Italie autour du « slow food ». Les adeptes de ce mouvement qui replacent le plaisir de prendre le temps de se restaurer comme moyen d’échange et de plaisir de vie n’en font pas une fin en soi : ils suggèrent de prendre de temps en temps le plaisir de savourer leur repas ou un bon livre.

 

C’est ce que je vous souhaite pour cet été : faites-vous plaisir, offrez-vous un livre qui vous fait plaisir et donnez-vous le temps de le lire. La vie ne vous paraitra que plus belle et la recherche de votre voie en sera facilitée.        

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Vous donnez-vous le plaisir de réussir ?

1 Juillet 2010 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Gysa Jaoui, une des meilleures spécialistes français de l’Analyse Transactionnelle a écrit (Classiques de l’Analyse Transactionnelle, Volume 5, p. 16 sqq.) un article sur les étapes de la réussite. Selon elle, de nombreuses personnes ont reçu très jeunes un message « ne réussis pas » qui les empêche de pleinement profiter de ce qu’ils ont fait. Est-ce votre cas ?

 

Pour Gysa Jaoui, le processus de réalisation d’un objectif comporte quatre étapes et l’inhibition au droit à la réussite peut intervenir à chacune d’elles :

o       Etape 1 : le projet

o       Etape 2 : la mise en œuvre

o       Etape 3 : la réussite

o       Etape 4 : la satisfaction 

 

Voici quelques profils de personnes qui ne s’autorisent pas à réussir :

Le « rêveur éveillé » (l’appellation est de Gysa Jaoui) croît en un projet, le met en œuvre avec enthousiasme et l’abandonne dès qu’il commence à prendre forme pour se consacrer à un autre. Le sentiment de dévalorisation par les autres de ses idées ou projets l’a peut-être conduit à vouloir garder ses projets pour lui, de les rêver et de ne pas oser les réaliser. Il ne passe pas l’étape 1.

Le « désapprobateur » se donne un objectif raisonnable, fait beaucoup d’efforts… et son projet se casse la figure. Il s’agit d’une forme de résistance inconsciente à un ordre reçu. Le désapprobateur ne peut ou ne veut renoncer, essaie mais tout va concourir à le faire échouer. Il reste à l’étape 2.

Le  « bourreau de travail » va d’objectif atteint en objectif atteint, sans n’être jamais satisfait de ce qu’il a réalisé. Il peut, par exemple, avoir été stimulé par le désir de montrer à ses parents (ou à d’autres) ce qu’il est capable de faire, sans n’avoir guère reçu de manifestation de reconnaissance. Il saute de l’étape 3 à un nouveau projet, oubliant l’étape 4.

Il existe aussi « l’hyper réactif » qui ne suit pas un projet vraiment personnel, mais adhère plutôt au projet, explicite ou implicite, d’un tiers. Il oublie l’étape 1, avec le risque d’insatisfaction.

Posez-vous la question de ce qui serait bon, digne ou utile de réussir pour vous. Souvent les mots clés sont « relation », « reconnaissance »… Vous pouvez contribuer à créer un  tel environnement stimulant de différentes manières :

·        encouragez-vous intérieurement, faites-vous plaisir, offrez-vous de petits cadeaux ;

·        demandez les stimulations dont vous avez besoin : « Quand vous êtes contents de mon travail, dites-le moi ! » ;

·        accueillez les compliments qui vous sont faits pour ce qu’ils sont (authentiques, gratuits, gratifiants) ;

·        félicitez votre équipe en fêtant un succès, un objectif atteint, la résolution d’une difficulté, le lancement d’un projet… 

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