Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Qu'est ce qui fait la puissance des livres ?

30 Janvier 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Qu'est ce qui fait la puissance des livres ?

Dans un très beau livre sur la fin de la civilisation Aztèque, Alain Gerber imagine un dialogue entre un fin lettré et son fils, autrefois soldat et à présent magistrat, à propos d'un texte sur l'écriture des livres par les savants :

«Le savant pose son regard sur les choses, règle leur chemin,il dispose et ordonne. Il applique sa lumière sur le monde. L’encre noire et rouge lui appartient, les livres. Sont à lui, les livres sont à lui. Lui-même est écriture et connaissance. Il est le chemin, le guide des autres. »

Le père en fait l'analyse : "Je ne pense qu’on puisse être plus clair en moins de mots. Les livres ne consignent pas la vérité, ils la construisent. Ils ne disent pas aux hommes ce qu’est la vérité, ils disent à la vérité ce qu’elle doit être pour les hommes. On allègue que le savant doit suivre la vérité, mais c’est pour dissimuler qu’il la précède. Tu es à même de saisir la différence qu’il y a entre le pouvoir du magistrat et celui de l’officier. Sur le champ de bataille, au terme d’une lutte acharnée, un homme peut se rendre maître d’un homme. La Loi tient entre ses mains tous les hommes ensemble et n’a pas besoin de lutter pour cela : il lui suffit d’être inscrite dans les livres.

Empêche seulement que cette connaissance devienne trop répandue, car ceux qui obéissent pourraient se corrompre. Ordonne, indique, affirme : n’explique pas ! Agis de la sorte et tu n’auras jamais rien à craindre de personne.

Toute la philosophie aztèque visait à l’appropriation du pouvoir par quelques-uns. Le pouvoir n’était pas seulement un moyen au service de cette élite, il était bel et bien la fin de toute ascension sociale, l’achèvement de toute promotion personnelle, l’épanouissement suprême. Plus la quête se faisait acharnée, plus la possession du pouvoir était jalouse. Plus son exercice exhibait de cynisme.

La justice ne pouvait se soustraire au mouvement général. Ma fonction [de magistrat] me conférait le pouvoir, aussi n’étais-je pas libre de renoncer au pouvoir. Le pouvoir était indissociable de la justice, or le pouvoir corrompait la justice. En effet, le pouvoir repose sur l’acquisition d’une connaissance que l’on interdit aux autres, tout en la leur désignant comme l’idéal auquel ils doivent tendre. On ne peut rendre la justice sans posséder le pouvoir. Et quand on le possède, on ne peut plus être juste, on ne peut plus que vouloir l’être"

Alain Gerber, Le jade et l’obsidienne, Livre de Poche, 1983.

Lire la suite

Testez votre organisation !

23 Janvier 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Testez votre organisation !

Le 22 décembre 2014, Le Pape François s’est adressé à la Curie (le comité de direction de l’Eglise) en ces termes (extraits de son discours, voir à la fin de l’article le lien pour lire l’intégrale de ce discours).

Lisez-le en pensant : « mon organisation sait-elle traiter ces dysfonctionnements » ?

Il est beau de penser à la Curie romaine comme à un petit modèle de l’Église, c’est-à-dire comme à un « corps » qui cherche à être plus vivant, plus sain, plus harmonieux et plus uni., La Curie romaine est un corps complexe, composé de bureaux, qui sont coordonnés pour fonctionner de manière efficace en dépit de la diversité culturelle, linguistique et nationale de ses membres.

La Curie est appelée à s’améliorer et à s’améliorer. Pourtant, comme tout corps, comme tout corps humain, elle est exposée aussi aux maladies, au dysfonctionnement, à l’infirmité.

1. La maladie de celui qui se sent « immortel », « immunisé » ou tout à fait « indispensable ». L’antidote à cette épidémie est la grâce de se sentir pécheurs et de savoir dire: « Nous n’avons fait que notre devoir ».

2. Autre maladie : le « marthalisme » (qui vient de Marthe) ou l’activité excessive. Elle concerne ceux qui se noient dans le travail. Le temps du repos, pour celui qui a mené à bien sa mission, est une nécessité, un devoir. Il faut retenir ce qu'enseigne l’Ecclésiaste : « Il y a un moment pour tout ».

3. Il y a aussi la maladie de la « pétrification » mentale et spirituelle. Ce sont ceux qui perdent leur sérénité intérieure, la vivacité et l’audace, et se cachent derrière leurs dossiers.

4. La maladie de la planification excessive et du fonctionnarisme. Tout bien préparer est nécessaire mais il ne faut jamais succomber à la tentation de vouloir tout enfermer dans la planification. On y perd la fraîcheur, l’imagination et la nouveauté ».

5. La maladie de la mauvaise coordination. Quand le corps est privé de son fonctionnement harmonieux, cela devient un orchestre qui produit seulement du chahut,

6. Il y a aussi la maladie d’« Alzheimer spirituelle »,). Nous détectons cette maladie chez ceux qui sont totalement dépendants de leur présent, de leurs passions, caprices et manies et deviennent de plus en plus esclaves des idoles qu'ils ont sculptées de leurs propres mains.

7. La maladie de la rivalité et de la vanité. Quand l’apparence, les couleurs des vêtements, les signes honorifiques deviennent le premier objectif de la vie,

8. La maladie de la schizophrénie existentielle. C’est la maladie de ceux qui frappe souvent ceux qui, abandonnant le service pastoral, se limitent aux tâches bureaucratiques et perdent ainsi le contact avec la réalité, avec les personnes concrètes.

9. La maladie de la rumeur, de la médisance, et du commérage. C’est la maladie des personnes lâches qui, n'ayant pas le courage de parler directement et parlent dans le dos.

10. La maladie qui consiste à diviniser les chefs. C’est la maladie de ceux qui courtisent leurs supérieurs (ou à l’inverse, les supérieurs qui courtisent leurs collaborateurs), en espérant obtenir leur bienveillance (ou leur soumission). Ce sont des personnes qui vivent en pensant uniquement à ce qu'ils doivent obtenir, et non à ce qu'ils doivent donner.

11. La maladie de l’indifférence envers les autres. Elle survient quand chacun ne pense qu’à soi et perd la sincérité des relations humaines. Quand le plus expert ne met pas ses connaissances au service des collègues qui le sont moins. Quand on vient à apprendre quelque chose et qu’on le garde pour soi au lieu de le partager de manière positive avec les autres.

12. La maladie du visage lugubre. Elle est celle des personnes bourrues et revêches, qui estiment que pour être sérieux il faut porter le masque de la mélancolie, de la sévérité, et traiter les autres – surtout ceux que l’on considère comme inférieurs – avec rigidité, dureté et arrogance. En réalité, la sévérité théâtrale et le pessimisme stérile sont souvent les symptômes d’un sentiment de peur et de d’insécurité.

13. La maladie qui consiste à accumuler. Souffre de celle-ci l’apôtre qui cherche à combler un vide existentiel dans son cœur en accumulant les biens matériels, non pas par nécessité, mais seulement pour se sentir en sécurité. L'accumulation ne fait que nous alourdir et ralentir inexorablement notre chemin !

14. La maladie des cercles fermés, quand l’appartenance à un petit groupe devient plus forte que celle au Corps. Cette maladie elle aussi commence toujours par de bonnes intentions, mais au fil du temps, elle asservit ses membres, devient un cancer qui menace l’harmonie du Corps.

15. Et la dernière, la maladie du profit mondain, des exhibitionnismes. Elle est celle de l’apôtre qui transforme son service en pouvoir, et son pouvoir en marchandise pour obtenir des profits mondains, ou davantage de pouvoir.

La guérison est le fruit de la conscience de la maladie et de la décision personnelle et communautaire de se soigner en supportant le traitement avec patience et persévérance.

J’ai lu un jour que les prêtres sont comme les avions : ils ne font la une des journaux que lorsqu’ils tombent, mais il y en a beaucoup qui volent. C’est une phrase très sympathique mais aussi très vraie, parce qu'elle souligne l'importance et la délicatesse de notre service et tout le mal que peut causer à tout le corps de l'Église un seul prêtre qui « tombe ».

Bel exemple de courage dans les propos !

Source : http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Pape-Francois-le-texte-integral-du-discours-des-15-maladies-2014-12-24-1284566

Lire la suite

Le travail : c'est la santé ou le burnout ?

15 Janvier 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Le travail : c'est la santé ou le burnout ?

Cette semaine, publication d’une étude (publiée par Great Place To Work) qui indique que deux salariés sur deux étaient au bord du burnout. Des députés de la majorité demandent même que le burn out soit reconnu comme maladie professionnelle.

Alors faut-il s’arrêter de travailler ?

En fait, en matière de santé du travail, certaines idées reçues ont la vie dure.

1) Travailler est une source de stress.

Un rapport publié, en octobre 2009, par l'Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail (EU-OSHA) confirme que le stress en relation avec le travail touche 22% des travailleurs de l'Europe des 27. Cela étant, il est également prouvé que le risque de développer une détresse mentale (anxiété, stress, mal-être, dépression...) est plus grand parmi les inactifs que chez les actifs occupés.

2) Le niveau de rémunération est plus important que la santé et le bien-être.

Les salariés, particulièrement les jeunes générations, recherchent avant tout l'épanouissement personnel. Le baromètre 2013 de l'Observatoire Actineo de la qualité de vie au bureau montre à ce sujet que le niveau de salaire n'arrive qu'en troisième position (41%) des critères les plus importants dans le travail, derrière l'intérêt de ce dernier (50%) et la qualité de vie au travail (45%).

3) Les dépenses en santé et en sécurité sont un coût pour l'entreprise.

En France, selon l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS), le coût social du stress au travail a été estimé en 2007 entre 2 et 3 milliards d'euros. L'entreprise a donc économiquement intérêt à investir dans la prévention.

4) Mes salariés sont là, donc tout va bien.

Dans certains cas, le salarié est bien présent à son poste de travail, mais il est en "démission intérieure", c'est-à-dire dans l'incapacité de fournir le travail attendu. Démotivation, épuisement physique ou psychique lié au stress ou aux conditions de travail, problèmes privés et/ou professionnels difficiles à surmonter... Quelle qu'en soit la cause, le présentéisme a un effet négatif sur la productivité au moins aussi important que celui lié à l'absentéisme. En 2009, au Royaume-Uni, une étude a estimé que les jours perdus attribués au présentéisme étaient 1,5 fois plus importants que ceux attribués à l'absentéisme.

5) Pour avoir des salariés motivés, il faut un environnement "fun".

Pour être productifs, les salariés ont surtout besoin d'être "heureux". En février 2014, trois chercheurs du département d'économie de l'université de Warwick, au Royaume-Uni, ont publié les résultats d'une étude selon laquelle être heureux augmente la productivité de près de 12%. Ce qui les rend heureux au travail c'est de trouver du plaisir et du sens dans leurs tâches professionnelles (50%), comme le confirme, en 2013, l'Observatoire Actineo de la qualité de vie au bureau.

Source : L’Express et Le Figaro

Lire la suite

Coaching ou mentoring : parlez chinois !

9 Janvier 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Coaching ou mentoring : parlez chinois !

Wan Chung LAI est un chinois basé à Singapour. Il analyse le sens des mots coaching et écoute en chinois.

La civilisation chinoise est l'un du monde la plus ancienne et remonte son langage remonte au moins 3000 années. Les caractères chinois pictographiques ont été construits pour refléter les croyances et la vision du monde des anciens chinois.

Découverte n° 1

Le mot chinois pour le coaching est « pei dao ». Le second caractère est le mot principal qui, lui-même, est constitué de deux caractères distincts en chinois «chemin» ou «voyage», et « pouces » (dans le sens de mesure d’une longueur (« inch » en anglais)).

Ainsi, la définition chinoise pour le coaching est littéralement : « Marcher ensemble, un pouce à la fois ». Il faut comprendre le mot « pouce » dans le sens de cm par cm.

L'utilisation de ce mot « pouce » ici offre trois informations utiles sur le coaching:

  • Cohérence - Tout d'abord, « pouces » évoque « proximité » et une cohérence dans la marche entre deux personnes.
  • Connexion - Le mot veut dire aussi d'être profondément à l'écoute du rythme de son client, d’être pleinement présent avec eux. (cf. Découverte n° 2.)
  • Code - Enfin, «pouce» veut aussi dire faire quelque chose. Il est un mode de vie ou un code personnel pour la vie. Alors que le Coaching avec un grand C se réfère à des sessions formelles que nous offrons à certaines personnes, le petit « c » est notre action au quotidien lorsque nous aidons ceux qui nous entourent.

Découverte n° 2

Le mot « écoute » en chinois est composé de plusieurs caractères. Pour les anciens chinois, l'acte de l'écoute est considéré comme intense et sacré : nous n’écoutons pas seulement avec nos oreilles, mais aussi, au sens figuré, avec nos «dix yeux» et une «unité de cœur » comme si nous communions avec «le roi ». Quelle puissante image !

Découverte n°3

Le Tao Te Ching a été écrit par Lao Tseu, le fondateur du taoïsme classique et un contemporain de Confucius. Elle a été étudiée par les empereurs et les érudits dans le passé, et reste aujourd'hui une source essentielle de sagesse et d'inspiration pour les dirigeants de l'organisation en Chine et dans le monde.

Le chapitre 17 définit quatre niveaux de leadership et décrit l'impact que les quatre types de dirigeants ont sur leur peuple:

  • Les meilleurs dirigeants sont à peine connus par leurs sujets. Ces derniers ont le sentiment d’avoir tout fait eux-mêmes.
  • Ceux un peu moins bons sont aimés et loués.
  • Ceux encore moins bons sont craints.
  • Les pires sont méprisés.

Les bons coachs, comme les dirigeants, sont ceux qui passent « inaperçus ». Ils agissent selon trois règles similaires :

  • Ils sont résolument axés sur l'ordre du jour du client, pas le leur.
  • Ils croient en la grandeur inhérente des personnes, et disent «oui» à qui ils sont et ce qu'ils ont à faire.
  • Ils développent, épaulent et soutiennent leurs coachés et mettent en œuvre toute leur énergie pour y parvenir.

Le Coaching n’est pas nouveau. Il est intemporel et mondial, car il a toujours été utilisé comme un moyen de manager les gens et comme une façon de penser, une manière d'être.

Lire la suite

Faisons preuve d'esprit d'équipe

2 Janvier 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Extrait de notre livre « Partageons comme ».   Pour le lire,  cliquez sur http://goo.gl/BC4FGh ! 

Le CNRS (2001) a constaté que les oiseaux migrateurs dépensaient moins d’énergie en maintenant une formation de vol en V et en se plaçant à tour de rôle en tête, permettant aux suivants de profiter des courants ascendants générés par l’oiseau les précédant.

Des études « en vol » d’oiseaux migrateurs (suivis par ULM), réalisées par des chercheurs anglais et allemands, révèlent que les jeunes volatiles étudiés (et non accompagnés d’anciens) se sont spontanément disposés en formation en V et surtout se positionnent à l’endroit optimal (selon les théories aérodynamiques). Bien plus, selon qu’ils volent en décalé (en V) ou l’un derrière l’autre, ils adaptent leurs battements d’ailes pour trouver les tourbillons les plus favorables.

Comment déterminent-ils l’endroit optimal où se positionner ? A vue, selon les ailes qui les précédent ou encore simplement en tâtonnant pour trouver la position la plus confortable ?

Le résultat est là : les oies qui volent en « V » couvrent une distance de 71 % supérieure à celle qu’elles parcourent en solo.

Comment développer l’esprit d’équipe pour travailler dans le confort ?

Lire la suite