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Siddharta

27 Novembre 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Siddharta

Siddhartha est un roman philosophique d'Hermann Hesse (1877-1962) paru en 1922 en langue allemande. L'écrivain exprime dans ce livre son amour et sa sensibilité pour la culture, les croyances, les religions et les philosophies orientales auquel il est familiarisé grâce à sa mère, Marie Gundert, née en Inde, mais également aux multiples voyages qu'il accomplit en ces terres dans les années 1910

Quand tu jettes une pierre dans l’eau, elle descend vers le fond, par le chemin le plus court. Il en est de même quand Siddharta s’est proposé d’atteindre un but, d’exécuter un projet. Siddharta ne bouge pas ; il attend, il réfléchit, il jeûne ; mais il passe à travers les choses du monde comme la pierre à travers l’eau , sans rien faire, sans bouger ; attiré par son but, il n’a qu’à se laisser aller, car dans son âme plus rien ne le pénètre de ce qui pourrait le distraire […]. C’est ce que les sots appellent un charme, qu’ils attribuent à l’œuvre des démons. Rien n’est l’œuvre des démons, car il n’y a pas de démons. Chacun peut être magicien et atteindre son but, s’il sait réfléchir, s’il sait attendre, s’il sait jeûner.

Quand on cherche, il arrive facilement que nos yeux ne voient que l’objet de nos recherches ; on ne trouve rien parce qu’ils sont inaccessibles à autre chose, parce qu’on ne songe toujours qu’à cet objet, parce qu’on s’est fixé un but à atteindre et qu’on est entièrement possédé par ce but. Qui dit chercher dit avoir un but. Mais trouver, c’est être libre, c’est être ouvert à tout, c’est n’avoir aucun but déterminé. Tu es peut-être un chercheur, mais le but que tu as devant les yeux et que tu essaies d’atteindre t’empêche justement de voir ce qui est tout proche de toi.

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Regardez le monde autrement

20 Novembre 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Regardez le monde autrement

Notre contribution aux débats actuels sur le thème : comment surmonter les clivages et faciliter la vie entre gens de bonne volonté. Nous donnons la parole à Lilian Thuram* et à sa représentation du monde.

Extrait de son site** : "Les cartes que nous utilisons généralement placent l’Europe en haut et au centre du monde. Elle paraît plus étendue que l’Amérique latine alors qu’en réalité elle est presque deux fois plus petite : l’Europe s’étend sur 9,7 millions de kilomètres carrés et l’Amérique latine sur 17,8 millions de kilomètres carrés. Cette carte questionne nos représentations.

En effet, le géographe australien Stuart McArthur, en 1978, a placé son pays non plus en bas et excentré, mais en haut et au centre. Cette carte résulte aussi des travaux de l’Allemand Arno Peters, en 1974, qui a choisi de respecter les surfaces réelles de chaque continent. Il montre, par exemple, que l’Afrique, avec ses 30 millions de kilomètres carrés, est deux fois plus grande que la Russie qui compte 17,1 millions de kilomètres carrés. Pourtant, sur les cartes traditionnelles, c’est le contraire…

Placer l’Europe en haut est une astuce psychologique inventée par ceux qui croient être en haut, pour qu’à leur tour les autres pensent être en bas. C’est comme l’histoire de Christophe Colomb qui « découvre » l’Amérique, ou encore la classification des « races » au XIXe siècle qui plaçait l’homme blanc en haut de l’échelle et les autres en bas.

Sur les cartes traditionnelles, deux tiers de la surface sont consacrés au « Nord », un tiers au « Sud ». Pourtant, dans l’espace, il n’existe ni Sud ni Nord. Mettre le Nord en haut est une norme arbitraire, on pourrait tout aussi bien choisir l’inverse.

Rien n’est neutre en termes de représentation. Lorsque le Sud finira de se voir en bas, ce sera la fin des idées reçues. Tout n’est qu’une question d’habitude."

* Né en Guadeloupe en 1972, Lilian Thuram a connu une carrière prestigieuse de footballeur international : champion du monde en 1998, champion d’Europe en 2000, vice-champion du monde en 2006 ainsi que de nombreux titres en club. Après sa carrière Lilian Thuram a créé une fondation pour lutter contre le racisme.

**Pour en savoir plus : le site de sa fondation http://www.thuram.org/site/multimedia/

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Un message d'espoir : les trois cosmonautes

16 Novembre 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Un message d'espoir : les trois cosmonautes

En hommage aux victimes de Paris en particulier et des geurres en général, je leur dédie ce conte d'Umberto Eco.

Il était une fois la Terre et il était une fois la planète Mars. Les hommes qui habitaient sur la Terre auraient bien aimé aller sur Mars et sur les autres planètes, mais elles paraissaient si lointaines !

Malgré tout, ils se mirent au travail avec ardeur. Tout d’abord, ils lancèrent des satellites qui tournaient autour de la Terre pendant deux jours puis redescendaient. Ensuite, ils lancèrent des fusées. Au début, on mit des chiens dans ces fusées. Ensuite, on trouva des hommes courageux qui voulaient bien être « astronautes, cosmonautes ou taïkonautes ».

Un beau matin, trois fusées partirent de la Terre, de trois endroits différents. Dans la première, se trouvait un Américain, dans la deuxième, il y avait un Russe et dans la troisième, un Chinois. Chacun des trois voulait arriver le premier sur Mars pour montrer qu’il était le plus fort. Comme ils ne se comprenaient pas, ils se croyaient différents.

Ils étaient tous les trois très forts et arrivèrent sur Mars en même temps.

Ils descendirent de leurs astronefs … et découvrirent un paysage merveilleux mais inquiétant : le sol était sillonné de longs canaux pleins d’une eau vert émeraude.

Les cosmonautes contemplaient le paysage et s’observaient, mais chacun restait de son côté, tant ils se méfiaient les uns des autres. Puis la nuit vint. Il régnait un silence bizarre et la Terre brillait dans le ciel comme une étoile lointaine. Les cosmonautes se sentaient tristes et désemparés. Ils comprirent tout à coup qu’ils pensaient la même chose et qu’ils éprouvaient le même sentiment. Alors ils se sourirent, se rapprochèrent, allumèrent ensemble un grand feu, et chacun chanta des chansons de son pays. Cela les réconforta et, en attendant le matin, ils apprirent à se connaître.

Le matin arriva enfin. Il faisait très froid.

Soudain, un Martien surgit d’un bouquet d’arbres. Il était vraiment horrible à voir ! Il était tout vert, il avait deux antennes à la place des oreilles, une trompe et six bras.

Il les regarda et fit : « GRRRR ! » Dans sa langue, cela voulait dire : « Mon Dieu, qui sont ces affreuses créatures ? » Mais les Terriens pensèrent que c’était un cri de guerre.

Le Martien était tellement différent d’eux qu’ils ne cherchèrent ni à le comprendre ni à l’aimer. Ils tombèrent tout de suite d’accord pour l’attaquer.

En face de ce monstre, leurs petites différences ne comptaient plus. Quelle importance s’ils ne parlaient pas la même langue ? Ils étaient tous trois des êtres humains. L’autre non. Il était trop laid.

Et les Terriens pensaient qu’une créature aussi affreuse était forcément méchante.

Ils décidèrent alors de le tuer avec leurs désintégrateurs atomiques.

Mais tout à coup, dans le silence glacé du matin, un petit oiseau martien, sans doute échappé du nid, tomba sur le sol, tout tremblant de peur et de froid. Il piaulait désespérément, un peu comme un oiseau de la Terre. Il faisait vraiment pitié. L’Américain, le Russe et le Chinois, en le voyant, ne purent retenir une larme.

À cet instant se produisit un fait étrange. Le Martien lui aussi s’approcha de l’oiseau, le regarda et laissa échapper deux filets de fumée de sa trompe. Et les Terriens comprirent soudain que le Martien pleurait. À sa façon, bien sûr, comme pleurent les Martiens.

Puis on le vit se pencher sur l’oisillon et le prendre dans ses six bras en cherchant à le réchauffer.

Le Chinois se tourna alors vers ses deux compagnons. « Vous avez compris ? leur dit-il. Nous croyions que ce monstre était différent de nous, et voilà qu’il aime les animaux, qu’il est capable d’être ému. Il a un cœur, et certainement aussi un cerveau ! »

La leçon était claire : ce n’est pas parce qu’on est différent qu’on doit être ennemi. Ils s’approchèrent du Martien et lui tendirent la main.

Et lui, qui en avait six, serra d’un seul coup la main des trois amis et, de ses mains encore libres, leur fit un grand salut.

Puis, montrant la Terre, là-bas dans le ciel, il leur fit comprendre qu’il désirait y faire un voyage pour rencontrer ses habitants. Tout contents, les Terriens dirent oui à ce projet.

Et pour fêter l’événement, ils lui offrirent une petite bouteille d’eau bien fraîche qui venait de la Terre. Le Martien, tout heureux, aspira la boisson, et déclara que cette boisson lui plaisait beaucoup, même si elle lui faisait un peu tourner la tête.

Mais désormais les Terriens ne s’étonnaient plus de rien… Ils avaient compris que sur la Terre comme sur les autres planètes chaque être est différent des autres. Il suffit d’arriver à se comprendre.

Source : Umberto Eco ; Eugenio Carmi, Les trois cosmonautes et autres contes, Grasset-Jeunesse, 2008

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Ce que nous avons de plus beau

13 Novembre 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Ce que nous avons de plus beau

Mon grand-père régnait en patriarche sur sa tribu. Il avait des terres et pas d’ambition et ignorait que la longévité ne relevait pas de la fermeté des prises en main mais de la permanente remise en question de ses propres certitudes. […] Mon père ne voulait pas hériter de ses œillères. La condition de paysan ne l’intéressait guère ; il voulait être un artiste – ce qui signifie dans le glossaire ancestral un tire-au-flanc et un marginal. Je me souviens des engueulades anthologiques qui se déclaraient chaque fois que grand-père le surprenait en train de peindre des toiles […] à l’heure où les autres membres de la famille, grands et petits, se tuaient à la tâche dans les vergers. Mon père rétorquait, avec son calme olympien, que la vie n’était pas seulement sarcler, élaguer, irriguer et cueillir ; qu’elle était peindre, chanter et écrire aussi ; et instruire ; et que la plus belle des vocations était guérir. […]

Mon père était quelqu’un de bien. Il composait avec les choses comme elles venaient, sans fard, ni fanfare. Cela ne lui disait rien de prendre le taureau par les cornes et lorsqu’il tirait le diable par la queue, il n’en faisait pas une galère. Pour lui, les infortunes ne sont pas des épreuves, mais des incidents de parcours qu’il faut dépasser, quitte à en pâtir dans les minutes qui suivent. Son humilité et son discernement était un régal. Grâce à lui, alors que je grandissais sur une terre tourmentée depuis la nuit des temps, je refusais de considérer le monde comme une arène. […] Je ne croyais pas aux prophéties de la discorde et n’arrivais pas à me faire à l’idée que Dieu puisse inciter ses sujets à se dresser les uns contre les autres et à ramener l’exercice de la foi à une absurde question de rapports de forces. […]

Mon père me disait : « celui qui te raconte qu’il existe symphonie plus grande que le souffle qui t’anime te ment. Il en veut à ce que tu as de plus beau : la chance de profiter de chaque instant de ta vie. Si tu pars du principe que ton pire ennemi est celui-là même qui tente de semer la haine dans ton cœur, tu auras connu la moitié du bonheur. Le reste, tu n’auras qu’à tendre la main pour la cueillir. Et rappelle-toi ceci : il n’y a rien absolument rien au dessus de ta vie... Et ta vie n’est pas au-dessus de celle des autres. » Je ne l’ai pas oublié. J’en ai fait ma principale devise, convaincu que lorsque les hommes auront adhéré à cette logique, ils auront enfin atteint la maturité. […]

« On peut tout te prendre, disait-il : tes biens, tes plus belles années, l’ensemble de tes joies, et l’ensemble de tes mérites, jusqu’à ta dernière chemise – il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l’on a confisqué. »

Source : "Lattentat", Yasmina Khadra, Pocket, 2011

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Comment développer des réflexes communs ?

6 Novembre 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Comment développer des réflexes communs ?

Vous souhaitez que vous, vos collègues et / ou vos collaborateurs développent des réflexes communs d’entraide, de gestion des priorités, de service au client… voici les leçons à en tirer de la victoire des all Blacks lors de la coupe du monde de rugby.

Il a fait l’Italie, l’Afrique du Sud, l’Ecosse puis la France. Philippe Doussy, le coach de Grenoble, en Top14, explique pourquoi les All-Blacks (et plus généralement les équipes du Sud), sont plus doués techniquement que le reste du monde.

« Il ne faut pas croire que les All Blacks sont nés avec un don. Les Blacks, ils répètent et ils automatisent un geste en essayant de l’améliorer en vitesse d’exécution.

  1. Etre clair sur les attentes : il faut des règles, une loi, une philosophie. Dans le Sud, ils travaillent avec des principes : sur chaque geste technique y a deux ou trois paroles clés, par exemple la position du coude sur une passe.
  1. Pratiquer : Il faut répéter pour mémoriser, pour affiner. … En France, ils n’ont pas compris que les skills (compétences) c’est le rapport de l’homme avec le ballon. Ensuite, on leur met des « drills », des exercices où ils retrouvent en situation ce qu’ils ont travaillé préalablement avec le ballon. Mais en France, on les met directement en situation. Je peux la comprendre la situation, mais si je n’ai pas le schéma moteur pour y répondre, je suis mort…
  1. Répéter : dans la semaine ils ont des plages où ils répètent des choses, ça peut être des prises de balles aériennes pour les ailiers par exemple. Et chaque semaine ils retrouvent ce processus et plus je le fais plus j’ai confiance et plus je peux le reproduire en situation.
  1. Accepter le droit à l’erreur : le but est de donner de la confiance au joueur, faut que ça rigole. S’il est relâché il sera plus fluide dans son geste, s’il est stressé il ne sera pas productif. »

Vous commencez quand ?

Source : 20minutes.fr

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