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Mieux apprendre de ses erreurs

29 Janvier 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Mieux apprendre de ses erreurs

Il y a des cas où vous êtes fautifs (et directement responsables) dans votre décision. Le reconnaissez-vous ou bien reportez-vous les fautes sur les autres, les circonstances extérieures ?

Cela dépend de chacun de nous, tout comme les conséquences. Disons que plus vous reconnaissez vos erreurs et plus vous êtes susceptible d’apprendre de vos erreurs et… de progresser.

Une étude publiée dans la Harvard Busines Review* a porté sur un cas d’apparence particuliere : la responsabilité partielle d’un échec.

Exemple : un patient décède lors d’une opération. Comment déterminer la part de responsabilité du chirurgien et celle liée à l’état du patient ? L’étude révèle que les chirurgiens (dans cette étude) apprennent beaucoup moins de leurs échecs que de l’échec des autres ou de leurs propres succès.

Cette ambiguïté de la responsabilité est plus fréquente qu’on le croit. En effet, cette attitude est très courante dans la vie en communauté, que ce soit en entreprise, dans notre vie sociale ou encore privée. Nombre de nos décisions et actions dépendent de nos collègues, fournisseurs, clients… Cela peut être lié à des informations défaillantes, des processus complexes ou encore à la pensée unique de la culture de l’organisation (liste non limitative de causes de mauvaises décisions). Ajoutez à cela la pesanteur culturelle française où on ne doit pas reconnaître son erreur (rappelez-vous la fameuse phrase : « Responsable mais pas coupable » de Georgina Dufoix, ministre de la Santé lors de l’affaire du sang contaminé, phrase prononcé en 1991)

L’erreur est humaine et il est illusoire de penser pouvoir les empêcher. Il vaut mieux avoir une culture positive de l’échec et en faire une source d’apprentissage.

Pas si simple ! Un exemple ? le PDG de Procter & Gamble, une entreprise sérieuse du monde de la grande consommation, n’a pas hésité à dire, écrire et répéter aux journalistes : « dans mon entreprise, 80% des projets échouent. Nous réussissons les 20% grâce aux leçons apprises ». Pourquoi le clame-t-il ? Tout simplement parce que le management en interne ne veut pas en entendre parler. Il a alors choisi de changer les esprits par le biais des médias.

Alors, comment y parvenir ? Amy C. Edmonson (références dans l’article cité ci-dessous) a beaucoup travaillé sur le sujet.

Son message : repérer les sources potentielles d’erreurs, remercier (positivement) celui qui les déclare, accepter le droit à l’erreur, se réunir pour analyser les situations, en tirer des leçons… et être dans une culture de progrès.

C’est en effet un phénomène collectif qui favorisera le changement d’esprit. Un rêve ? Peut-être, mais à portée de main. Un de mes clients le pratique et cela marche. En tout cas, l’exemple doit venir d’en haut (ce qui est le cas dans cette entreprise).

* https://goo.gl/gs3q14

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2016 : l'année "dé" ?

22 Janvier 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

2016 : l'année "dé" ?

Certaines personnes jouent aux cartes, d’autres misent sur les chevaux ou encore sur la roulette. Luke Rhinehart (de son vrai nom Georges Cockcroft [1932- ]) est un écrivain américain dont le livre le plus connu est « l’Homme-dé » roman semi autobiographique racontant l’histoire d’un homme jouant le destin de sa vie aux dés (livre paru en 1971 et disponible aux Editions de l’Olivier, 2014).

Petit résumé : un psychiatre, Luke Rhinehart, bien intégré dans la société, prend un jour conscience du vide sidéral de sa vie et décide de transformer son existence en un immense jeu de hasard : il laisse de simples dés prendre pour lui toutes les décisions de son existence. Très vite, le "syndrome du dé" se répand dans la population. Et les autorités s'inquiètent.

Je ne vous en dis pas plus sur le livre et vous laisse le découvrir.

Quelle est la technique de l’auteur ? Il y a six règles à suivre

  1. Listez six actions possibles pour la décision à prendre
  2. Ne listez pas une option que vous ne voudriez pas réaliser
  3. Souvenez-vous : le résultat d’un pari perçu comme « défavorable » peut être juste un cadeau des dieux de la chance qui vont faire de vous un grand gagnant
  4. Parmi votre liste d’option, prenez toujours au moins une action à long terme, car dans la vie une telle action peut tout transformer.
  5. Chaque jour, lancez votre dé pour déterminer si vous pariez ou non ce jour-là.
  6. Ignorez régulièrement les quatre règles précédentes.

Cette approche a un bon côté : vous faire sortir de votre zone de confort, vous aider à oser prendre des risques et à changer vos habitudes. Des choses surprenantes et positives peuvent vous arriver.

Ses limites : à vouloir se libérer du carcan social, vous ne faites que le remplacer en vous enchaînant cette fois-ci à des dés. Ce sont eux qui gouvernent et dirigent votre vie faisant de vous un esclave et votre vie devient chaotique.

Alors, prêt à utiliser le dé pour décider ? Prenez un dé pour vous décider !

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Free ! (dans le sens de "gratuit")

15 Janvier 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Free ! (dans le sens de "gratuit")

Chris Anderson, ancien rédacteur en chef de Wired et à l’affût des nouvelles tendances, a démasqué dans ce livre (Free, éditeur Champs, 2014) la logique du gratuit.

Si vous utilisez Google ou Facebook, vous avez le sentiment de ne rien payer. Pourtant, vous vous êtes peut-être interrogé pour savoir comment ces sites vivent (et vivent bien) sans rien vous faire payer. Selon une formule attribuée à Tim Cook (patron d’Apple) « si vous ne payez rien, c’est que c’est vous êtes le produit ».

En clair : votre navigation sur leurs sites leur permet de collecter plein de données sur vos goûts, centres d’intérêt, habitudes…

Ces données sont revendues à des entreprises qui pourront vous envoyer de la publicité, faire des publicités sur les sites que vous consultez… Rien de bien grave si vous acceptez le jeu du gratuit contre quelques publicités. Plus inquiétant, on peut vous influencer en orientant les publicités et les informations (Facebook a avoué avoir fait des tests).

« Bon, et après ? » me direz-vous. Avons-nous vraiment le choix ? Sur internet, oui, parce qu’il existe des sites qui masquent votre adresse (comme HMA) et limitent l’envoi de données.

Dans la vie (professionnelle) courante, cela peut être aussi une source d’inspiration. Nombre de postes (et notamment de cadres) sont des postes où transite de l’information et où votre valeur ajoutée est d’enrichir ces transferts. Je pense par exemple aux chefs de projets qui impulsent, coordonnent et amalgament des données de différents experts. Le résultat de leur travail n’est pas tant lié à leur savoir qu’à leur capacité à jouer les courroies de transmission et à faire circuler de l'information dans leurs réseaux de relations.

Il n’y a qu’un pas pour imaginer d’étendre vos réseaux (au sein et en dehors de l’entreprise) et faire l’intermédiaire entre différents services ou managers. Ce n’est pas nouveau mais les outils modernes permettent de démultiplier la démarche : avant, vos contacts étaient limités à ceux que vous rencontriez. Aujourd’hui, mails et messagerie vous permettent d’étendre votre réseau. Avant, le réseautage, c’était l’apanage des extravertis. Aujourd’hui, internet ouvre la voie aux introvertis.

Comment faire fortune ? En tirant parti des informations glanées à droite et à gauche pour hâter la réalisation d'actions, le retour d’informations à vos managers et / ou collaborateurs, en bref, à vous démarquer en vous mettant en avant comme facilitateur.

Cela peut accélérer votre carrière dans des organisations de plus en plus transverses (et complexes). Et, en plus, cela ne vous coûtera rien ! Sceptique sur le gratuit ? Relisez l’article (ou le livre). L'intermédiation, un métier qui monte.

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Nos rituels, d'apres une histoire vraie

8 Janvier 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Nos rituels, d'apres une histoire vraie

Un bref extrait du livre de Delphine de Vigan, éditions JC Lattès, 2015, Prix Renaudot.

« Nul être ne pouvait survivre dans notre société sans développer un certain nombre de rituels dont il n’avait pas conscience. L. constatait par exemple que nous avions tous des périodes alimentaires. Elle m’invitait à réfléchir à mon petit déjeuner. Était-il toujours le même ? Je reconnaissais en effet en avoir modifié la composition habituelle à plusieurs reprises. J’avais eu une période tartines + yaourt, une période céréales + tartine, une période céréales + yaourt, une période brioche tout court… A vingt ans je buvais du thé, à trente du café, à quarante ans de l’eau chaude…

De même, L. constatait qu’un certain nombre de gestes de notre vie quotidienne s’effectuaient dans un ordre immuable sans que cela fasse l’objet d’une décision ou d’une réflexion. Ces séquences, selon elle, relevaient de stratégies que nous mettions e œuvre de façon plus ou moins consciente pour survivre. Nos tics de langage, loin d’être fortuits, révélaient mieux que n’importe quel discours la manière dont nous étions en mesure, à un instant T., de nous adapter aux contraintes majeures de notre environnement (ou de leur résister). »

J’ai choisi cet extrait parce que je me pose des questions depuis longtemps sur nos rituels. Ils nous permettent de survivre (dixit l’héroïne), mais ils nous permettent aussi de réfléchir à autre chose… tout en faisant des actes mécaniquement. Ils ont aussi une fonction sociale de partage et d’échanges (je pense notamment aux mots « partagés » en entreprise où une dizaine ou une quinzaine de mots permettent de créer un « club » entre membres d’une même équipe, d’un même service ou d’une même entreprise. Le jargon technique avec ses abréviations au sens caché pour les non avertis en est un bon exemple.

Dans un monde où tout semble aller très vite et où l’urgence prédomine (répondre tout de suite aux mails, être accrocs du portable, agir avant de réfléchir, courir…), la notion de rituel nous montre que nous pouvons avoir une approche différente du temps. Si le rituel favorise la course à l’urgence (parce que nos faisons plus vite des actes mécaniques), il nous permet aussi d’apprécier le temps « long ». Nous avons (et savons) changé de rituel. Cela prend trois semaines pour changer un (petit) rituel. Après, il se ritualise, que ce soit à propos du petit déjeuner, d’un itinéraire ou d’un rapport au travail.

Plus intéressant, changer de rituel l’un après l’autre, toutes les semaines, peut faire qu’en quelques mois, nus avons changé souvent plus profondément qu’à la suite de bonnes intentions (prises au retour de vacances) souvent vite abandonnées.

En ce début d’année, donnez-vous un objectif à six mois sur comment vous aimeriez vivre vos journées, être en relation avec les autres… et changez une routine toutes les trois semaines. Le chemin est pavé de plein de petites étapes qui, mises bout à bout, vous conduiront au succès.

Bonne route !

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L'intelligence collective, c'est l'avenir

3 Janvier 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

L'intelligence collective, c'est l'avenir

« Père Noël, vous avez 33 heures (compte tenu des fuseaux horaires) pour délivrer tous les cadeaux dans le monde entier. Or, depuis cinquante ans, le nombre d’enfants a augmenté de 60% et cet accroissement s’est fait surtout dans des pays très loin de vos bases. Comme vos rennes ne peuvent guère aller plus vite et que votre traîneau est de plus en plus lourd, votre système de livraison est condamné à moins que vous n’accordiez une plus grande place à la technologie : calcul par GPS des itinéraires, entrepôts régionaux de stockage, accords locaux pour les échanges…»

Très fier, un collaborateur d’Hercule Martin* présente au Père Noël la synthèse des travaux réalisés en équipe sur le thème : « la technologie peut-elle sauver le Père Noël ? »

Le Père Noël applaudit des deux mains et félicite l’équipe : « Merci pour toutes ces idées. Tout cela est utile, mais il y a un préalable pour que cela fonctionne.

En effet, j’ai constaté que toute équipe (et j’y inclus mes rennes et mes lutins) peut perdre, avec le temps, un peu de son enthousiasme chaque année. Donnez de l’attention, de l’humanité et manifestez de la compréhension pour redonner du souffle à chacun.

Favorisez le travail en équipe : que chacun se sente libre et reconnu d’apporter son regard et sa créativité. Retenez que c’est dans le travail collectif que les petites idées font les grandes rivières.

C’est ainsi que les rennes et les lutins parviennent chaque année à m’aider à réussir mon action de la nuit de Noël. C’est aussi grâce à l’aide de tous les parents du monde et des distributeurs de jouets que nous réussissons à organiser des points locaux et le S.A.V.

S’ils ne croyaient pas en mon projet m’aideraient-ils autant ?

Alors arrêtez de porter le monde sur vos épaules ou de vous reposer uniquement sur la technique. Oui, la technologie peut m’aider ! Je suis aussi convaincu que la motivation de tous passe d’abord par l’intelligence collective !

Et, c’est sous les applaudissements de tous, que le Père Noël prit congé de ses amis.

* Chaque année, le Père Noël s’invite au pot du nouvel an organisé par Hercule Martin, Manager, pour son équipe. (cf. notre billet pour 2015 http://goo.gl/xFCgKO ).

Inspiré librement d’un billet de Frontier Economics

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