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Air France : les effets du non bonheur au travail

27 Février 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Mardi dernier, Arte a diffusé un reportage sur le bonheur au travail (encore visible sur Arte Replay et Youtube)

Voici ci-dessus une courte vidéo (1’) qui en résume bien l’esprit

Au début du documentaire d'Arte, un enseignant explique qu’il y a aujourd’hui, dans les entreprises occidentales, environ 11% de gens activement engagés dans leur travail, 61% de désengagés, et le reste (38%) activement désengagés. Cela donne quoi ? Voyons le cas Air France

Tout commence (pour moi) par un vol Paris Mexico où les avions à l’aller et au retour ont accumulé les problèmes de tous ordres pour les passagers.

Attention : tout n’était pas négatif : les avions étaient à l’heure, le personnel courtois et serviable.

Mais suite à mes déboires à l’aller, les hôtesses m’avaient d’elles-mêmes proposé une fiche réclamation, m’assurant que je méritais compensation.

Le plus étonnant est après :

  • Je n’ai jamais eu de retour sur mes désagréments à l’aller (alors que la feuille a été transmise par le personnel de bord)
  • Pour le vol de retour (où les désagréments ont concerné tous les passagers), j’ai reçu un mail en anglais (or, j’ai une carte Air France, donc facilement identifiable)
  • Alors, j’ai écrit au service consommateur en disant que je ne connaissais pas l’anglais ; pas de réponse.
  • J’ai écrit au PDG : pas de réponse.

Depuis, j’ai lu dans la presse,

  • Le mécontentement de KLM qui estime qu’Air France se renfloue sur leur dos (gestion de trésorerie)
  • Les mésaventures de l’avion New York-Paris qui a atterri à Manchester pour deux minutes d’écart sur le temps et l’absence totale d’informations lors de l’escale forcée à Manchester (12 heures d’attente…). Heureusement pour les passagers, il y avait un député à bord, alors ils ont obtenu 600 euros de dédommagement.

Je ne jette pas la pierre sur tous (beaucoup de personnes font très ben leur travail chez Air France), ni ne prétend que les aléas n’existent pas, mais j’ai l’impression de me retrouver face aux problèmes récurrents du RER en région parisienne (problèmes de toutes sortes, absence d’informations, retards constants…).

La différence est que la RATP est en position de monopole, mais Air France…

Le désintérêt de certains (une minorité active) pèse sur l’image de la compagnie et de son personnel. Quand vous avez le sentiment d’un quasi-suicide collectif (rappelez-vous la grève des pilotes il y a quelques mois), prendrez-vous le risque de voyager avec Air France ? Plus globalement, dans un monde de concurrence, peut-on gérer des compagnies à l’ancienne et avoir des salariés qui sabotent le travail de la majorité ?

Regardez la vidéo sur Arte (http://goo.gl/vJ5Jbx) et vous verrez qu’il y a des solutions. Le tout c’est de les appliquer.

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Quel mode de relation commerciale voulons-nous demain?

21 Février 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Quel mode de relation commerciale voulons-nous demain?

Deux évènements se sont entrechoqués cette semaine :

  • Un premier vote (au forceps) pour le passage à 12 dimanches ouverts dans les commerces. Aujourd’hui vous avez le droit d’acheter des meubles le dimanche, mais pas de bricoler.
  • L’obligation faite à un boulanger des Landes de « fermer » au moins un jour / semaine (quand de nombreux commerces (type grandes surfaces) peuvent vendre du pain sept jours sur sept.

Qui a tort ? Qui a raison ? Qui gagnera ? Je ne sais pas, mais cela conduit à s’interroger sur le type de relation commerciale que nous voulons demain.

Un exemple : les agences bancaires. Nous avons, en France, un réseau dense d’agences bancaires. Toutefois, à l’heure d’internet et de la carte de crédit, celles-ci voient leur clientèle évoluer. Selon le quotidien « La Tribune », la part des agences bancaires dans les contacts avec les clients est tombée à 8% contre 33% il y a une dizaine d’années. Les clients préfèrent utiliser leur ordinateur et leur smartphone.

Que faire des agences ? Toutes les banques sont concernées et testent différents modèles. Quelques exemples :

  • Le « Store » du Crédit Agricole où les produits bancaires sont vendus en package exposés sur des étagères et disponibles en Libre-Service ;
  • Le multiforme de BNP Paribas, avec des agences « express » pour les opérations de base, « conseil » pour dialoguer avec un conseiller bancaire, et « projet » pour des prestations plus complexes ;
  • Les grandes agences (regroupement de plusieurs agences) à la Société Générale pour disposer de plusieurs conseillers spécialisés (style maison médicale avec différents spécialistes).

Il faudra plusieurs années pour connaître les formats les plus adaptés. Une seule chose est sûre : le modèle traditionnel multiservices n’est plus viable. Les clients auront toujours besoin de conseils, mais comment les dispenser ? La tendance sera au multicanal, les gros utilisateurs de services bancaires internet étant aussi les principaux visiteurs des agences, à l’image de la Fnac avec différentes tailles de magasins et un site internet performant.

Alors, les débats de ces derniers jours ont un goût du passé. Ne vaudrait-il mieux pas débattre du futur (et des formes de travail associés) que défendre des formes qui ne correspondent plus aux attentes des consommateurs ?

Ce n’est pas un débat simple (les salariés sont-ils vraiment volontaires pour travailler le dimanche ? Certains oui, d’autres non), mais les nouvelles formes de communication peuvent contourner les lois.

Deux anecdotes :

  • l’arrêté préfectoral des Landes n'oblige pas les boulangeries à fermer un jour par semaine mais interdit la vente de pain un jour par semaine. "Je peux en fabriquer sans le vendre. Je peux aussi vendre des pâtisseries et des sandwiches mais pas de pain!", rit jaune le boulanger concerné. Il peut aussi faire vendre son pain par une autre boulangerie.
  • La loi qui a supprimé les 5% de remise sur les livres et imposé des frais de port aux vendeurs de livre sur internet, s’est soldée par une amélioration des marges de ceux qu’elle prétendait affaiblir et pas de baisse des ventes. Tout bénef !

Quand cessera-t-on de parler du passé pour envisager le futur ? Quel mode de relation commerciale voulez-vous demain pour vous ?

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Faites un CV à la Leonard de Vinci et vendez du futur

12 Février 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Faites un CV à la Leonard de Vinci et vendez du futur

Que vous changiez d’entreprise ou postulez à un nouveau poste au sein de la vôtre, le CV est incontournable. Mais il y a CV et CV. Nombre de CV vendent les succès du passé. Mais votre recruteur veut du futur. Comment lui donner envie de vous recruter ? Voici, peut-être l’un des premiers CV puisqu’il date de 1482. Il n’a rien perdu de son actualité.

En 1482, Leonard de Vinci avait 30 ans et était artificier. Il cherche un emploi et écrit au Duc de Milan. En voici quelques extraits

«Ayant, très illustre Seigneur, vu et étudié les expériences de tous ceux qui se prétendent maîtres en l’art d’inventer des machines de guerre je m’appliquerai à révéler à Votre Excellence certains secrets qui me sont personnels, brièvement énumérés ici.

1° J’ai un moyen de construire des ponts très légers et faciles à transporter, pour la poursuite de l’ennemi en fuite;

2° Dans les cas d’investissement d’une place, je sais comment chasser l’eau des fossés et faire des échelles d’escalade et autres instruments d’assaut…

5° Je puis faire un canon facile à transporter qui lance des matières inflammables, causant un grand dommage et aussi grande terreur par la fumée.

6° Au moyen de passages souterrains étroits et tortueux, creusés sans bruit, je peux faire passer une route sous des fossés et sous un fleuve.

7° Je puis construire des voitures couvertes et indestructibles (des tanks) portant de l’artillerie et, qui ouvrant les rangs de l’ennemi, briseraient les troupes les plus solides. L’infanterie les suivrait sans difficulté…

10° En temps de paix, je puis égaler, je crois, n’importe qui dans l’architecture, construire des monuments privés et publics…

Et si quelqu’une des choses ci-dessus énumérées vous semblait impossible ou impraticable, je vous offre d’en faire l’essai dans votre parc ou en toute autre place qu’il plaira à Votre Excellence, à laquelle je me recommande en toute humilité.»

Qu’observez-vous ?

1. Il est personnalisé pour les besoins du duc

2. Il ne liste pas ses expériences passées

3. il vend à son hypothétique employeur ce qu’il peut faire pour lui.

4. Il «markète» ses réalisations et par conséquent met le duc de Milan dans la position de ne rien lui refuser

5. Il lui propose de lui montrer ce qu’il sait faire

A vous de jouer !

Sources : http://www.cenedella.com/ et https://www.qapa.fr/

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Management : la justice et l'égalité sont-elles possibles ? ?

6 Février 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Management : la justice et l'égalité sont-elles possibles ?  ?

Roger-Pol Droit a publié dernièrement dans les Echos une tribune que lui a inspiré les événements en Grèce. Au-delà de la comparaison politique, je me demande si cela ne pourrait pas s’appliquer à l’entreprise. Une entreprise composée uniquement de généraux ou bien sans hiérarchie est-elle viable ? A l’heure où l’entreprise libérée (je fais allusion au livre d’Isaac Getz) fait parler d’elle tout comme l’entreprise transversale, voici un beau sujet de réflexion.

Le texte de la dernière comédie d’Aristophane, créée devant le peuple d’Athènes en 388 avant notre ère, résonne en effet de manière insolite – voire insolente – sur les événements en cours. Personnage-titre de cette pièce : Ploutos, dieu de la richesse et de l’argent.

Le malheureux a été rendu aveugle par Zeus. C’est pourquoi il est injuste. Incapable de discerner à qui profitent ses largesses, et qui en est privé, il les distribue au petit bonheur. Le résultat est connu : des crapules roulent sur l’or, des scélérats ne manquent de rien, des fainéants mènent grand train. Pendant ce temps-là, des foules de braves gens se serrent la ceinture, quantité d’honnêtes travailleurs se privent. A la caste des nantis revient l’opulence, à la masse des petits la misère.

Une politique aveugle d’austérité prive de l’essentiel la majorité des braves gens, alors que des parasites corrompus s’enrichissent sur le dos du peuple. Il est donc temps de s’indigner, de rétablir la justice, d’arrêter ces errements.

Il faut rendre la vue au dieu de l’argent : c’est le thème de la pièce. Ploutos est conduit, pour être soigné, dans le temple d’Esculape. L’ennui, c’est que ça ne marche pas si simplement – en tout cas, dans la comédie antique – parce que la Pauvreté, autre personnage central, ne se laisse pas faire.

« Nous te chasserons de toute la Grèce », lui dit Chrémyle, le laboureur honnête qui manque de pain. On veut éliminer la misère ? La faire disparaître du paysage ? La remplacer, définitivement, par la ­prospérité générale ? Aristophane invente, avec une ironie aiguë, l’éloge du manque et de la rareté, ­considérés comme moteurs indispensables aux actions humaines, aux ambitions, au travail et à la concurrence. « Moi qui habite avec vous depuis tant d’années », dit la ­Pauvreté aux Grecs, « je suis préférable aux richesses ». Si plus personne n’a faim, si tous sont repus, alors c’en est fini de la société ! S’il faut faire sa part à l’ironie et à la provocation. il serait possible d’entendre aussi, dans cet éloge de la pauvreté, une mise en garde envers les politiques d’assistanat, la perte de tout appétit d’entreprendre menaçant un pays sous ­perfusion constante.

La Pauvreté, chez Aristophane, met en garde les Grecs contre les hommes politiques : ils veulent le bien du peuple tant qu’ils sont pauvres, et deviennent ses pires ennemis dès qu’ils se sont enrichis à ses dépens…

La fin de la pièce n’a rien pour rassurer. Ploutos a recouvré la vue. Il distribue désormais ses largesses à bon escient. Mais le projet de « changer la vie dure et misérable » pour la rendre « douce et agréable » crée finalement plus de désordre que de bonheur. Le chaos s’annonce : plus personne ne fait de sacrifices, les dieux sont affamés, les relations humaines perturbées.

On voit même, dans les derniers dialogues, arriver sur scène une dame très âgée. Elle se plaint de ne plus voir chez elle son jeune ami. Quand elle était triste, il venait lui parler, en toute amitié. Fort riche, elle lui donnait tantôt de quoi s’acheter un manteau, des souliers, tantôt ce qui était nécessaire pour payer une tunique à sa sœur, quelques vaches à sa mère. Depuis que plus personne ne manque de rien, il ne met plus les pieds chez elle.

A chacun de juger si la pertinence de cette comédie est forte ou faible.


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0204118345873-grece-alexis-tsipras-chez-aristophane-1088186.php?RKgHemBbdd9zMIJR.99#

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