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Achetez des livres et ne les vendez jamais !

29 Juillet 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Achetez des livres et ne les vendez jamais !

Ce texte est extrait du livre de Didier Long illustré ci-dessus. Didier Long, que je découvre au travers de cet ouvrage, est un personnage : après avoir été 10 ans moine bénédictin, il quitta les ordres, devint consultant chez McKinsey et a depuis créé sa propre société sur le conseil sur internet (je ne vous révèle qu’à peine 5% de ce que vous trouverez dans son livre).

Au-delà de son propre parcours, il décrit des rencontres avec des personnages étonnants qu’il prend le temps d’écouter.

Ici, ce qui m’interpelle est un dialogue de Didier Long avec un rabbin (ancien enseignant).

Ce dernier lui disait : « Achète des livres et ne les vends jamais. Si votre enfant vit au milieu des livres, il ne mourra pas spirituellement. Tu le « construiras ». Il faut construire la confiance qu’un enfant doit avoir en lui-même. Sans ce capital humain, il ne peut pas se développer et grandir. Pour pouvoir apprendre, il faut trouver la sécurité qui permette qui permet de capitaliser la connaissance et d’innover à son tour.

Il faut rassurer, aimer, accompagner l’émotion de l’enfant. Non pas lui dire : « arrête de pleurer, ça ne va pas ressusciter ton chat ! » mais « Ton petit chat est mort, c’est très triste, tu as raison » et accompagner les émotions de l’enfant pour parler et avancer avec lui.

A l’école, l’enfant attend de l’enseignant la confirmation ou l’infirmation des paroles de ses parents. Pour lui, c’est vital ! Alors, si un père dit « Tu es nul » et que l’enseignant le confirme, c’est fini !

Arrêtez de prendre les bulletins de note de vos enfants pour vous, vos enfants ne sont pas chargés de devenir le chirurgien que vous n’avez pas réussi à être. »

Et Didier Long de continuer (en parlant de lui-même) : « j’ai toujours maintenu l’étude dans ma vie, malgré ma suractivité. J’ai appris du frère Matthieu au monastère. Je lis ; écris et étudie tous les soirs. J’accède alors à ces riches ressources comme un chameau en plein soleil à l’eau de ses bosses ».

Bien sûr, me direz-vous, vous élevez vos enfants comme cela, et vos managers au bureau en font de même avec vous à votre travail (comme vous-même, le faites avec vos collaborateurs). Je suis sûr que vous ne pouvez pas imaginer si cela ne se passait pas ainsi.

Cela peut-être un thème de réflexion pour vos vacances.

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Pokemon go et la gamification de l'apprentissage

22 Juillet 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Pokemon go et la gamification de l'apprentissage

Qu’est-ce que Pokemon go ? Pokémon GO propose à ses joueurs d'attraper des petites créatures (virtuellement) dans la vraie vie (pas encore disponible officiellement en France).

Le créateur du jeu tire parti des outils de géolocalisation et de l'appareil photo présents sur smartphone pour renouveler l'expérience de ses joueurs. Le joueur se déplace réellement dans les rues pour avancer dans le jeu : son écran lui affiche une carte interactive de l’environnement réel. Il doit évoluer sur cette carte à la recherche de Pokémon.

Concrètement, l’appareil photo superposera les Pokémon à l’environnement réel, il sera donc possible de voir un Pokémon sur un bureau ou dans la rue.

Pokémon Go n’est pas le premier jeu en réalité augmentée mais c’est le premier qui rencontre un tel succès.

Il y a eu dans le passé de tels jeux, mais ils étaient sur ordinateur et le joueur était confiné chez lui. Aujourd’hui, avec Pokémon Go, cette frontière n’existe plus. Un joueur devra concilier sa vie réelle (travail, sorties, études) et sa vie virtuelle. Le seul moment où il pourra jouer, c’est le moment où il sera actif. À chaque fois qu'il sortira, il sera tenté de sortir son téléphone pour "scanner" la zone. Et Pokémon Go va donc venir empiéter sur le temps qui est consacré à sa vie sociale ou à son travail.

Cela confirme et renforce trois tendances

· La première est le mélange du réel et du virtuel avec l’avantage de développer l’imagination, mais aussi le risque d’oublier le réel. La vie n’est pas un cinéma.

· La deuxième est la montée de la « gamification », autrement dit du jeu. Adieu la concentration et l’apprentissage descendant. Les apprenants (et pas seulement les jeunes) veulent apprendre en se distrayant, en s’amusant. Ils ont raison dans le sens où ils veulent trouver du sens et du plaisir dans leurs apprentissages, mais attention aux revers : perte de concentration, approches superficielles…

· Le troisième est le besoin d’adaptation de notre enseignement (que ce soit à l’école ou en formation continue) à de nouvelles demandes en termes d’apprentissage. Cela suppose une forte adaptation des sachants (et des programmes).

Attention ! Ce n’est ni un phénomène purement générationnel (même si les jeunes y sont plus habitués), ni un phénomène lié au savoir. Il y a toujours eu des personnes qui apprennent puis comprennent, et d’autres qui ont besoin de « jouer » pour apprendre. Sauf que la tendance, depuis quelques siècles, qui favorisait l’apprentissage par cœur s’inverse. La limite ? Tout ne s’apprend pas par le jeu. Il y a des règles (techniques ou de vie en société) qui s’apprennent avant d’être comprises. Après tout, la vie en société, c’est le partage de règles avec lesquels nous ne sommes pas forcément d’accord, mais qui ont l’avantage de donner un cadre commun.

Au-delà de la gamification de l’apprentissage, c’est tout notre mode de vie en société qui est bousculé.

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La qualité : quelle qualité ?

15 Juillet 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

La qualité : quelle qualité ?

La qualité, tout le monde en parle, mais le sens est-il le même pour tous ?

La notion de qualité, voire « qualité totale », telle qu’elle est présentée dans le management du XXIe siècle peut paraître, à un premier abord, universelle. Néanmoins, les facteurs cultuels interviennent à ce niveau […].

La philosophie américaine se résume en quelques phrases : prendre des risques, essayer, faire des erreurs, expérimenter, essayer à nouveau jusqu’à ce qu’on arrive au résultat visé. Si tout ne réussit pas du premier coup, ce n’est pas grave. L’important c’est de persévérer et d’avancer petit à petit vers le but final. La persévérance est en l’occurrence encouragée, de même que la créativité.

La haute qualité en France est indiquée par l’image, les propriétés esthétiques d’un produit ou le temps écoulé pour obtenir le produit final. Sa fonctionnalité et son utilité jouent un rôle secondaire. Une belle écharpe en soie ne sert pas toujours à se protéger contre le froid. Cela indique plutôt une certaine classe sociale, un certain goût pour l’esthétique et la culture. De même, bon nombre de Français considèrent qe plus l’on passe de temps à fabriquer un produit, plus sa qualité est haute.

Au Japon, la qualité est synonyme de perfection. Fabriquer un produit de qualité inférieure est insensé selon la mentalité japonaise. C’est pourquoi beaucoup de Japonais font volontairement des heures supplémentaires, en vue d’obtenir un produit de qualité totale. La moindre erreur serait une honte pour la compagnie.

La qualité des relations humaines joue un rôle extrêmement important dans la société nippone. Personne ne doit se sentir gêné ou embarrassé, quelle que soit la situation, voire la faute commise, d’où la tendance des Japonais à dissimuler leurs sentiments.

Pour les Allemands, faire de la haute qualité signifie faire preuve de précision. Tout doit être réalisé selon des instructions bien précises, des recettes anciennes ou des procédures bien définies qui ont déjà fait leurs preuves dans le passé.

Et pour vous ?

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Pouvoir, argent et gloire...

7 Juillet 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Voici une belle et inspirante vidéo de la remise des diplômes le mois dernier à HEC. Un discours d’Emmanuel Faber, Dg de Danone.

Il se trouve qu’au même moment où je découvrais cette vidéo (merci Lolic), je lisais ce texte dans un livre de Guy Corneau :

« Les gens en crise nous rendent service. Ils nous aident. Ils nous rappellent que quelque chose ne va pas dans la construction sociale. Comment se fait-il qu’au lieu d’évoluer dans une société qui sert la partie vivante et lumineuse des êtres humains, nous nous trouvons pris dans des formes d’organisations collectives qui nous contrôlent de plus en plus ?

Oui, les vieux peinent à monter dans les autobus, les fous soliloquent dans les rues, les sans-abri sentent mauvais et ceux qui font la manche nous harcèlent. Mais peut-être ces gens nous rendent-ils l’immense service de retarder notre marche triomphale vers la mort en nous rappelant que nous sommes d’abord et avant tout des êtres humains.

Ceux qui n’ont pas de mots nous invitent à redécouvrir que tous les êtres sont égaux parce qu’ils participent tous de la même nature universelle. Ils contestent à leur façon des organisations qui étouffent la créativité des êtres et qui les éloignent de leurs idéaux pour obéir à des normes. »

(Guy Corneau, Le meilleur de soi, J’ai Lu, 2015)

A méditer durant nos vacances.

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