Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Je marche, je médite

26 Février 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Je marche, je médite

Lorenzo Lunar la vie est un tango (Folio)

Il y a des gens qui partent à la campagne pour méditer. Cela se fait pas mal, actuellement. Il y a aussi des types qui se disent férus de religion hindoue et qui grimpent la colline du Capiro, dans les environs de Santa Clara, à midi ; ils s’assoient par terre pour prendre le soleil sur le caillou et méditer.

Il y en a qui, toujours pour méditer, s’offrent le luxe d’écouter de la musique, avec des écouteurs pour que personne d’autre n’entende, barricadés dans une pièce, parce que c’est très personnel. Ça, c’est pour ceux qui peuvent se le permettre.

J’ai à peine le temps de réfléchit à mes histoires de boulot. Et, évidemment, encore moins de m’épancher sur mes problèmes personnels. C’est vrai que du coup je les mélange souvent, ou disons plutôt qu’ils s’entremêlent et que je dois composer avec.

En fait, le seul moment où je peux penser à tout ça, ou à autre chose d’ailleurs, c’est aux toilettes ou sous la douche.

Qu’est-ce que la méditation ? C’est faire la différence entre « voir (un ensemble) » et « regarder (quelque chose en particulier ». Cela consiste à mettre son esprit « ici et maintenant » en regardant, écoutant, sentant ce qui se passe autour de soi.

Pourquoi méditer ? Pour apprendre à décompresser. C’est non seulement à la mode, mais cela devient une tendance de fond. Le meilleur exemple ? Mc Kinsey publie cette semaine des articles sur le « well being at work » et l’importance de bien dormir avec des conseils aux dirigeants pour faciliter le sommeil de leurs collaborateurs. Cela n’est pas du à n moment de charité : cela rend les entreprises plus profitables.

Comment méditer ? On imagine souvent qu’il faille se mettre en position de lotus. Mais vous pouvez méditer assis sur une chaise ou simplement en marchant.

Que faire ? Marchez droit, avec le corps relâché. La vitesse importe peu. Inspirez sur un trois ou quatre pas et expirez sur le même nombre de pas. Vous pourrez, avec le temps, augmenter le nombre de pas à l’inspiration (et à l’expiration). L’important est d’être à l’aise, sans essoufflement.

Pour éviter de « regarder » (et donc de vous concentrer sur un point ou une idée), restez centré sur votre souffle.

Qu’allez-vous y gagner ? votre capacité respiration va s’améliorer et votre système nerveux se renforcer.

Alors, qui n’a pas dix ou quinze minutes de marche à faire chaque jour pour aller (ou revenir) au travail, pour circuler dans la journée ? Vous ne deviendrez pas ainsi tel que le héros du livre ci-dessus.

Lire la suite

Sommes-nous tous Cubains ?

19 Février 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Sommes-nous tous Cubains ?

Senel Paz est un auteur cubain contemporain. Dans son roman « Sous un ciel de diamants » (Actes Sud, 2008), il décrit la vie de deux jeunes lycéens dans les années 60 à la Havane.

Voici un extrait qui m’a interpellé, tant sa description me rappelle la vie en entreprise d’aujourd’hui. Sommes-nous tous des socialistes cubains ?

Tout le monde émettait des jugements sur tout le monde… et ces opinions allaient grossir un dossier, TON dossier qui te suivrait toute ta vie comme une seconde ombre, et si un jour tu manifestais l’envie d’acheter une voiture, par exemple, on commencerait par examiner ton dossier où en étaient tes mérites, et l’acquisition du véhicule ou de n’importe quoi dépendrait plus de cette consultation que de tes disponibilités.

Par ailleurs, avoir un bon dossier n’était pas la mer à boire. Tu devais montrer que tu avais une personnalité comme tout le monde. Pas question de jouer les introvertis, les différents ou spéciaux. Les introvertis, ils sont cachent quelque chose ; les spéciaux, ils sont prétentieux et les différents, francophiles (sic)... Tu t’entendras bien avec ceux d’en haut, mais aussi avec ceux d’en bas. Ces derniers diraient en A.G que tu les traitais d’égal à égal et que tu t‘intéressais à leurs problèmes.

Une autre qualité était ta disposition à être volontaire pour n’importe quoi et n’importe quand. Ensuite, tu t’arrangerais pour que ton chef, avec qui tu entretiendrais d’excellentes relations, te considère irremplaçable à ton poste, car pour les campagnes de ce genre, c’est l’intention qui compte.

Il est déterminant qu’on ait connaissance de ta conviction profonde et absolue concernant la supériorité et l’irréversibilité du socialisme, car le moindre doute à ce sujet serait gravissime, et une fois établi particulièrement difficile à dissiper. […] Comme il ne s’agissait pas d’être accusé de dogmatisme ou d’avoir un bandeau sur les yeux, tu pourrais admettre en petit comité, entre camarades et personnes de confiance, que notre société n’est pas parfaite, tu reconnaîtrais même les erreurs, comme l’invasion de la Tchécoslovaquie, mais toujours à propos de l’Europe de l’Est, jamais à propos de Cuba.

Lire la suite

Jouer collectif

12 Février 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Jouer collectif

Nous avons abordé dans un billet précédent (http://www.dalett.com/casser-ses-peurs/ ) , les échanges lors d’une table ronde des Anciens de l’Insead sur la résilience.

Toujours issus de cette même réunion, quelques mots sur l’importance de collectif dans la résilience.

Mais d’abord, un extrait de notre livre « Partageons comme.. » sur la coopération chez les animaux (disponible en format Kindle sur Amazon)

Un merveilleux exemple de la puissance de la diversité et de la complémentarité est la coopération entre gnous, zèbres, autruches et girafes dans la savane africaine. Ils font le meilleur usage des forces de chacun. Le gnou a un bon odorat mais entend moins bien. Le zèbre a une bonne ouïe. Les autruches et les girafes y ajoutent une bonne vision en hauteur.

Non seulement, ils peuvent coexister autour d’un même point d’eau, mais aussi, ils ne recherchent pas tous les mêmes plantes ou la même partie de ces plantes, certains préférant les pousses tendres, d'autres les tiges plus robustes ou les larges feuilles, d’autres encore les feuilles en hauteur plutôt que l’herbe.

Quel lien avec la résilience ?

La résilience n’est pas un don ou une maladie, c’est quelque chose que chacun a en soi, avec plus ou moins de force. En fait, la résilience dépend d’abord de son caractère et de son tempérament à réagir, mais aussi et surtout sur ses expériences passées qui peuvent nous y avoir préparé. Si vous avez déjà eu des problèmes plus ou moins importants, vous avez eu l’occasion de réagir et de développer, à l’imitation d’un vaccin, des « anti-corps » qui vont développer votre capacité à la résilience.

Un des orateurs expliquait qu’il avait eu un parcours linéaire de 20 ans en entreprise, puis avait créé sa propre entreprise (avec l’appui de sa maison-mère, avant de tout perdre suite à un retournement brutal de conjoncture en 2008. Habitué au succès constant, il avait d’autant plus mal vécu le « choc ». Il s’en sorti d’une part en acceptant de faire le point et de se faire aider (c’était l’objet du billet précédent), et d’autre part grâce à l’environnement qu’il s’était construit autour de lui.

Nous vivons aujourd’hui dans un environnement qualifié de « VACU » par les anglo-saxons (Volatil, Uncertain, Complexe et Ambigüe). Nous ne sommes pas seul à le vivre ainsi. Pour mieux l’affronter et le supporter, nous devons développer notre jeu d’équipe.

Comment ?

  • Développer votre attitude de collaboration, que ce soit en la pratiquant ou en la favorisant (lorsque vous êtes responsable d’un projet, par exemple) ;
  • Créer du lien en partageant avec autrui : sachez dépasser l’attitude purement professionnelle et intéressez-vous aux autres.
  • Faites preuve de solidarité. Cela veut dire avoir un esprit d’équipe et d’entraide.
  • Respectez vos collègues, tant que dans leurs forces que dans leurs limites (nous en avons tous). N’entrez pas dans les jeux de ragots négatifs qui peuplent notre quotidien.

Cela peut vous paraître banal et pourtant nous n’avons pas appris cela à l’école et la montée de l’individualité ces dernières années, tant dans la vie sociale que professionnelle, font paraître ces attitudes comme naïves.

Dans le cas de la personne citée plus haut, qu’elle n’a pas été sa surprise, quand il était au fond du trou, de voir des personnes de son entourage, avec lesquels il avait développé ces attitudes, venir le soutenir et l’aider à en soutenir.

Alors, que pouvez-vous faire, à l’issue de la lecture de ce billet pour développer vos actions dans ces domaines ?

Lire la suite

Casser ses peurs

5 Février 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Casser ses peurs

« Pendant des années et des années, j’ai essayé de me dégager de toute la m… qui s’était accumulée sur moi. Et ce n’était pas facile. Quand on a passé ses quatre premières décennies à être le gars docile, à l’échine souple, qui gobe tout ce qu’on lui raconte, il devient quasiment impossible d’apprendre à dire « non ». Mais moi, je parviens toujours… enfin, presque toujours à obtenir ce que je veux. Tout ce qui compte, c’est de désirer quelque chose. Quand tu éprouves ça, fortement, tu es déjà sur le bon chemin.

A quarante ans, il est encore temps de laisser tomber la routine, l’angoisse aussi stérile qu’envahissante et de commencer à vivre autrement. Seulement, presque personne n’ose franchir le pas. Continuer la même chose, jusqu’à la fin, c’est plus rassurant. J’avais trois options devant moi : m’endurcir, devenir dingue ou me suicider. Le choix était facile : il fallait que je m’endurcisse » (Extrait du roman de Pedro Juan Guttierez, Trilogie sale de La Havane, collection 10/18)

L’association des Anciens de L’Insead a organisé le 27 octobre une conférence sur la résilience.

Pour les orateurs, la résilience, c’est de « ne pas rester prisonnier de son adversité, du système dans lequel on s’enferme ». Cela consiste à casser ses peurs, oser prendre des risques. La résilience ne s’applique seulement aux personnes qui sont confrontées à une situation nouvelle souvent perçue comme difficile, mais aussi ceux qui, à l’issue d’une longue maturation, en viennent à ne plus supporter la situation présente.

La résilience passe d’abord par une dimension personnelle.

Cela suppose d’abord bien se connaître et se reconnecter avec soi-même. Nous n’utilisons que 20% de nos compétences et nous ne savons pas toujours tirer parti de notre richesse intérieure.

La deuxième clé est de s’entourer de gens compétents (que ce soit des mentors ou des coachs) pour prendre conscience de sa situation et en sortir par le haut (regagner l’estime de soi…et des autres, se projeter dans le futur).

La troisième clé (qui marque le terme du processus) est de se sentir plus fort qu’avant.

Ce n’est pas une question d’intelligence, mais d’honnêteté avec soi-même et de remise en cause. Certains y parviennent plus facilement que d’autres (les femmes seraient plus aptes à se remettre en cause, dixit les orateurs), quand d’autres répètent inlassablement les mêmes erreurs.

Lire la suite