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Janvier 2012 : le temps de l’auto-évaluation

28 Janvier 2012 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Que vous soyez en entreprise ou à votre compte, dirigeant ou exécutant, le début de l’année est habituellement l’occasion de faire son bilan et de se fixer de nouveaux objectifs. Voici, en raccourci, une méthode simple et rapide pour vous auto-analyser et vous fixer des objectifs de progrès. Il s’agit du modèle P.I.E. (Performance, Image, Exposition).

Attention, comme le disait Paul Valery, « tout ce qui est simple est (parfois) faux, mais ce qui ne l’est pas est inutilisable ».  Donc ne prenez pas les questions au pied de la lettre, mais comme un indicateur de direction (et intégrez-y vos propres spécificités).

1.      Performance : c’est une notion complexe qui recouvre en fait trois domaines.

·        Vos résultats (par rapport aux objectifs, par exemple)

·        L’image en termes de performance que vous avez auprès de votre encadrement (au sens large), indépendamment de vos résultats.

·        Le potentiel que vous avez « sous le pied »

Nous avons souvent tendance à nous arrêter à une seule de ces notions (celle qui nous arrange). Pensez à vérifier les autres : vaut-il mieux être bon en termes de résultats mais aux taquets en potentiel ou l’inverse ?

2.      Votre image auprès de vos partenaires internes et externes. Elle a un rôle clé dans le  contact avec ceux-ci. Rappelez–vous que « votre réputation vous précède souvent » : les gens ont une opinion de vous avant même de vous avoir rencontré. Parmi les facteurs qui y contribuent (ou non), pensez à vos résultats, la crédibilité développée au fil du temps ou votre style de travail.  Vous pouvez à la fois œuvrer pour construire votre image, au travers de vos résultats, et saboter celle-ci par votre comportement au quotidien.

3.      Votre exposition, c’est à la fois votre présence dans les équipes et comités clés, mais aussi auprès des personnes clés voire des réseaux sociaux. Appréciez celle-ci au travers de signes d’appui, voire de mentorat, qui vous sont donnés.

La Performance est, de tous, le facteur le plus important  à long terme. L’image et l’exposition servent à vous différencier lorsque vous êtes en compétition sur le « P ».  Bien sûr, vous avez sûrement croisé des personnes promues plus pour le « I » ou le « E » que pour le « P ». Cela explique souvent le Principe de Peter : « tout employé a tendance à s’élever jusqu’à degré d’incompétence… et à y rester»,  toutefois, globalement, l’analyse du P.I.E reste un bon indicateur.

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(Ré)inventer l’esprit start-up

21 Janvier 2012 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Votre entreprise (ou votre service) fut peut-être un jour une petite équipe souple et réactive, avec des modes de décision rapides. Puis, le succès venu, votre équipe, département, entreprise… a cru en complexité et les décisions sont devenues lentes à prendre, l’information mal diffusée. Comment  rétablir cet esprit start-up ?

Kristen Gil, responsable opérationnelle chez Google nous en donnent quelques clés.  Si certaines vous semblent évidentes, d’autres nécessitent parfois une révolution culturelle.  Mesurez le chemin à parcourir par votre entreprise et…vous-même.   

 

1)      La base : faire des réunions plus productives, avec quelques clés simples 

 

Un décideur dans chaque réunion, pas plus de 10 personnes, des participants qui viennent obligatoirement avec une contribution et des décisions qui peuvent être indépendantes de la réunion si cela est nécessaire.

Simple, mais le faites-vous ?

 

2)      Savoir prendre des décisions rapidement

 Evitez les multiples décideurs et décidez clairement qui décide et quand.  En France, nous aimons avoir 100% des éléments pour décider. Aux USA, 70% suffisent. Donc, choisissez d’emblée le décideur :    « C’est moi qui décide ».

 Bien sûr, c’est moins confortable pour ce dernier qu’une décision collective. Cela demande aussi d’avoir intégré le droit à l’erreur dans la culture managériale.  

Déjà moins simple à organiser.

 

3)      Des espaces de travail partagés où des décideurs travaillent de manière informelle

 Rien de tel que des espaces partagés pour favoriser la communication informelle.  Oui, mais que faire si le statut de responsable conduit celui-ci à s’enfermer dans un bureau, parfois peu proche de ses équipes (le symbole du grand patron entouré de ses adjoints) et souvent distant de ses autres collègues. 

Dans un de ses bâtiments, Google a créé une salle où les cadres dirigeants peuvent travailler ensemble et échanger de manière informelle.  

Au Japon, le responsable s’installe au milieu de ses équipes. Et chez vous ?

L’espace est-il pensé ainsi chez vous ?

 

4)      OKR Objectives Keys and Results

Pour limiter l’effet silo, des rassemblements trimestriels ont lieu sous la houlette d’un dirigeant où une par une, les équipes exposent leurs objectifs et comment elles vont en mesurer le succès. Ensuite, celles-ci sont affichées pour quiconque au sein de l'entreprise puissent les voir. Ces grands rassemblements se concentrent sur les grands projets transversaux.

La culture orale complète bien l’écrit.

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Carrière : attention, les seniors trouvent leur voie !!!!

14 Janvier 2012 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Le marché de l’emploi se décompose de plus en plus en trois temps : avant 45 ans, de 46 à la retraite (âge variable) et après la prise de retraite.  Quelle incidence sur votre parcours ?

Il y a 20 ans, les carrières se faisaient tout au long de la vie professionnelle en passant d’une entreprise à une autre. Depuis 10/ 15 ans, il y a un parcours dans les entreprises jusque vers 45 ans, puis, au hasard des circonstances, certains arrivent à y rester, d’autres migrent vers les Pme et d’autres encore créent leur boite ou se réorientent. Aujourd’hui un nouveau phénomène pointe le nez : les retraites ne partent plus en retraite ou plutôt si : ils prennent leur retraite mais restent actifs et créent une nouvelle forme de concurrence. 

Cela était déjà dans le cas  dans le passé, mais dans des proportions plus faibles et souvent le senior travaillait à titre (quasi) bénévole en tant que conseiller de PME, d’expert à l’international ou en finances… Cela durait quelques années et il s’arrêtait doucement…

Aujourd’hui, l’allongement de la durée de vie, la faiblesse des pensions et surtout les changements fiscaux qui favorisent, sans plafond, les cumuls retraite et revenus ont joué un rôle clé. Bien plus, la création de formules comme le portage ou l’auto-entrepreneuriat ont permis de donner un statut légal souple à ces formules. 

Quelles incidences cela a-t-il pour chaque génération ?

Pour les seniors (retraités ou futurs retraités), c’est une occasion soit de réaliser un vieux rêve, soit de tirer parti d’une expertise. Attention ! Avoir une expertise ne signifie pas savoir la vendre et la promouvoir. Bien plus, les seniors ont peut-être  besoin ou envie de pratiquer leur métier d’une autre manière (des horaires plus souples, des cibles plus précises).

Pour les quadra (et jeunes quinquagénaires), la retraite n’apparaît plus comme le but ultime, mais comme une étape. C’est peut-être le bon moment pour réfléchir au futur, acquérir les connaissances et les contacts qui seront utiles plus tard. En somme, il faut savoir investir pour anticiper. Un phénomène nouveau en France où après 45 ans, les cadres supérieurs ne voyaient plus, il y a peu, l’intérêt de se former.

Enfin, pour les plus jeunes,  c’est de savoir construire un parcours dans le temps indépendamment des entreprises : que ce soit volontairement ou au gré des opportunités, la construction de l’employabilité est une œuvre de longue haleine.

Utopie, rêve ? Un simple chiffre : en 2010, le taux d’emploi des hommes de 60 à 64 ans était de 19,6% en France contre 66,2% en Suède.  On n’est pas suédois, mais on tendra à le devenir.

En attendant, que faire ? Sachez prendre recul (y consacrer 5% de votre temps) et posez-vous  des questions sur vous-même.

  • Est-ce que je fais me plait ?
  • Est-ce que j’ai les dons pour ?
  • Est-ce que la façon de le faire (taille de l’entreprise, ambiance…) me convient ?
  • Si oui, pourrais-je le faire d’une manière ou d’une autre à long terme ?
  • Et si non,  comment me réorienter ?.

 

Pour ceux qui se posent ces questions, je vous renvoie au livre co-écrit avec Aviad Goz : « Trouver sa voie » (ESF).

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Carrière : une tragédie grecque ou une histoire de fromage ?

7 Janvier 2012 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Le début de l’année est le bon moment pour prendre de bonnes résolutions. Avez-vous ainsi décidé de progresser dans votre carrière ? De développer vos compétences ? De changer de poste ? D’entreprise ? De carrière ?  Peut-être, me direz-vous, oui mais ce n’est pas le moment de le faire, il faut attendre, il y a trop d’incertitudes, plus tard, plus tard… Devez-vous alors courber la tête et subir les évènements, un peu comme les héros des tragédies grecques qui quoiqu’ils fissent, voient leur destin s’accomplir ?

La Grèce a été malheureusement très à l’honneur cette année avec son cortège d’évènements dramatiques qui ont vu les plans d’austérité se succéder dans une spirale négative. La presse s’est faite l’écho de cette succession de situations économiques et politiques, utilisant à tout va l’expression « tragédie grecque » dans le sens que quoi qu’il fasse, le peuple grec, tel Œdipe, ne pourra échapper à son destin. Œdipe, bien qu’il ait tout fait pour échapper à son destin tuera son père et épousera sa mère, de même, dans d’autres tragédies,  Iphigénie sera sacrifiée par son père, etc.

Cela voudrait-il dire que nos destins et celui de notre société sont déjà écrits par avance ? C’est aller un peu vite en besogne et confondre auto-prophétie et dramaturgie.  Ce cliché sur la tragédie grecque est issu du XIXème Siècle qui aimait tant ce genre d’images. En réalité, s’il y a des tragédies  grecques de ce style (ex. Œdipe Roi), de nombreuses autres, écrites par les mêmes grands auteurs (Eschyle, Sophocle) sont beaucoup plus « ouvertes » et montrent que rien n’est réellement fermé : les jeux du hasard et des circonstances, les confusions des esprits font place à des rebondissements multiples et à des revirements de situation inattendues.

En ce début d’année, ne succombez pas à la névrose ambiante de la fin du monde (prévue pour 2012). Posez-vous plutôt la question : quel est mon rêve ? En quoi dois-je progresser, même à petits pas pour y parvenir ?  Quelle action accomplir pour y contribuer aujourd’hui ? Cette semaine ? Ce mois-ci ?  

Je vous renvoie au livre de Spencer Johnson  « Qui a piqué mon fromage ? ».   C’est un conte sur l’échange qui a lieu dans un labyrinthe où quatre personnages amusants cherchent du «fromage». Le fromage est une métaphore de ce que quelqu’un veut avoir dans sa vie, c’est à dire un travail, une relation amoureuse, de l’argent, la santé, la reconnaissance. Quatre compères se repaissent de fromage tous les jours à un endroit précis du dédale. Mais un beau matin, leur gruyère vient à disparaître. Cette épreuve prendra les uns au dépourvu… et sera surmontée avec brio par les autres. Je vous laisse découvrir la fin pour ceux qui ne l’ont pas encore lu (104 pages ! 2 h de lecture) et je vous souhaite, qu’à défaut d’être une souris, vous soyez « Baluchon ». 

Bonne année !

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Le cercle du quatre-vingt-dix neuf

1 Janvier 2012 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

C’est la fête dans le bureau d’Hercule Martin.  Tous ses collaborateurs sont présents pour fêter la nouvelle année avec comme invité surprise le Père Noël.   « Je viens chaque année saluer mon vieil ami Hercule ; Il m’a dit que vous vouliez me rencontrer, alors me voilà » dit le Père Noël en saluant chaleureusement chacun. 

« Eh, Père Noël, dans votre hotte,  vous n’auriez pas des augmentations de salaire et des moyens  pour mieux travailler ? » lui lançe, un peu amer, un des invités. Le Père Noël arrête d’un geste Hercule qui s’apprête à intervenir et, se tournant vers son interlocuteur, lançe à la cantonade : « Je souhaite aussi que vous restiez en dehors du cercle du quatre-vingt-dix-neuf ! »

Devant les regards étonnés, il sourit et continue : «C’est l’histoire d’un Roi un peu triste qui ne supportait plus son valet, toujours heureux, toujours optimiste quand lui-même était souvent morose. Il consulta son conseiller. Celui-ci lui suggéra de faire entrer ce valet  dans le cercle du quatre-vingt-dix-neuf. Le Roi ne comprit pas, mais lui fit confiance. Le conseiller fit déposer une bourse avec 99 pièces d’or à la porte de la maison du valet. En se levant le matin, ce dernier  trouva la bourse, regarda autour de lui si quelqu’un le voyait et rentra dans sa maison avec  la bourse.

Il  ouvrit la bourse et une pluie de pièces d’or comme  il n’en avait jamais vu tomba sur la table. Il mit les pièces en pile et les compta, une fois, deux fois, trois fois… , mais rien à faire : il en trouvait toujours 99 ! C’était une très grosse somme, de quoi le rendre riche et pouvoir mener une vie tranquille. Mais pour lui, 99 n’était pas un vrai nombre. 100, oui. Il chercha cette pièce qui manquait partout dans la pièce, devant la maison et à la fin, se lamenta sur sa disparition. Il était entré dans le cercle du quatre-vingt-dix-neuf !

Il se dit qu’il ne serait pas heureux s’il n’avait pas cette 100ème pièce.  Il fit alors des plans et des calculs. Gagner une nouvelle pièce représentait pour lui l’équivalant d’un an de salaire. Il décida de trouver un 2ème emploi à la fin de son service, de rogner sur ses dépenses tant alimentaires que vestimentaires …  et d’obtenir, grâce à ses efforts,  cette pièce.

Il fit comme il avait décidé, devint méfiant et suspicieux, fatigué et irritable et, à ce rythme, perdit son entrain et sa bonne humeur. Avant même le terme de sa quête, il perdit son emploi auprès du Roi et passa le reste de sa vie à se morfondre en pensant à la pièce qui lui manquait… tout en étant assis  sur son tas d’or.

Vous avez peut-être appris, continua le Père Noël, que le bonheur viendra lorsque vous aurez obtenu ce qui vous manque et comme il vous manque toujours quelque chose,  vous ne pouvez profiter pleinement aujourd’hui de ce que vous avez. Imaginez que vous sortiez de ce piège de la dernière pièce : combien seriez-vous plus heureux !

Attention, ajoute-t-il en clignant de l’œil vers celui qui l’avait apostrophé, reconnaître quatre-vingt-dix-neuf comme un trésor ne veut pas dire ne pas avoir d’objectifs ou se contenter du présent. Accepter est une chose, se résigner en est une autre ».

« Et maintenant, place au champagne » lance Hercule pour rebondir « Bonne année à tous !  A nos objectifs ! A vos objectifs ! ». 

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