Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Comment conversez-vous ?

27 Mars 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Comment conversez-vous ?

Comment échangez-vous avec vos collègues dans votre entreprise ? Dans votre milieu social ? En famille ?


Petit dictionnaire (non exhaustif) pour analyser les modes de relation qui nous sont familiers (ou non) et avec lesquelles nous sommes à l’aise. Dans le New York Times (http://goo.gl/gFKCMF), une journaliste américaine (Pamela Druckerman), vivant en France et mariée à un anglais explique ce qu’elle a compris des rites de communication dans les trois pays qui lui sont familiers (USA, France et UK).


Les Français apprennent à leurs enfants à être concis et amusant, à montrer qu’ils ont de l’esprit et surtout à éviter le ridicule. Ainsi, la tendance française à dire d’abord « non » ou « ce n’est pas possible » est souvent une protection contre l’humiliation de ne pas savoir. C’est seulement lorsqu’il fait confiance qu’un Français révèle ses faiblesses.


Entre Britanniques, il est important de montrer que l’on ne se prend pas au sérieux. Il y a beaucoup d’autodérision et d’ironie avant la « vraie » conversation (si elle arrive…)


Aux USA, la conversation doit rassurer les gens et leur servir de miroir. Les Américains ont une tendance au monologue. L’auteure cite une étude où il s’avère que 42% des participants qu’ils menaient deux conversations sans rapport.


Remarquez qu’il manque
• l’échange par téléphone interposé où deux personnes face-à-face (au restaurant, par exemple) peuvent échanger avec des tiers distants ;
• l’échange professionnel où on est sensé s’écouter pour échanger des faits. Le résultat n’est pas toujours à la hauteur des attentes ;
• …
Alors, comment conversez-vous ?

Lire la suite

Qui veut tuer la motivation des collaborateurs ?

21 Mars 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Dans nombre d’entreprises, les Chiffres d’Affaires sont stagnants, voire en baisse, les dépenses d’investissement coupées et les hausses de salaire limitées à un ou deux pour cent. Bref, pas facile d’être manager et de motiver son équipe sans perspective de nouveaux projets et de gains en retour. Bien plus, la tendance est à la réduction des effectifs, d’où une injonction paradoxale : faire plus, mieux, plus vite, le tout avec moins d’effectifs… sans gagner plus, voire moins (avec la baisse de l’intéressement).

Remarquez, tout le monde n’est pas perdant : les grands groupes, dans l’ensemble, se portent bien, grâce aux ventes sur d’autres marchés et la non-harmonisation fiscale à travers le monde, ce qui leur permet de gagner plus d’argent.

Un article récent dans Harvard Business Review (Throws Up All Over Stock Buybacks, signé par William Lazonick and Matt Hopkins) explique comment General Motors fut sauvé de la faillite par le gouvernement US (et donc par les ménages US pour 11 milliards de dollars) et grâce à un accord douloureux avec les syndicats (21.000 licenciements, des gels de salaires pour le personnel en poste, des réductions substantielles pour les nouveaux, des baisses des pensions de retraite…).

La restructuration permit de relancer l’entreprise et de renouer avec les bénéfices. Ceux-ci permirent de relancer les investissements… en Chine, de distribuer de généreux dividendes aux actionnaires et de faire monter le cours en bourse grâce à de massifs rachats d’actions (au détriment des investissements). Bien sûr les ouvriers n’ont pas été oubliés. 45.000 d’entre eux ont reçu une prime. Cette prime a couté 115 millions de dollars à GM (à comparer avec les 5 milliards de dollars de rachat d’actions).

Encore si ces sommes extravagantes donnés aux actionnaires servaient à l’investissement aux USA, vous pourriez penser qu’il s’agit d’une forme de redistribution, mais cet argent est principalement investi à l’étranger…

Les USA ne sont pas les seuls concernés. Un article récent sur Slate (http://www.slate.fr/story/98835/revanche-des-actionnaires) fait le point (en français, cette fois) sur cette situation.

Dernière histoire dans les médias : l’annonce des coupes (et risques de suppression d’emploi) à rado France qui dans le même temps dépense 115.000 euros pour changer les lambris du bureau du nouveau PDG (plus d’infos sur http://goo.gl/gpxzYU).

Bien sûr, cela ne concerne que les grands groupes internationaux (ou les groupes publics). Mais le mal est là : on en parle de plus en plus et il va devenir difficile de convaincre les salariés de faire plus pour quasiment moins, même si c’est la réalité de leur entreprise. Ne vous étonnez pas qu’aujourd’hui, 10% des salariés sont activement engagés, 60% désengagés (ils font leur travail sans plus) et 30% activement désengagés.

Faudra qu’on m’explique comment motiver les salariés aujourd’hui !

Lire la suite

Peignez votre bureau en rose

14 Mars 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Peignez votre bureau en rose

Il y a plus d’une trentaine d’années, le professeur Alexander Schauss publia un article, à la suite longues études, dans lequel il estimait que le rose avait un effet calmant et suggéra que les cellules d’isolement et de dégrisement dans les prisons et postes de police soient peintes en rose (ces cellules sont appelées « drunk tank » aux USA).

Très vite le mouvement prit de l’ampleur :

  • Les clubs de football américains firent peindre les vestiaires de leurs visiteurs dans cette couleur en espérant ainsi les « adoucir »
  • Les compagnies de bus peignirent les sièges dans cette couleur pour réduire le vandalisme (et elles estimèrent y être parvenus)
  • Les associations de charité habillèrent en rose leurs quêteurs et virent les dons augmenter…

Bien sûr, tout n’était pas parfait

  • La ligue de football obligea les clubs à avoir la même couleur de vestiaire pour les locaux et les visiteurs
  • D’autres psychologues estimèrent que l’effet n’était que temporaire

D’où cela vient-il ? Pour Adam Alter, professeur à New York, ceci est un exemple des influences qui façonnent la manière dont nous pensons, voyons et agissons. Il n’y a pas que les couleurs qui agissent sur nous, cela peut être le fait de noms, d’étiquettes ou de symboles.

D’ailleurs, le pouvoir des symboles est encore plus surprenant. Une étude a ainsi montré que le fait d’allumer une simple ampoule nue rend des participants plus créatifs que celui d’allumer un abat-jour. La raison? Une ampoule nue est communément identifié à la notion d’inventer.

Nous nous considérons comme des animaux rationnels, mais nous sommes influençables. Alors, si vous accueillez des visiteurs agressifs dans votre bureau, peignez-le en rose !

Lire la suite

Croyez-vous en Saint Matthieu ?

7 Mars 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Croyez-vous en Saint Matthieu ?

L'effet (Saint) Matthieu a été repéré il y a 50 ans par le sociologue américain Merton. La citation canonique est la suivante :" " À celui qui a, il sera beaucoup donné et il vivra dans l’abondance, mais à celui qui n’a rien, il sera tout pris, même ce qu’il possédait. " (25:29).

Merton a utilisé cette référence évangélique pour illustrer comment les chercheurs et les universités les plus reconnus maintenaient leur domination sur le monde de la recherche en captant au titre d'une excellence temporaire la majorité des crédits des promotions et des recrutements. Une fois installés ils ont la possibilité de bétonner des positions inexpugnables quelles que soient leurs performances ultérieures.

Cela n’est pas l’exclusivité de la science. Cela se retrouve aussi en entreprise où les plus connus accaparent les meilleurs projets et les crédits.

Les « perdants » de ce processus sont souvent, au contraire, des figures marginales dépourvues de positions solides, d’une localisation centrale ou sont moins bien établis et susceptibles de se battre pour eux ou de protester contre leur exclusion, ce qui montre que le savoir-faire politique peut jouer un rôle au moins aussi important que les travaux eux-mêmes dans la fabrication des mythes scientifiques.

On n’a pas accordé le même intérêt à ce phénomène décrit dans la seconde moitié de la parabole alors qu’il se produit assez couramment, en particulier dans la longue histoire de la présence des femmes dans les sciences. Au lieu, comme les sociologues l’ont fait jusqu’à maintenant, de la nier, il faut reconnaître, faire remarquer et mettre en lumière le sexisme qui préside à la dévalorisation systématique des femmes dans la sociologie de la connaissance ou de la science, comme un « effet » nommé.

L’honneur revient à l’Américaine Matilda J. Gage, de l’État de New York, d’avoir la première formulé (mais hélas, également vécu) au XIXème Siècle ce que nous pouvons appeler ici, en sa mémoire, l’« Effet Matilda ». Attirer l’attention sur elle, et sur cette tendance, qui remonte à des siècles, incitera et aidera peut-être les universitaires d’aujourd’hui et de demain à écrire une histoire et une sociologie des sciences plus équitable et plus précise, ce qui implique de ne plus passer sous silence toutes les « Matilda », mais aussi d’appeler l’attention sur davantage d’entre elles encore.

Et vous ? Croyez-vous en l’effet Matthieu ? En l’effet Matilda ? Le vivez-vous ?

http://blogs.mediapart.fr/blog/robert-marty/310810/leffet-matthieu

http://cedref.revues.org/503

Lire la suite