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Faut-il relancer le métier d'aboyeur ?

25 Septembre 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Faut-il relancer le métier d'aboyeur ?

« L’aboyeur apparut portant les signes distinctifs qu’exigeait sa fonction : une queue-de-pie noire dont les revers étaient reliés par une chaîne en argent, des gants blancs, une médaille épinglée au gilet, une baguette à pommeau d’ivoire. Il pouvait désormais recevoir le visiteur et clamer son nom dans l’assistance. Pendant le court instant que durait l’annonce retentissante de son arrivée, l’invité, tout à coup tiré de son anonymat, se sentait reconnu, honoré, c’était là sa minute de gloire. L’aboyeur avait ce talent de faire d’un inconnu un être d’exception : on lui soufflait timidement un nom à l’oreille, et de sa voix de stentor, il le restituait avec autorité. Le manant passait pour un souverain, le roturier pour un aristocrate, le quidam pour un notable. Le nom le plus banal, le plus commun, le plus familier, se voyait doté d’une particule invisible et d’un quartier de noblesse imaginaire.

Ce métier existait aussi dans l’Antiquité, on appelait cela un nomenclateur. Un esclave romain était chargé par son maître de lui nommer les notables qu’il était bon de saluer ou d’éviter afin de servir sa carrière. »

Un métier à relancer ?

Né en 1961, Tonino Benacquista voit en 1991, sa carrière d’auteur décolle avec « La Commedia des ratés » qui rafle trois prix littéraires. Il est, à date, auteur d’une vingtaine de romans, pièces et autres BD. Le texte ci-dessus est extrait de son livre « Nos gloires secrètes », un recueil de nouvelles.

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Hausse des salaires : êtes-vous équitable ou égalitaire ?

20 Septembre 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Hausse des salaires : êtes-vous équitable ou égalitaire ?

La grande majorité des organisations évaluent leurs employés sur une échelle de 1 à 4 ou 5. Bien plus, pour permettre une certaine « rationalité » et équité du système, le pourcentage de notes hautes (et basses) est contingenté. Tout se ramène à l’utilisation d’une courbe en cloche, appelée loi normale ou courbe de Gauss.

Satisfaisant sur le plan rationnel, cette approche a des limites

1. Personne ne veut être classé sur une échelle de quatre ou cinq points.

Les recherches en neurosciences montrent que, lorsque nous recevons une « note» ou «évaluation», notre cerveau passe en mode « de peur » et est en mode émotionnel défensif. La crainte de l’acte d'évaluation de la performance réduit les envies de performances.

2. Les talentueux sont découragés.

Compte de l’effet de la courbe en cloche, vous avez de plus grandes chances d’obtenir un « 2 »ou « 3 ». Si vous êtes plusieurs talentueux dans un groupe, le peu de chance d’obtenir une note maximum vous dissuadera de faire des efforts ou pire, vous incitera à partir.

3. Vous n’êtes pas très motivé aussi pour vous améliorer.

Comme le nombre de « 1 » est limité, vous avez aussi peu de chances d’être « punis ». Donc, vous êtes incité à travailler un peu, pas trop et sans nécessairement aider vos collègues. En un sens, le modèle récompense la médiocrité où chacun fait juste un travail correct.

4. La rémunération est inefficacement distribué.

Les gens croient souvent la courbe en cloche « équitable » parce qu’il y a un nombre égal de personnes au-dessus et en dessous de la moyenne. Mais équité ne signifie pas « égalité». Dans une véritable méritocratie, les gens les plus performants sont nettement mieux rémunérés et l’information est transparente à ce sujet : cela donne envie à chacun de surpasser. Cela signifie payer les gens en fonction de la valeur qu'ils offrent (pondérées par les salaires du marché et la rareté des compétences).

Il est donc temps de repenser la gestion du rendement dans votre équipe. Cela passe par la révision de votre philosophie de la performance. Est-ce que vous pensez que la valeur vos collaborateurs sont répartis selon la courbe de Gauss ou bien croyez-vous qu’il y a des talentueux à développer et récompenser (eu égard à leur retour) ?

Des recherches conduites en 2011 et 2012 par E. O’Boyle et H. Aguinis sur 633.000 personnes dans 198 institutions ou organisations révèlent que dans 94% des cas, la courbe de Gauss ne s’appliquait pas. Ces groupes suivaient la distribution de la loi de la Puissance connue aussi sous le nom de longue queue. Cette loi montre qu’il y a quelques très talentueux, beaucoup de moyens et un peu de peu performants. Vous me direz quelles différences avec la courbe de Gauss ?

  1. il y a plus de gens en dessous de la moyenne
  2. les très talentueux représentent une proportion très importante de la valeur de l’entreprise et il faut tout faire pour les garder
  3. Il y a aussi des personnes à la frontière de cette catégorie qui doivent être valorisées.

Dans ces conditions, la distribution de hausses de salaire (à montant égal) se doit d’être équitable (en rapport avec la valeur fournie) et non égalitaire.

C’est inadéquat avec l’attente de vos collaborateurs ? Possible, mais attendez-vous à de la médiocratie.

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Notre cerveau a des limites

11 Septembre 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Notre cerveau a des limites

Nous rêvons d’être efficace non-stop, de gérer plein de projets et d’être flexible (et d’avoir de tels collègues ou collaborateurs).

Pas de chance ! Notre cerveau a des limites. En fait, les tâches autres que répétitives se font dans le cortex préfrontal qui ne représente que 5% du cerveau et est énergivore.

Bien plus, les dernières études montrent que le cerveau est monotâche (pas de différence homme-femme) : le cerveau ne pense à qu’une seule chose à la fois. Et même si vous avez l’impression de faire plusieurs actions en même temps, c’est plus de l’ordre du réflexe et se traduit par une baisse de la qualité fournie. Au final, cela conduit à l’épuisement mental.

Comment faire pour éviter cela ? Quelques conseils de l’auteur.

  1. Organisez vos priorités quand vous avez l’esprit frais
  2. Visualisez vos tâches. Le cortex visuel est moins gourmand en énergie que le cortex préfrontal et évite de tirer sur ce dernier, d’où une augmentation de votre capacité à réfléchir.
  3. Décomposez votre journée en période de temps et favorisez les tâches complexes quand vous avez l’esprit frais.
  4. A ces moments-là, éliminez les distractions, y compris la musique.
  5. Utilisez tout votre cerveau (dans ses deux dimensions : rationnel et émotionnel). Les problèmes qui vous paraissent difficiles à résoudre le sont souvent parce que vous êtes trop concentré sur la manière de le résoudre. L’auteur présente une étude qui démontre que 40 % du temps, les personnes résolvent leurs problèmes de façon logique alors que dans 60 % des cas, la solution est apportée par une intuition. Il en est de même en période de stress où vous verrouillez une partie de votre cerveau.
  6. Enfin, accordez-vous des temps de rêverie. Une étude de l'Université de Colombie Britannique démontre que rêvasser stimule et accentue l'activité du cerveau.

Vous le saviez déjà ? Super…et vous le pratiquiez ?

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Savez-vos identifier vos cordes à singe ?

4 Septembre 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Savez-vos identifier vos cordes à singe ?

Moby Dick est le livre emblématique du romancier américain Herman Melville (1819-1891). Il raconte la course à travers le monde du capitaine Achab pour trouver et tuer le cachalot Moby Dick. Au-delà de cette histoire, le livre contient nombre de chapitres autour de l’histoire des baleines et cachalots, de la pêche et des baleiniers et de tous les outils et techniques à ce sujet. Parmi ceux-ci, un texte autour de la corde à singe. Le narrateur est un des marins. Il assiste ici un des harponneurs qui travaille sur le dos d’une baleine qui a été tuée et accrochée au bateau.

J’avais pour mission de l’assister lors de sa pénible acrobatie sur le dos de la baleine. Vous avez vu sans doute quelque Italien, avec son orgue de Barbarie, tenant un singe cabriolant au bout d’une longue corde. C’est ainsi que du flanc abrupt du navire, je tenais Queequeg (le harponneur) en bas dans la mer, au bout de ce que les baleiniers appellent une corde à singe, fixée à une forte bande de toile lui enserrant la taille. Cette situation comique était dangereuse pour tous les deux. Car la corde à singe était attachée à chaque extrémité, d’une part à la large ceinture de toile de Queequeg, d’autre part à mon étroite ceinture de cuir, de sorte que pour le meilleur et pour le pire nous étions tous deux momentanément unis. Que le pauvre Queequeg vînt à couler pour ne plus remonter, la coutume et l’honneur réclamaient à la fois qu’au lieu de couper la corde, je le suive dans la mort. Ainsi, nous unissait un long lien siamois. J’étais à ce point sensibilisé à ma situation que je l’envisageais sous un jour métaphysique et, tandis que j’épiais avec attention les moindres mouvements de Queequeg, il réapparaissait clairement que ma propre personnalité se fondait avec la sienne dans cette association, que mon libre arbitre avait reçu un coup mortel et que, si l’autre commettait une faute ou si le malheur s’abattait sur lui, je courrais, innocent, à un désastre et à une mort imméritée. Ré- fléchissant plus avant, tandis que, de temps en temps, d’un coup sec, je lui évitais d’être écrasé entre le navire et la baleine, méditant, dis-je, plus avant, je me rendis compte que ma situation était aussi l’exacte situation de tout être vivant, à cette différence près, dans la plupart des cas, que cette relation de Siamois joue d’une façon ou d’une autre avec un plus grand nombre d’individus. Que votre banquier saute, vous sauterez, que votre apothicaire mette par erreur du poison dans vos pilules, vous mourrez. Vous pourrez répondre qu’avec d’extrêmes précautions, vous pouvez échapper à ces mauvais sorts ainsi qu’à d’autres innombrables revers de la vie. Mais quelle que soit ma vigilance à tenir Queequeg au bout de la corde à singe, il lui imprimait parfois de telles secousses que j’étais bien près de glisser par-dessus bord. Je ne pouvais oublier non plus que, quoi que je fisse, je n’étais maître que d’une de ses extrémités.

Eh bien, eh bien, mon cher ami, me disais-je, tout en donnant du mou ou en halant la corde à chaque mouvement de la mer, quelle importance cela a-t-il après tout ? N’êtes-vous pas la précieuse image de chacun et de tous dans ce monde baleinier ? Cet Océan insondable où vous haletez, c’est la Vie, les requins (qui tournent autour de la baleine) vos ennemis, les pelles (que les autres marins brandissent pour éloigner les requins de la baleine) vos amies, et entre les requins et les pelles, vous êtes dans un bien dangereux pétrin, pauvre gars !

Et vous ? Avez-vous bien identifié les cordes à singe qui vous relient à d’autres (et les risques courus), les requins – ennemis et les pelles – amies ?

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