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Comment collaborer ? E-mail ou plateforme ?

26 Janvier 2013 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

 
Une guerre est déclarée, elle est en cours et son résultat peut bouleverser beaucoup de nos méthodes de collaborations que ce soit au sein des entreprises ou en dehors. Il s’agit de la guerre entre l’e-mail et les plateformes sociales. Je ne parle pas ici de Facebook, mais des wikis, blogs et autres produits de ce style qui favorisent le partage des informations et les prises de décisions. C’est Don Tapscott, professeur à Toronto qui l’affirme.
L’e-mail crée des relations fermées entre ceux qui les reçoivent alors que les plateformes favorisent le partage. Dans un cas, on contrôle et on ferme et dans l’autre on ouvre. Le mail est peut-être en train de perdre parce qu’aujourd’hui 85% des mails sont des spams.
Le grand besoin de tous (et pas seulement des entreprises) c’est le partage des connaissances. Dans ce domaine, la science de la gestion des connaissances (knowledge management) a échoué parce que le système était fermé et qu’on rêvait de pouvoir enfermer les connaissances des gens dans une boite. Prenez un exemple : vous travaillez sur un sujet (professionnel ou social). Vous devez partager les informations entre vous : préférez-vous des mails ou une plateforme collaborative ?
Don Tapscott a fait une expérience intéressante : il a voulu aider une entreprise à installer une telle plateforme. Mais il n’a pas pu aller jusqu’au bout parce qu’il fallait l’implication des dirigeants. Or ceux-ci n‘étaient pas disponibles parce que mobilisés par des réunions… à 80% informatives. S’il avait pu aller au bout du projet, il aurait pu leur libérer 80% de leur temps (enfin, pas tout à fait : il faut qu’ils puissent lire les textes).
Sa recette ?  Un appui de la direction + un groupe d’expérimentateurs jeunes qui va l’utiliser aisément. Bien sûr, il y aura des réticences et des moqueries, mais c’est le propre de toute grande nouveauté. Petit à petit le projet fera son chemin avec ses appuis et ses détracteurs.    
 
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Leadership : sachez ne rien faire pour faire tout réaliser

19 Janvier 2013 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Le manager doit montrer l’exemple dit-on. Il doit être en première ligne pour stimuler ses équipes. Mais est-ce toujours la meilleure méthode ?  Voici une anecdote autour de Chrys Argyris (américain, professeur à Harvard), un gourou du développement des organisations.

Un jour, une petite entreprise anglaise qui voulait améliorer son organisation s’offrit le luxe d’une journée de conseil de Chrys Argyris.  Le jour venu, Argyris s’assit dans la salle de réunion avec les directeurs de l’entreprise et se tut. Après un moment de flottement, un des dirigeants se leva et expliqua quelques-uns des problèmes de l’entreprise. Argyris resta silencieux.

Un autre participant se leva à son tour, continua à parler sur la situation, puis ce fut le tour d’un autre et ainsi de suite. Argyris était toujours muet. Très vite, les murs de la salle de réunion furent couverts de feuilles de paper-board et le groupe commença à s’agiter, à chercher des solutions pendant qu’Argyris restait toujours muet.

Il en fut de même durant le déjeuner, puis les travaux reprirent. Vers 16h, le président de séance fit un résumé de la journée et des décisions qui avaient été prises. A ce moment, Argyris se leva, alla au tableau et le silence se fit dans la salle. Il prit un des feutres et remit le capuchon dessus : « Si vous oubliez de le faire, il va sécher » et il se tut et se rassit.  Ce fut sa seule parole.

La morale de cette histoire est de se demander ce qui serait arrivé si Argyris avait joué un rôle actif durant cette journée.  Peut-être le groupe aurait-il voyagé plus ou moins loin. Dans cette situation, par sa présence et son silence, il avait donné du temps, de l’espace et la permission au groupe pour s’exprimer. C’est déjà beaucoup.   

J’ai trouvé cette anecdote dans un livre de Valerie Steward « The David solution » (Gower publishing, 1990)

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Gare au Champ de Distorsion de la Réalité

12 Janvier 2013 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

La compétition actuelle pousse les dirigeants à nier de plus en plus la réalité. Gare au retour de bâton !  

Selon Wikipedia,  le Champ de distorsion de la réalité (CDR) est un terme du jargon de l’industrie informatique, et désigne l’effet que le fondateur d’Apple, Steve Jobs, a sur les personnes qu’il côtoie : employés, clients, fournisseurs, journalistes, etc., et qui les fait voir la réalité avec les yeux de Jobs.  L’expression est attribuée à Bud Tribble, qui dit la tirer de Star Trek  : il l’invente pour décrire le charismede Jobs et ses effets sur les équipes travaillant au développement du premier Mac, leur faisant croire à ce qu’ils faisaient et leur faisant abattre des montagnes de travail pour mener le projet à bien. La plupart des personnes sont conscientes de l’effet, mais ne peuvent lutter contre, et finissent par l’accepter, les effets du charisme de Jobs s’estompant lorsque celui-ci s’éloigne, comme s’il était réellement entouré d’un tel champ.

Par exemple, en sa présence, les employés d’Apple seraient poussés à annoncer des délais d’achèvement irréalisables. Le CDR a des effets comparables à ceux d’un champ magnétique, mais dans les esprits.

Dans sa biographie sur Steve Jobs, Walter Isaacson (Le livre de Poche, 2011) décrit de nombreux cas où Steve Jobs, grâce à ce CDR réussit à convaincre ses collaborateurs à produire des logiciels dans des délais extrêmement courts. Ce CDR trouvait toutefois ses limites dans les délais de production ou de commercialisation par exemple.    

Le CDR est utilisé souvent par des patrons qui poussent (moitié charme, moitié coup de gueule) leurs collaborateurs à réaliser des actions dans des délais impossibles. Si cela fonctionne parfois, la réalité économique et technique limite ses effets.

Malheureusement, dans le climat actuel, de nombreux dirigeants poussent leurs collaborateurs et …les consultants à de telles extrémités. Faire des formations de 3 jours en un jour, des coachings d’une heure avec compte-rendu intégré, … telles sont quelques-unes des demandes que je reçois tous les jours.  

Les conséquences des CDR à répétition  sont dramatiques : usure des gens, diminution de la crédibilité, stress sans véritable valeur ajoutée…    Comme le dit une pub réinterprétée : un CDR,  ça va ; trois CDR, bonjour les dégâts ! 

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Je vous souhaite de bien râler cette année

4 Janvier 2013 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

        Allo Hercule,

        Allo, Père Noël, bonne année ! Bonne santé ! Je suis content de vous entendre. Je regrette que vous n’ayez pas pu passer me voir cette année.

        Moi aussi,  je le regrette, mais après cette campagne de presse sur le fait que je  n’étais pas capable de faire ma tournée, j’ai eu sur le dos les écologistes, les féministes,  les associations de prévention spatiale, l’inspection du travail et puis je ne sais qui encore… (je vous renvoie à mon billet de la semaine précédente). Depuis, je vais d’interview en conférence de presse, je ne m’arrête pas.

        Alors, vous passez votre temps à calmer les associations de tous poils…

        Pas du tout : je râle, j’éructe, j’ergote, je crie… à pleins poumons.

        Vous Père Noël ? Je ne peux pas en croire mes oreilles. Que vous arrive-t-il donc ?    

        Comment vous n’avez pas lu dans la presse ?

        Quoi ?

        Quand j’étais à Iéna en Allemagne, les petits enfants avaient tous mis dans les cheminées et leur chaussure des mots : Père Noël, râlez ! Râlez ! Râlez !  Je ne comprenais pas. Alors, le 25 décembre, la tournée finie, j’ai cherché à comprendre. Rien ! Pas d’explication et puis le 26 décembre, quand les magasins ont rouvert, un de mes lutins (Grincheux pour ne pas le nommer) m’a apporté un magazine (« Journal Health Psychologies ») qui expliquait que râler de temps e temps allongeait l’espérance de vie.  Alors, croyez-moi, depuis je ne m’en prive pas. Je râle, je râle, je râle…

        C’est quoi cette étude ?

         Ils disent que les personnes ont moins de problèmes cardiaques. Ils ont analysé 6.000 patients et ceux qui expulsent régulièrement leurs émotions présentent moins de symptômes d’hypertension ou de cancer. Croyez-moi, Hercule, râler et faites râler vos collaborateurs. Ils s’en porteront mieux et seront plus efficaces  avec moins d’arrêts maladies.

        Vous n’y pensez pas…

        Bien sûr que si ! Commencez l’année en râlant !

        Alors ne vous inquiétez pas, Père Noël, l’année sera bonne, c’est sûr…

        Ah bon ! pourquoi ?

        Ici, en France, nous râlons du 25 décembre au 24 décembre de l’année suivante. Nous faisons juste la pause en vous attendant et nous repartons.

        Bonne santé, Hercule !

        Râlez bien Père Noël et à l’année prochaine !         

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