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Demain, je deviens une personne du matin

27 Décembre 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Il y a les gens du matin et ceux du soir. Il y a ceux qui sont prêts à travailler dès l’aube et d’autres à qui on ne doit rien demander avant 11 heures (et encore), mais qui, le soir, sont très productifs. C’est lié à notre biorythme, mais cela a aussi un aspect culturel : dans les entreprises françaises (et notamment parisiennes), il est difficile de joindre les personnes avant 9h30 (il y a le café du matin !) mais les réunions de fin d’après-midi sont courantes. Aux USA, les salariés (dans les bureaux) commencent souvent vers 7h30 et terminent plutôt vers 17h.

Peut-on changer ? Peut-on devenir, si on est du soir, plutôt une personne du matin (pour toute bonne raison) ?

Deux témoignages (un tiré de la revue Medium (https://goo.gl/3v5QOH) et un autre d’un article publié sur Huffington Post (http://goo.gl/RkY5aZ).

John Zeratsky (sur Medium) voulait être d’attaque en arrivant tôt au bureau. Il se couche tôt et se lève très tôt (vers 6h00) et commence doucement en savourant son café sans regarder son portable. Il fait des tâches « automatiques » (faire la vaisselle, ranger…) pour laisser le temps à son organisme de se réveiller.

Marine Le Breton (post sur Huffington Post) a repris l’expérience et s’est aussi créée des routines : lever 6h, puis petit déjeuner, 10’ de méditation et 30’ de natation : « Après un tel rituel, je me sens apaisée, en forme. Le matin, j'arrive à boucler très rapidement un article, j'ai l'impression d'être plus productive que d'habitude. »

Son bilan, après quelques semaines (liste non exhaustive) :

Points négatifs:

· Ce désagréable sentiment d'avoir pris 50 ans d'un coup quand j'avais envie d'éteindre la lumière à 22h.

· L'impression de mettre sa vie sociale entre parenthèse. La perspective de se lever tôt le matin a quelque peu anéanti ma motivation à sociabiliser.

Points positifs:

· Cette sensation grisante de travailler quand tout est calme, qu'il fait encore nuit, loin de la précipitation matinale et du bruit qui règne parfois tard dans la nuit.

· Cette impression d'avoir déjà réussi sa journée alors même qu'elle n'a pas encore commencé.

· La productivité accrue tout au long de la matinée.

· Un meilleur sommeil.

Alors, les matinaux ont-ils raison ? Faut-il se coucher et se lever plus tôt, avoir une hygiène de vie différente… ?

Je laisse le mot de la fin à Marine : «Quantitativement, le positif l’emporte largement sur le négatif. Malgré tout, c’est une routine que je me vois mal appliquer quotidiennement à moins de devenir folle. Certains jours, ce n’est juste pas possible, à moins de se priver d’un concert, d’une sortie entre amis...).»

Vous connaissez maintenant la recette. A vous de choisir.

Bonne année 2016

Merci à Grégor Brandy (Slate) qui m’a fait découvrir ces posts.

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Que voyez-vous ?

18 Décembre 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Que voyez-vous ?

Pour (presque) clôturer l’année, nous vous proposons un test de psychologie.

Regardez bien la forme ci-dessus et répondez à la question suivante en notant la réponse sur un bout de papier, ou en la mémorisant clairement et distinctement. Que voyez-vous ?

(scrollez maintenant jusqu’en bas du papier pour avoir une explication)

(scrollez, oui, scrollez toujours)

(scrollez encore)

(vous y êtes presque)

Si vous avez répondu « un cercle », c’est que vous êtes plutôt tolérant et d’accord pour augmenter l’aide aux plus démunis.

Si vous avez répondu tout autre chose, en arguant de l’imperfection de la forme, de son asymétrie ou d’une autre raison, vous êtes certainement plutôt conservateur et vous voulez lutter sévèrement contre toute déviation des normes que vous estimez justes.

C’est en tout cas ce qu’avance une étude du « Journal of personality and Social Psychology » : « les personnes qui tolèrent qu’un cercle, un triangle, un rectangle ou toute autre forme ne soit pas parfaite sont aussi tolérantes à l’égard des personnes marginales ou hors norme de la société », résume dans le quotidien britannique « The Guardian », Ben Ambridge (Université de Liverpool).

Merci à Aude Lorieux (Slate.fr) qui a repéré cet article.

Le texte original pour les puristes (source : http://goo.gl/hln8cc )

Abstract

We propose that political differences in social policy support may be partly driven by the tendency for conservatives to show greater sensitivity to deviance than liberals, even among targets lacking social or functional relevance. In 3 studies, participants were shown geometric figures and were asked to identify the extent to which they were “triangles” (or circles, squares, etc.). More conservative participants reported greater differentiation between perfect and imperfect shapes than more liberal participants, indicating greater sensitivity to deviance. Moreover, shape differentiation partly accounted for the relationship between political ideology and social policy, partially mediating the link between conservatism and harsher punishment of wrongdoers (Studies 1 and 4), less support for public aid for disadvantaged groups (Study 2), and less financial backing for policies that benefit marginalized groups in society (Study 3). This effect was specific to policies that targeted deviant groups (Study 3) and who were not too highly deviant (Study 4). Results suggest that, in addition to commonly cited affective and motivational reactions to deviant actors, political differences in social policy may also be driven by conservatives’ greater cognitive propensity to distinguish deviance. (PsycINFO Database Record (c) 2015 APA, all rights reserved)

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Le dovex vous menace

11 Décembre 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Le dovex vous menace

Un constat médical : nous ne sommes pas faits pour rester asis sans bouger. La sédentarité devient un problème de santé publique et commence à faire parler d’elle.

Qui n’a jamais souffert de la tendinite de la tablette (basculer en arrière avec les bras tendus pour lire), de la lombalgie du smartphone (position pour regarder discrètement son smartphone) du TMS du SMS (les bras se collent le long du buste pour pouvoir tenir fermement le smartphone. Les épaules remontent et le cou s’enfonce) ou encore du syndrome de l’ordinateur portable (couramment adoptée pour travailler sur celui-ci, cette posture est aussi désignée par l’acronyme : “dovex”, pour dos voûté en extension. Après quelques heures, l’utilisateur fatigué repousse son portable vers le bord opposé du bureau. Il se penche donc en avant pour atteindre le clavier et appuie sa tête sur sa main libre pour regarder l’écran) ?

Cette sédentarité est reconnue par une somme d'études comme favorisant les cancers, le diabète ou tout simplement la fatigue. « Le fait de bouger fait circuler le sang et nettoie l'organisme, alors que l'immobilité fait monter son niveau d’oxydation », disent les médecins.

Du coup, un nombre croissant d'entreprises devraient s'équiper de bureaux « assis debout ». En Scandinavie, il est devenu normal pour les entreprises d’acheter de tels bureaux qui peuvent s'élever en appuyant sur un bouton jusqu'à 1,25 mètre de hauteur (Source IKEA). De quoi changer de posture régulièrement et ainsi garder la forme. Le fabricant de mobilier suédois le propose en France depuis quelque mois (679 €).

D’autres kinés préconisent les ballons pour s’asseoir (cela soulage les jambes de 25% du poids du corps) ou le travail sur tapis roulant (« Swiss ball » : un effet culbuto recommandé pour le dos)

En bref, prenez soin de vous (si votre entreprise ne le fait pas).

En savoir plus sur http://www.capital.fr/carriere-management/dossiers/demain-on-travaillera-debout-couche-1068025#wx5O275XHkzHIo2W.99

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L'enfer, est-ce vraiment les autres ?

4 Décembre 2015 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

L'enfer, est-ce vraiment les autres ?

« L’enfer, c’est les autres » : cette citation extraite de la pièce de théâtre « Huis Clos » (1944) de Jean-Paul Sartre (1905-1980) est souvent utilisée dans un sens différent de celui voulu par son auteur. Ce dernier fit quelques années plus tard un correctif. Et cela change tout… C’est nous qui sommes en cause, pas les autres !

J'ai voulu dire « l'enfer c'est les autres ». Mais « l'enfer c'est les autres » a été toujours mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'était toujours des rapports infernaux. Or, c'est tout autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut être que l'enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans. Quoi que je sente de moi, le jugement d'autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d'autrui et alors, en effet, je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu'on ne puisse avoir d'autres rapports avec les autres, ça marque simplement l'importance capitale de tous les autres pour chacun de nous.

Deuxième chose que je voudrais dire, c'est que ces gens ne sont pas semblables à nous. Les trois personnes que vous entendrez dans Huis clos ne nous ressemblent pas en ceci que nous sommes tous vivants et qu'ils sont morts. Bien entendu, ici, « morts » symbolise quelque chose. Ce que j'ai voulu indiquer, c'est précisément que beaucoup de gens sont encroûtés dans une série d'habitudes, de coutumes, qu'ils ont sur eux des jugements dont ils souffrent mais qu'ils ne cherchent même pas à changer. Et que ces gens-là sont comme morts, en ce sens qu'ils ne peuvent pas briser le cadre de leurs soucis, de leurs préoccupations et de leurs coutumes et qu'ils restent ainsi victimes souvent des jugements que l'on a portés sur eux.

À partir de là, il est bien évident qu'ils sont lâches ou méchants. Par exemple, s'ils ont commencé à être lâches, rien ne vient changer le fait qu'ils étaient lâches. C'est pour cela qu'ils sont morts, c'est pour cela, c'est une manière de dire que c'est une « mort vivante » que d'être entouré par le souci perpétuel de jugements et d'actions que l'on ne veut pas changer.

De sorte que, en vérité, comme nous sommes vivants, j'ai voulu montrer, par l'absurde, l'importance, chez nous, de la liberté, c'est-à-dire l'importance de changer les actes par d'autres actes. Quel que soit le cercle d'enfer dans lequel nous vivons, je pense que nous sommes libres de le briser. Et si les gens ne le brisent pas, c'est encore librement qu'ils y restent. De sorte qu'ils se mettent librement en enfer.

Vous voyez donc que « rapport avec les autres », « encroûtement » et « liberté », liberté comme l'autre face à peine suggérée, ce sont les trois thèmes de la pièce.

Je voudrais qu'on se le rappelle quand vous entendrez dire... « L'enfer c'est les autres ».

Source : présentation de la pièce par l’auteur, enregistrée sur disque par Deutsche Grammophon (vers 1965)

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