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Etes-vous en danger ?

26 Février 2011 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Votre travail fait-il partie d’une espèce en voie de disparition ?  Quels seront les métiers (ou les services) qui seront à l’honneur demain ? Comment être dans la bonne tendance ?  Dans la lignée des travaux de Richard Florida (sur la « creative class »), Andy Kessler  propose une classification qui, pour caricaturale qu’elle soit, interpelle.

Oubliez la notion de cols bleus et de cols blancs ! Il y a maintenant deux catégories : les créatifs et les serviteurs.

Les créatifs sont ceux qui créent de la valeur ajoutée sous quelle que soit leur forme :  des concepteurs de produits pharmaceutiques, des ingénieurs spécialisés dans les outils de recherche ou de puces électroniques, des inventeurs de nouveaux usages, … en bref, tous ceux qui par leur art, leur talent et leur imagination contribuent à créer de nouveaux besoins.

Et les autres ? Ce sont leurs serviteurs !  A la disposition des créateurs, ils bâtissent leurs immeubles,  produisent des biens alimentaires, offrent des services juridiques ou réparent leurs véhicules.  Leur plus grand risque est que la technologie « mangent » leur travail et remplace celui-ci par des ordinateurs ou des machines.  Dubitatif ? Posez-vous quelques questions :

·         Quand vous êtes-vous fait servir l’essence par un pompiste pour la dernière fois ?

·         Qui va encore à la gare pour consulter les horaires ?

·         Qui consulte ses  droits et devoirs via un avocat sans regarder sur internet ?

·        

Bien sûr, tous les métiers de serviteurs ne sont pas à entrer dans la même case. Je dirais même que les gardes d’enfants et de personnes âgées sont moins en danger que les juristes ou les banquiers.

Andy Kessler propose quatre catégories de serviteurs dans le domaine du service :

·         Les « transbahuteurs » qui déplacent les choses d’un lieu à un autre sans ajouter de valeur. Certains (comme les camionneurs) sont plus protégés que d’autres (la gestion des entrepôts est de plus en automatisée)

·         Les « métiers contrôlés » qui nécessitent une autorisation ou un diplôme avec un numerus clausus.  Notaires, médecins, … sont des métiers qui disposent du pouvoir d’être des acteurs incontournables et de pouvoir faire payer le prix qu’ils souhaitent. Essayez d’obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologique à moins de deux mois et vous comprendrez ce que je veux dire.  La technologie les rattrape sur de nombre de plan et réduisent leur offre de service.

·         Les « créateurs de marge » qui savent vous vendre du vent, c’est-à-dire quelque chose que vous payez très cher pour l’image. Une montre de luxe ne donne pas une heure plus exacte qu’une montre classique, mais vous payez l’image.

·         Les « huileurs » qui graissent les rouages de l’économie (notamment financière) pour que tout se passe bien. Leurs métiers (informaticiens, comptables) sont peu à peu happés par la technologie.

·         Les monopoliste qui ont une (quasi) exclusivité sur décision de l’Etat (chaînes de TV, opérateurs de téléphone), mais qui peuvent aussi la perdre d’un trait de plume.

Vous sentez-vous être un créateur ? Super ? Que faites-vous pour le rester dans le temps ?

Faites-vous partie des serviteurs ?  Observez les tendances : chaque nouvelle tendance de création de valeur secrète de nouveaux types d’emplois. A vous d’être pro-actifs pour surfer sur les vagues.

Vous ne savez pas où vous situer ? L’important est d’être en cohérence avec vous-même.  Trouver sa voie, c’est mettre en valeur son génie personnel, ce qui vous rend différent des autres.

Des questions ? Lisez "Trouver sa voie" ou contactez-moi (grodach@gmail.com)

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J’ai raté ma carrière

19 Février 2011 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Un de mes coachés me tenait dernièrement ce discours. Il a une cinquantaine d’années, une belle carrière (= pas trop de soubresauts) derrière lui et il a raté l’année dernière le poste de responsable de la filiale dans laquelle il travaille. Depuis, il collabore avec son boss, mais il se sent mis de côté et, pire,  déconsidéré auprès de ses collègues. Il traîne ce sentiment maintenant avec lui et comprend qu’il entre dans une spirale négative.

Une fois sorti les mouchoirs pour compatir avec lui, il y a trois aspects à considérer.

Le premier  est que dans la vie en entreprise, et plus largement dans la vie en société,  il y a des facteurs que nous maîtrisons et d’autres non. Est-il (en partie) responsable de cette situation ou y-a-t-il des facteurs de risques indépendants de sa volonté ? Comment peut-on se sentir coupable de facteurs qui nous échappent ?  C’est peut-être la première fois qu’il rate un objectif.  Il regarde le côté vide de son verre, mais il a aussi toujours son travail et à priori son salaire n’a pas baissé. Au lieu de pleurer sur lui-même (ce qui doit dans les faits accentuer la spirale négative), il lui faut se reconstruire une approche positive de sa situation en prenant conscience de cette dimension et en se mettant en situation proactive. Si les autres ne viennent plus spontanément à vous, allez vers eux. Ce sont de tels petits pas qui le remettront dans le circuit.  

Le deuxième aspect est qu’il a misé peut-être toute sa carrière sur l’ascension au sommet. Est-il vraiment fait pour cela ?  Nous pouvons toujours imaginer être le meilleur sportif, le meilleur danseur, le meilleur joueur de poker, mais, quels que soient nos efforts, la réalité nous rattrape.  Il est peut-être un super fonctionnel, mais pas un patron. Si cela est plutôt vrai, comment l’aider à trouver une voie ad hoc ? Si il a le talent pour être le boss, comment faire que le train passe une seconde fois ?   Nous confondons souvent « passion »  (= avoir le goût de) et « compétences » (avoir la capacité à »), sans compter qu’il y a, dans toute vie sociale, une part du hasard et d’opportunités. La philosophie chinoise exprime bien cela en affirmant que c’est le chemin et non l’arrivée qui sert d’étalon au sentiment de succès (ou d’insuccès).  Il y a peu de gens qui ont (eu) des carrières linéaires aujourd’hui. Les chasseurs de tête le savent et ils mesurent la capacité de résilience.

Le troisième et dernier aspect es qu’il a encore 10 / 15 ans de carrière devant lui. Est-ce vraiment  être un patron sa destinée ? S’il avait eu le poste, l’aurait-il considéré comme son ultime étape ou une marche intermédiaire vers de nouveaux sommets ? Même si cela a été son credo pendant des décennies, est-ce toujours d’actualité ? Parfois nous courrons après des buts, mais une fois atteints nous réalisons que cela faisait un moment que nous n’en avions plus envie. Il lui faut, à ce stade, s’interroger sur son véritable objectif ici et maintenant et sur ses intentions  pour les années à venir. Peut-être que ce poste actuel lui procurera des loisirs pour construire le futur. En chinois, c’est le même idéogramme pour « crise » et  « opportunité ».    Que cherche-t-il ? Le pouvoir ? Le titre ?  L’argent ? La reconnaissance ?  Chacun d’entre eux peuvent s’obtenir  par d’autres moyens.   

Gérard Rodach   

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Trouver sa voie… dans l’urgence ou urgence de trouver sa voie ?

12 Février 2011 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Entre les livres par exemple d’Helmut Rosa  (« Accélération », La Découverte), de Jean-Louis Servan Schreiber (« Trop vite ! », Albin Michel) ou de Gilles Finchelstein (« La dictature de l’urgence », Fayard), nous croulons sous les messages d’alerte à propos de l’accélération du temps et de son effet pervers sur l’homme. Est-ce déjà trop tard ou pouvons-nous encore agir ? Oui, si nous acceptons le fait que la société de l’urgence se caractérise par le fait que chacun doit devenir l’entrepreneur de sa propre vie (citation d’Alain Erhenberg). 

 

Gilles Finchelstein rappelle dans son livre (cité plus haut) que si cette nouvelle réalité impose certaines règles (« aujourd’hui ce sont les rapides qui mangent les lents et non plus les gros qui mangent les petits » dixit Andy Grove –Intel-), elle est aussi une source opportunité qui met en valeur l’intuition et la liberté que chacun peut s’octroyer dans sa propre vie.

 

Comment ?

 

La première solution, selon Gilles Finchelstein, consiste à jouer sur le rythme du temps. On peut vouloir freiner. Tel est le choix de ce que l’on appelle le slow movement, le « mouvement de la lenteur », qui touche aussi bien la nourriture, les villes ou la musique.

 

La seconde orientation pour sortir de la dictature de l’urgence est plus essentielle : elle consiste à redonner de la profondeur au temps, c’est-à-dire à retrouver un passé et un avenir. D’un côté, il faut réhabiliter l’histoire. Elle est instrumentalisée par les politiques (le storyrtelling). D’un autre côté, il faut plus encore retracer des perspectives. Quand le futur est opaque, que la croyance dans le Progrès est érodée et que tout risque est redouté, c’est difficile. Cela peut se faire tant au niveau collectif qu’individuel.

 

La troisième est de faire le point sur la notion d’urgence.  Un commentateur (Frada37) sur le site des Echos, fait remarquer  qu’il y a, en France plus qu'ailleurs, de nombreux malentendus sur la notion de l'urgence. D'une part, on confond souvent vitesse et précipitation quand ce n'est pas agitation. Son expérience professionnelle tant à Zürich qu’en France lui fait observer que « la vitesse objective à Zurich était bien plus grande alors que la vitesse ressentie était plus faible ».

Notre inorganisation latente en est souvent la cause. Par ailleurs, il est de bon ton en France de sembler agité, surchargé, de sur occuper nos enfants  (sujet déjà abordé sur ce blog à propos de la fin de la créativité).

Enfin, il faut se redonner des priorités ou plus exactement ne pas en changer en permanence. A la longue, rien n'est réglé et tout finit par devenir urgent. 

Au Moyen-âge, on discutait s'il valait mieux une tête bien pleine ou une tête bien faite, aujourd'hui on préfère instinctivement le bien plein accompagné d'une bonne dose d'agitation.

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Quelle histoire racontez-vous (à vous et / ou aux autres) ?

6 Février 2011 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Les livre et articles sur le storytelling  (cf. « Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits », de Christian Salmon, la Découverte, 2007) ont créé l’image que le storytelling est un tissu de mensonges bâti par les « puissants » pour nous tromper. Pourtant, cette pratique est très ancienne et chacun d’entre nous l’utilise (plus ou moins bien) au quotidien. Alors, si nous devons « storyteller », autant bien le faire et à bon escient.

 

L’information factuelle et exacte est nécessaire, mais ce qui fait entrer ces données dans l’esprit des gens et leur donne leur pleine dimension, c’est leur dimension émotionnelle. Les études de psychologie  ont montré que l’émotion dans les histoires rehausse la compréhension de l’auditeur, la mémorisation et l’intérêt sur ce sujet. L’auditeur fait un lien avec des évènements qui lui sont arrivés.

 

C’est exactement ce que nous voulons faire quand nous voulons capter l’attention de quelqu’un, d’un auditoire, voire d’une communauté. Voici six exemples d’histoires que nous pouvons (avoir à) raconter lors d’une recherche d’emploi, une reconversion, une recherche de fonds…

 

1.      « Qui suis-je ? » : une histoire à votre propos

2.      « Pourquoi suis-je ici ? » : ce que vous apportez à l’autre (et ce que vous en attendez)

3.      « La leçon » : l’enseignement sur ce que d’autres ont obtenu en pariant sur vous.

4.      « la vision » : ce que le futur réserve à celui qui pariera sur vous.

5.      « La proximité des valeurs » : le partage des valeurs entre vous et votre interlocuteur (ou le groupe de personnes, l’organisation)

6.      « La levée des objections » : une histoire du style « je sais ce que vous pensez » pour prévenir et répondre aux objections.

 

Ces histoires ne sont pas nécessairement fausses. Elles sont simplement ré-imaginées avec assez de détails et d’émotion pour donner le sentiment à votre interlocuteur que cela est bien réel. Vous ne pouvez obliger les gens à écouter vos histoires, mais vous pouvez leur dire des histoires qui le méritent. Alors faites-le bien et mettez-y de l’émotion.  

 

A titre d’exemple, voici une vidéo (assez ancienne), qui illustre bien ces propos :

 

http://youtu.be/zyGEEamz7ZM

 

 

 

 

 

ou bien  :  <iframe title="YouTube video player" width="480" height="390" src="http://www.youtube.com/embed/zyGEEamz7ZM" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>

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