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Le conte de Blanche-Neige revisité

28 Août 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Le conte de Blanche-Neige revisité

Il était une fois une jeune fille au teint de lys, aux cheveux noirs comme l'ébène et aux lèvres rouge sang, qui s'appelait Blanche Neige. Un jour qu'elle cherchait du travail, elle trouva au détour d'une forêt une petite entreprise, qui ne payait pas de mine, mais qui ne nécessitait pas non plus de gros investissements de départ. Ayant réuni ses maigres économies, obtenu l'aide aux demandeurs d'emploi repreneurs d'entreprise, et convaincu un banquier entreprenant, elle la racheta et se lança dans l'aventure d'en faire une entreprise saine.

Car là était bien la difficulté : si la production était acceptable, la maintenance laissait franchement à désirer, entraînant des défauts de qualité en cascade. Le premier problème qu'il lui fallait résoudre était donc d'obtenir de son personnel un effort important sur l'hygiène corporelle et l'ordre des locaux. Le "staff" comprenait 7 personnes, plus notre héroïne ; elle eut vite fait de s'apercevoir que parmi eux, il y avait :

  • un ingénieur maison pontifiant
  • un hypocondriaque allergique
  • un introverti maladif
  • un extraverti exubérant
  • un contestataire né
  • un imbécile congénital
  • un endormi tire-au-flanc

Elle eut fort à faire pour remettre chacun à son travail, et obtenir d'eux qu'ils se lavent et nettoient l'atelier. A l'ingénieur, elle fit des schémas mettant en évidence les vertus de l'hygiène ; à l'hypocondriaque, elle démontra l'influence de la poussière sur le rythme de ses éternuements ; à l'introverti, elle parla au creux de l'oreille et en tête à tête ; à l'extraverti, elle raconta une histoire drôle; elle embrigada le contestataire en le mettant publiquement au défi de se laver ; l'imbécile, elle le prit par les sentiments ; quant à l'endormi, elle laissa faire les autres…

Au bout d'une semaine, elle était exténuée, mais ils étaient propres, et l'atelier rutilait. Ces difficultés de maintenance levée, la production retrouva son meilleur niveau, et les indicateurs passèrent au beau fixe. Elle put par la suite revendre l'entreprise en engrangeant une jolie plus-value, et se constituer ainsi une dot tout à fait séduisante pour un beau prince charmant… mais ceci est une autre histoire !

Conclusion de cette fabulette : sachez vous arranger du savoir-être de ceux qui vous entourent.

Source : APL

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Le talent et l'excellence vus par Ohran Pamuk

21 Août 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Le talent et l'excellence vus par Ohran Pamuk

Dans son livre « Mon nom est rouge », Ohran Pamuk (Turc né en 1952, prix Nobel de littérature 2006) fait dialoguer au XVIe Siècle un ambassadeur ottoman, fasciné par l’art européen et notamment vénitien (expression des visages, utilisation de la perspective), et un miniaturiste ottoman, gardien de la tradition artistique perse.

L’ambassadeur : « Fais-moi le dessin de la mort.

- Je ne saurais, n’ayant vu de dessin de celle-ci, moi-même dessiner celle-ci à mon tour.

- Tu n’as tout de même pas besoin, pour peindre quelque chose, de l’avoir déjà vu en peinture !

- Non, c’est vrai, mais si tu veux que ton dessin ait la perfection des tableaux de maître, il faut s’être exercé des milliers de fois. Quelle que soit la maîtrise du peintre, il peindra tout nouveau sujet comme s’il était un débutant et cela est indigne de moi et de tout l’art que j’ai acquis.

-Ce n’est pas l’expérience, mais la virginité qui nous prépare à l’excellence.

Quelques lignes plus loin, le miniaturiste poursuit : « A quel aune mesure-t-on le talent du miniaturiste ? Est-ce à sa capacité de peindre n’importe quel sujet avec la même perfection que les maîtres anciens, ou est-ce à celle de mettre en peinture du jamais vu ? »

- Pour les Vénitiens, la puissance d’un artiste se mesure à sa faculté de découvrir de nouveaux sujets, jamais représentés, et de nouvelles techniques, lui répond l’ambassadeur.

- Les légendes et les peintures témoignent du fait que tous les hommes sont différents et non qu’ils se ressemblent particulièrement. Le miniaturiste acquiert ses lettres de noblesse en représentant des histoires toujours plus originales, qui nous ressemblent néanmoins.

Quelques mots sur ce livre : Au début des années 90, l’auteur a envie de raconter l’histoire d’un peintre, d’exprimer ce qu’il sait de la peinture, comment fait-on pour être peintre, d’où vient ce besoin de peindre, quelles sont les joies que l’on ressent à peindre le monde qui vous entoure.

L’action de son livre se situe donc à la fin du 16e siècle dans l’empire ottoman, à un moment où le mécénat culturel est important sous l’influence de la peinture miniaturiste perse qui rayonne de l’Afghanistan jusqu’à Istanbul au sein d’ateliers « interconnectés ».

Des questions philosophiques animent son travail et s’exprimeront dans les pages du livre : pourquoi, alors que l’art islamique se réduisait à une représentation mentale de l’univers et n’a pas évolué, l’Occident a-t-il développé la perspective et libéré l’individu au moment de la Renaissance ? Ces trois derniers paragraphes sont extraits d’une synthèse d’une conférence de l’auteur http://www.turquieeuropeenne.eu/orhan-pamuk-ecrire-mon-nom-est-rouge.html)

Plus largement, ce livre nous interpelle sur notre propre définition de l’excellence et du talent : est-ce reproduire à la perfection ce qui existe déjà, trouver de nouvelles pistes ou prendre en compte ces deux dimensions ? Ce texte est aussi intéressant sur la représentation du changement : faire comme on a toujours fait, changer tout ou trouver des pistes d’adaptation ?

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Le talent

14 Août 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Le talent

Le talent est une question de quantité. Le talent, ce n’est pas d’écrire une page : c’est d’en écrire trois cents. Il n’est pas de roman qu’une intelligence ordinaire ne puisse concevoir, pas de phrase si belle qu’elle soit qu’un débutant ne puisse concevoir. Reste la plume à soulever, l’action de régler son papier, de patiemment l’emplir. Les forts n’hésitent pas. Ils s’attablent, ils sueront. Ils iront au bout. Ils épuiseront l’encre, ils useront le papier ; Cela seul les différencie, les hommes de talent, des lâches qui ne commenceront jamais. En littérature, il n’y a que des bœufs. Les génies sont les plus gros. Ceux qui peinent dix heures par jour d’une manière infatigable. Le génie est un effort constant.

Extrait daté 1887

Jules Renard (1864-1910)

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Comment voyagez-vous ?

6 Août 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Comment voyagez-vous ?

L’été est la période propice aux voyages. Il y a toutefois différentes manières de voyager.

Vous pouvez voyager loin de chez vous et rester dans votre cadre, dans un environnement qui rassemble vos compatriotes, voire vos collègues (villages clubs d’entreprises). Vous pouvez voyager pour retrouver des pratiques ou des habitudes que vous aimez ou qui vous rassurent (faire de la bronzette, du bateau…). Vous pouvez aussi voyager près de chez vous en prenant simplement le temps de regarder autour vous (parce que vous êtes moins sous pression, que la circulation est plus fluide…). Il y a encore mille et une manières de voyager.

Dans une chronique parue dans Le Figaro, Luc Ferry donne deux bonnes raisons au goût de voyager.

D’abord, l’élargissement de l’horizon qui nous oblige à nous décentrer, à ouvrir les fenêtres sur le grand large, à nous arracher un instant à nos particularités d’origine, bref à quitter nos limites.

Ensuite, la singularité. À la différence de la particularité qui nous fait rechercher le spécifique local (artisanat, cuisine, etc.), la singularité, nous dit-il, est le particulier qui se fait universel, non pas commun et interchangeable, mais au contraire unique et unique, et cependant ouvert au monde. Un modèle en est l’œuvre d’art qui est à la fois particulière et liée à une époque, mais aussi universelle.

Luc Ferry va même plus loin en expliquant que la singularité, c’est aussi élargir son horizon, en s’arrachant à soi, à ses particularités d’origine et ainsi s’humaniser au travers de la communion avec autrui et de l’expérience des voyages.

Voyager nous y aide, mais comme évoqué plus haut, c’est ne pas nécessairement la distance ou l’exotisme qui y contribue, mais plus le fait d’aimer regarder autour de soi, comprendre, savoir, découvrir, …

L’été est là pour stimuler et favoriser la curiosité pour autrui. Après cela, je vous souhaite de garder ce regard tout au long de votre année dans vos trajets habituels, vos rapports avec autrui…

Alors, comment voyagerez-vous cet été ?

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