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Performance d'équipe : une théorie fausse mais efficace

30 Septembre 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Performance d'équipe : une théorie fausse mais efficace

Vous connaissez peut-être la loi de Pareto (Wilfrid Pareto, économiste italien) qui traite du principe des 80-20. Connaissez-vous la ligne (ou la zone) de Losada ?

Marcial Losada est un psychologue chilien (travaillant aux USA) qui a conduit des recherches (en compagnie de Barbara Fredickson sur la performance des équipes. Il en a déduit, après de savants calculs mathématiques un nombre magique : 2,9013 qui représente le nombre d’interactions positives / interactions négatives nécessaire pour qu’une équipe réussisse.

Cela signifie qu’il faut trois commentaires, expressions ou expériences positifs pour contrer les effets démoralisants d’une remarque négative. Avec un chiffre supérieur, l’équipe tend à se surpasser et à l’opposé, les résultats ne tardent pas à décliner.

Publié en 2005 dans la revue American Psychologist, cet article a connu un grand succès et de nombreuses entreprises l’ont mis en place avec de bons résultats.

Patatras, en 2013, une équipe de recherche autour de Nick Brown a révélé que les bases de calculs étaient hasardeuses. Sommés de s’expliquer, Losada a botté en touche, mais Fredickson a accepté la critique.

Quelle moralité retenir ? Être positif vis-à-vis de son équipe ne sert à rien ou bien que le chiffre est faux, mais l’idée valable ?

A vous de choisir.

Sources : https://en.wikipedia.org/wiki/Critical_positivity_ratio et http://retractionwatch.com/2013/09/19/fredrickson-losada-positivity-ratio-paper-partially-withdrawn/

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Parlez une autre langue pour être plus tolérant

23 Septembre 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Parlez une autre langue pour être plus tolérant

Selon une étude publiée par le magazine Scientific American, nous émettons des jugements beaucoup plus tolérants quand nous sommes en train de parler dans une langue étrangère, révèlent une série de fascinantes études. Ce qui nous transforme lorsque nous parlons une autre langue, c’est précisément le fait de sortir de sa langue natale toute chargée d’émotions et de souvenirs pour se transporter dans une autre langue plus neutre. Et cela a un effet sur notre sens moral. Parler dans une autre langue demande plus d’efforts et nous met dans un état d’esprit plus réflexif. Et nous conduit, par là, à avoir des jugements plus apaisés, et plus tolérants.

Dans une autre étude conduite en 2014 par Albert Costa, ce chercheur a proposé à des participants d’examiner le «dilemme du wagon fou» : imaginez que vous voyez un wagon lancé sur une voie ferrée, avec lequel vous ne pouvez pas communiquer. Sur la voie devant lui, cinq personnes qui n’entendent pas vos cris d’alerte, et ne peuvent pas bouger. Le chercheur donne comme option aux participants, pour sauver les cinq personnes, de devoir pousser quelqu’un sur la voie. Les gens sont réticents à dire qu'ils feraient ce geste... Dans leur langue natale, seulement 20% des cobayes affirmaient qu’ils étaient volontaires pour pousser la personne sur la voie. Mais dans une autre langue, ce chiffre est monté à 50% ! Et le type de langue natale des participants ne jouait absolument aucun rôle. Les locuteurs dont la langue d’origine était l’anglais, et à qui on avait demandé de s’exprimer en espagnol, ont offert des réponses similaires à ceux dont la langue d’origine était l’espagnol, et qui s’exprimaient en anglais.

Si nous pouvons prendre cette distance lorsque nous parlons une autre langue, c’est sans doute parce que le fait de s'exprimer dans une langue étrangère nous fait plonger dans un«mode délibératif», un mode où nous allons délibérer et faire des choix, explique Scientific American: «L'effort produit par le fait de parler dans une autre langue envoie le signal à notre système cognitif de se préparer pour une activité ardue». Et c’est aussi parce que notre langue natale résonne de mille émotions, qui sont réactivées dès que nous utilisons certains mots, associés à des souvenirs douloureux.

Toutes ces expériences posent énormément de questions, et pas des moindres, relève le magazine: «Mais quel est donc mon ‘véritable’ sens moral? Est-ce celui qui est niché dans mes souvenirs, la somme de ces échos d’interactions émotionnellement chargées, qui m’ont appris au fur et à mesure ce qu’était le « bien » ? Ou est-ce le raisonnement que je suis capable d’utiliser quand je ne suis pas soumis à ces contraintes inconscientes ?»

Source : http://www.slate.fr/story/123593/tolerance-sens-moral-etude-langue-etrangere

Source http://www.scientificamerican.com/article/how-morality-changes-in-a-foreign-language/

Source : http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0094842

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Billy the Kid n'essayait pas

15 Septembre 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Billy the Kid n'essayait pas

« J’essaye, je fais de mon mieux, je vais essayer… « Qui n’a jamais entendu ces phrases et a ressenti que son interlocuteur n’y croyait pas vraiment, allait faire un (petit) bout de chemin et s’arrêter au premier obstacle, à la première petite pierre sur le chemin.

Qu’il est dur de faire avancer celui qui pense qu’il ne peut pas, ou pire, n’ose pas sortir de sa zone de confort.

Dans mon travail de coach, je suis souvent témoin de ce phénomène, quand bien même le coaché a trouvé lui-même ce qu’il devait faire, mais s’arrêtait à ce stade.

Pour y remédier, nous devons (et je m’inclus dans le panier) revoir notre mode de pensée, mode qui a été façonné par notre éducation et par notre environnement.

Dans ce contexte, le livre d’Aviad Goz, « The man who knew how to think » (disponible sur Amazon) remet bien en perspective ce que nous devrions faire pour réfléchir plus efficacement (et souvent nous le savons) mais que nous ne faisons pas. Bien plus, ce livre donne une méthode logique pour améliorer étape par étape notre façon de penser.

Un extrait

Le célèbre hors la loi, Billy the Kid, qui était le tireur le plus rapide et le plus efficace de l’Ouest américain, était souvent interpellé sur ce talent. Il disait : « Je m’imagine simplement toucher la cible et seulement après je tire ».

Sun Tzu, le grand stratège chinois, disait à peu près la même chose dans son traité « L’Art de la guerre » : « le guerrier victorieux gagne d’abord (mentalement) et va ensuite sur le champ de bataille, tandis que le vaincu va sur le champ de bataille et espère gagner ».

C’est une grande leçon d’histoire : cela implique que quand vous visez une cible, vous devez d’abord penser que vous l’avez atteinte et après agir. Cela vaut aussi bien pour toucher une cible avec un caillou que pour la négociation d’un bien immobilier.

De tels connexions dans les pensées résultent de la création de nouvelles façons de penser. Notre approche mentale détermine souvent le résultat que nous obtenons. Ainsi, si vous arrivez confiant à un entretien de recrutement, votre posture, et par ricochet votre confiance en vous, vont jouer un grand rôle dans la confiance en vos compétences ressenti par le recruteur.

Les athlètes, aujourd’hui, utilisent de telles méthodes de vision mentale.

Nous agissons comme nous pensons. Alors, allez-vous « essayer » de travailler votre mode de pensée, ou y travailler tout court ?

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Travailler au débotté

9 Septembre 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Travailler au débotté

Un interview de votre serviteur paru sur L'entreprise la semaine dernière.

Synthèse urgente, animation expresse... Vous devez vous exécuter au pied levé. Passé le moment de panique (ou d'excitation), posez-vous. Il s'agit de perdre du temps pour en gagner ensuite, estime le coach Gérard Rodach. Voici comment y parvenir.

Tétanisé ou stimulé par l'annonce d'avoir à effectuer des tâches (plus ou moins complexes) à l'improviste, on a le plus souvent tendance à se précipiter, toute affaire cessante ou à rester paralysé. Des réactions qui ne sont pas recommandées: les émotions envahissent le cerveau et brouillent la capacité de raisonnement. Il faut se remobiliser sur du concret Voici les clés Gérard Rodach, coach et fondateur du cabinet Dalett, pour relever le défi.

Etape n°1: se faire expliquer le contexte

"J'ai une réunion dans une demi-heure, il me faut tous les éléments pour faire le point sur le projet Z". Votre patron vous interpelle entre deux portes, et vous volez au quart de tour à son secours sans lui poser la question du "pourquoi ?". Or celle-ci est essentielle, car elle vous fera gagner du temps. Quel est l'enjeu de son intervention ? De quoi a-t-il vraiment besoin ? D'un topo détaillé, de chiffres précis, d'un historique pointu ou seulement de grandes lignes et de données approximatives ? Respirez un grand coup, et interrogez-le avant de foncer.

L'erreur: penser que ce que vous avez compris de la demande de votre interlocuteur correspond à ce qu'il a en tête.

Etape n°2: réviser son agenda

Vous avez 30 minutes pour rédiger ce rapport devenu d'un coup urgentissime ou pour faire une présentation au débotté. Vous savez ce qu'on attend de vous et le délai imparti, peu négociable. A vous de dégager ce temps nécessaire et de gérer vos priorités. Quelles tâches pouvez-vous reporter ? Déléguer ? Voire annuler ? Dans ce but, vous pouvez utiliser la matrice d'Eisenhower, selon la grille "urgent et important ; important mais pas urgent ; pas important mais urgent ; pas important et pas urgent". Et voyez votre n+1 si vous rencontrez un conflit de priorités.

L'erreur: avoir planifié un emploi du temps trop serré, sans avoir préservé des plages disponibles libres de toute activité -au moins 30% du temps- pour être capable de répondre aux imprévus.

Etape n°3: se bâtir une check-list

C'est une bonne façon de prendre du recul et de faire baisser le stress (ou la surchauffe). Vérifiez si l'ordinateur est opérationnel, la surface du bureau dégagée, les documents et tableaux utiles à portée de main ou à leur place, etc.

L'erreur: se lancer à corps perdu, sans préparation, au point de devoir s'interrompre toutes les 5 minutes, pour retrouver tel ouvrage, tel numéro de téléphone, telle donnée. Contre-productif !

Etape n°4: battre le rappel en "off"

Evoquez votre dossier de façon informelle autour de vous, des homologues, des confrères, des connaissances, afin de glaner des idées ou des informations que vous incorporerez à votre topo, rapport ou présentation. L'intérêt est d'avancer plus vite et d'avoir un autre regard qui permette de ne rien oublier d'important tout en gardant le cap de l'essentiel.

L'erreur: se prendre la tête tout seul dans son coin au risque de rester bloqué.

Etape n°5: couper ses e-connexions

Un réflexe capital pour garder sa concentration qui doit demeurer au top ! Le mieux est encore de transférer à quelqu'un d'autre la réponse à vos mails et appels téléphoniques. Ce sera une véritable libération mentale et physique. Vous pouvez aussi allez dans une salle de réunion pour vous éloigner du brouhaha ambiant.

L'erreur: vouloir rester à son bureau, surtout en open space, et accessible à l'équipe ou à l'entourage "au cas où..."

Etape n° 6: se muer en "optimaliste"

Le terme est de Tal Ben-Shahar, expert américano-israélien de la psychologie positive et enseignant à Harvard (auteur de "l'apprentissage de l'imperfection", Pocket). Le principe de "l'optimalisme" est de faire au mieux avec le temps et les moyens dont on dispose. Calculez donc au plus juste. Exemple, un seul slide récapitulatif peut suffire à l'assistance qui n'a nul besoin de connaître les péripéties du projet Z (cf. étape n°1). Mettez les diapos fouillées de côté, vous pourrez les ressortir plus tard, ou à la demande.

L'erreur: vouloir être un bon élève en étant exhaustif et en peaufinant son dossier. Sachez que 80% du gros du travail doit être fait en 20% du temps.

Etape n°7: inverser la culpabilité

Hourrah, vous avez réussi à boucler à l'heure ! Toutefois, on risque de vous reprocher votre retard sur les autres sujets. Si vous n'avez pas pris la précaution d'alerter votre hiérarchie (ou pairs) sur les conflits de priorités, c'est le moment de les dévoiler. Et de signaler que vous ne pouvez pas tout gérer à la fois, sauf à différer certains engagements. A discuter sereinement.

L'erreur: se perdre dans une kyrielle de justifications et accuser. Restez sobre.

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Retour à la réalité quotidienne

2 Septembre 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Retour à la réalité quotidienne

Lee Miller, journaliste photographe de Vogue a vécu la libération de la France.

Vous pouvez lire ce texte au premier degré (témoignage historique). Je vous en propose une autre lecture : vous reprenez un poste après un intermède qui vous en a éloigné (exemple : un autre projet ou de longues vacances…) En bref, le sentiment de progressivement revenir à la réalité quotidienne.

Après quatre années de simple survie, les gens étaient groggy comme après une sieste, une léthargie de Belle au bois dormant. Le prince est entré dans un château rempli de toiles d’araignée et a posé son baiser. Tout le monde se lève, prépare un banquet, danse le menuet et vit heureux jusqu’à la fin des temps.

L’histoire semble s’arrêter là, mais il ne devrait pas en être ainsi. Qui a astiqué les casseroles vert-de-grisées ? Qui a remplacé la chaîne rouillée du puits ? Ont-ils repris leurs querelles et commérages où ils s’étaient arrêtés ? Ont-ils demandé ce que les voisins avaient dit d’eux pendant tout ce temps ? Les fournisseurs avaient-ils essayé de se faire payer ce qu’on leur devait ? Y avait-il des laitues et des œufs frais dans le garde-manger ? Le prince a peut-être résolu tous ces problèmes en apportant toutes ces choses ou la Libération a-t-elle suffit ?

C’est un moment intense de prise de recul qui fait réfléchir sur notre course à l’urgence. Comment les choses se passent-elles en notre absence ? Quelles sont les routines ? Qu’est-ce qu’elles nous apprennent ?

Et vous ? Comment avez-vous vécu de telles situations ?

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