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Dans votre tête, voyagez-vous en 1ère ou en 2ème classe ?

25 Octobre 2013 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

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Quel regard portez-vous sur vous-même ? Quel regard les autres portent-ils sur vous ?  Le hasard de mes pérégrinations en région parisienne m’ont conduit à acheter un ticket de train parce que je sortais de mon espace Navigo  (pour les automobilistes et non-parisiens, il s’agit de la carte de transport en région parisienne) ;

A la vue de ce ticket, j’ai constaté  que je voyageais en 2ème classe. La belle affaire ! Il n’y a qu’une classe dans les transports parisiens et ce depuis… 1991 !

Vous auriez pu penser qu’il n’est nul besoin d’indiquer la classe sur le ticket puisqu’il n’y en a plus ? Non, la SNCF a jugé utile de la maintenir. Pourquoi ? Mystère !

En tout cas, ce qui est interpellant, c’est qu’elle ait retenu la 2ème classe. Le gouvernement de l’époque aurait pu imaginer nous faire tous monter en 1ère (dans les trains, il n’y a que la couleur des sièges qui changent, et encore !).  Non ! Nivellement par le bas, tout le monde en seconde. De toutes façons, ici, les nantis et les puissants, ne prennent pas le train, mais la voiture.   

Cela est très caractéristique d’une culture française de l’égalité par la médiocrité. « Je ne veux pas voir une tête qui dépasse », donc tout le monde se base sur la moyenne la plus basse. Il y a d’autres cultures où, à l’inverse, on considère que les gens naissent égaux et avec la même chance, donc que les meilleurs gagnent : ils seront reconnus.

A l’opposé, chez nous, réussir est mal vu et gagner de l’argent, c’est encore pire.

Voici une grille de lecture pour l’étude d’Alma Consulting, parue en septembre 2013, et que nous dit l’absentéisme (et la désimplication) des cadres augmente d’année en année.

 

Alors, dans votre tête, dans quelle classe circulez-vous ? 

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Soyez original à peu de frais

18 Octobre 2013 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Banksy est un des artistes les plus célèbres du Street Art ; Ces œuvres se vendent à des prix faramineux  et un film à sa gloire attiré des centaines de milliers de spectateurs (« exit through the gift shop »). Banksy est aussi un original et il a vendu dernièrement certaines de ses œuvres au prix modique de 60 $ dans un endroit très passant de New York, le long de Central Park. Le résultat fut décevant. Lieu inapproprié ou absence de mise en scène ? Nul ne le sait.  

Cela m’attire trois réflexions

La première est que toute œuvre d’art a besoin d’un environnement adéquat pour être mise en valeur. Chacun d’entre nous est une œuvre d’art. Quels talents vous reconnait-on ? Les connaissez-vous ?  

La deuxième est qu’un artiste peut être reconnu par ses fans, mais qu’il n’a pas de grande valeur pour les autres. Par qui êtes-vous reconnu ? Est-ce ceux-là qui sont importants pour vous ?    

 

La troisième est que Banksy a fait plus parler de lui dans les médias par cette action qui ne lui a pas couté grande chose (voire même rapporté de l’argent) que par une expo ou une œuvre originale. Il a cassé les codes classiques de la communication à son avantage. Et vous ? comment pouvez-vous élargir votre notoriété professionnelle de manière originale et là où on ne vous connait pas ou peu, mais où vous aimeriez aller un jour ?         

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Choisissez la vie, la vraie

12 Octobre 2013 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

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Delphine est une personne qui mérite à la fois le respect et le détour. Grièvement blessée à 4 ans (elle y perdra un œil) dans un attentat de l’OAS contre Malraux, elle s’est battue toute sa vie pour à la fois sortir de son rôle d’icone des victimes des attentats, se créer son propre chemin et combattre une adversité sans pareil (ainsi, alors qu’elle avait réussi à devenir critique d’art, elle devint totalement aveugle à 30 ans)     

Un extrait de son livre : « Tu choisiras la vie », Grasset, 2013, pp166-67)

Un après-midi de 1979, j’avais 22 ans, dans un train, alors que j’étais profondément déprimée, j’ai ressenti, j’ai envie de dire « touché » tellement la sensation fut tangible, la présence de ce que j’ai appelé à ce moment-là, « le noyau dur » tout au fond de moi, quelque chose qui voulait vivre à tout prix, envers et contre tout. Dans les années assez noires qui ont suivi (Note : elle devint quelques années plus tard totalement aveugle), je me suis souvent appuyée sur ce noyau dur, ce germe de vie qui se fiche des conventions et des critères de jugement et est joie pure…   

Je commençais alors à travailler sur moi et à me pencher sur ce que je faisais malgré moi pour m’entraver l’existence…

Je tâtonnerai peu à peu grâce à la peinture, à la psychanalyse, à la musique et au théâtre…et mettrai bien des années à m’en extraire tout à fait. C’est pourquoi j’ai envie de rire quand j’entends des personnes se demander si elles pourront se transformer ou transformer leur séance en dix séances.

Trois leçons :

Nous avons tous un noyau dur au fond de nous. Il y a un texte du Talmud qui dit : « quand tu arriveras au ciel, on ne te demandera pas  si tu as été grand ou illustre, mais simplement « as-tu été toi-même ? » (ce texte existe sous des formes différentes dans toutes les grandes religions)  

Nous ne vivons pas des situations aussi dramatiques que Delphine. 10 sessions de coaching de vie (cf. mon livre « donnez du sens à votre vie avec la méthode NEWS, ESF, 2013) peuvent influencer notre parcours pour vous rapprocher de vous-même.

Par contre, ne sous-estimez pas le temps pour y parvenir : pour changer totalement de métier, comptez bien trois ans (avec des étapes transitoires pour vous former et /ou vous y préparez.      

 

Lisez donc ce livre qui est un hymne à la vie.

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Estimez-vous votre travail c... ("bullshit") ?

3 Octobre 2013 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

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David Gaeber, anthropologue américain et anarchiste (c’est lui qui le dit) a jeté un pavé dans la mare le17 août dernier, si l’on en juge les retombées de son article publié dans Strike magazine). Au-delà de l’effet d’annonce, il soulève quelques bonnes questions.

Que dit Graeber ? (voir l’article original sur http://www.strikemag.org/bullshit-jobs/)  Il critique vertement les métiers de service (RH,  conseil, relations publics, administratif et…manager …) qui ne servent à  rien si ce n’est à occuper des gens qui vont polluer le travail des autres : les productifs !

Bien plus, ceux qui font ces travaux inutiles n’en voient pas le sens eux-mêmes et déversent leur sinistrose sur les autres. Quels sont les travaux utiles ou non ? En bon anarchiste, David Graeber soulève la question, mais ne s’aventure pas à donner la clé (à vous d’apprécier si votre job est utile ou non).

 Pour ma part, cela soulève quatre commentaires :

D’abord, cela dépend du sens que l’on donne à son boulot. Vous connaissez sûrement cette histoire : « Pierre Lulle, passant devant un chantier, demande à un ouvrier qui taille des pierres : « Que fais-tu ? » : « Je taille des pierres. », lui répond cet homme. Il pose la question à un deuxième ouvrier qui lui répond : «Je gagne ma vie… ». Enfin, le troisième, à qui il fait la même demande affirme, resplendissant : « Je construis une cathédrale ! » …(Selon le propre récit de Raymond Lulle, philosophe, alchimiste, poète, mystique et missionnaire majorquin du XIIIème siècle.) Tout travail a un sens et celui-ci lui est donné par celui qui l’exerce.

Deuxièmement, vous pouvez estimer votre travail utile, mais pollué par des tâches à la c…, parce qu’elles n’ont pas d’intérêt pour vous et vous décentrent de votre vrai métier (ce qui ne veut pas dire que ces tâches n’ont pas un intérêt pour quelqu’un d’autre).

Il y a aussi une double  injonction paradoxale : par exemple nous voulons plus de sécurité dans notre travail (sécurité de l’emploi, sécurité dans les conditions de travail, …), ce qui signifie plus de règles, de contrôle  (et donc des personnes dédiées) et en même temps, nous voulons être libres, voire autonome.

Enfin, les nouvelles formes d’organisation (mode projet,  …) et les outils électroniques (qui permettent des relations directes) limitent l’importance des fonctions supports qui progressivement disparaissent. Où est la limite ? Ainsi, dès qu’un groupe dépasse 6/7 personnes, il y a utilité d’un coordinateur.   Autre exemple : la suppression ou la diminution des contrôleurs dans les trains (pardon : « des agents commerciaux »)  seraient-elles vécues par les voyageurs comme un bien ou un risque ? Les Français deviendraient-ils civiques dès ce moment ?        

 

Pas simple ! Et vous qu’en pensez-vous ? 

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