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Sortez du cercle de Zorro

27 Octobre 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Vous connaissez peut-être Zorro, ce héros masqué du sud-ouest de l’Amérique qui défendait la veuve et l’orphelin.

Il existe un chapitre mal connu de son histoire. Dans le film « le masque de Zorro », nous le voyons fougueux et indiscipliné. A force de vouloir tout faire tout azimut, il sent qu’il perd le contrôle et devient moins efficace.

Il rencontre alors Don Diego, un expert en armes vieillissant, qui le prend sous son aile.  Dans sa caverne secrète, il va lui apprendre à se battre sans sortir d’un petit cercle qu’il a tracé au sol. Comme Diego le dit avec sagesse : « ce cercle sera ton monde. Jusqu’à ce que je te dise le contraire, rien n’existe en dehors de lui. »

Une fois que Zorro maîtrise son territoire, Don Diego l’autorise à tenter progressivement des exploits plus grands. Aucun des exploits qu’il accomplira alors n’aurait été possible sans cela. Au départ, Zorro n’a aucun contrôle de ses émotions, aucun sens de sa propre habileté, aucun sentiment de dominer son propre destin. C’est avec la maîtrise acquise de ce premier cercle que naît la légende.

C’st une métaphore de la manière dont nous pouvons atteindre nos buts. Un des moteurs les plus importants de la réussite est la croyance que nous avons notre avenir en main. Pourtant, quand la pression ou la charge de travail augmente trop vite, ce sentiment de contrôle lâche, surtout si nous nous lançons dans trop de tâches en même temps.

En limitant d’abord l’étendue de nos efforts, puis en observant le résultat attendu, nous accumulons les ressources, la connaissance et la confiance qui nous permettent d’élargir le cercle. Zorro a commencé petit, puis a progressivement maîtrisé son cercle qui allait s’élargissant. Son succès a suivi.

A vous de jouer ! 

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Et si le Management était un Art, quel artiste seriez-vous ?

21 Octobre 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Takashi Murakami est un artiste japonais qui expose en ce moment à la galerie Perrotin (Paris). Dans un texte sur le site de la galerie, il exprime son apprentissage continu de la peinture.

Les mots clés qui en ressortent (Intention, essence magique, dépasser les recettes, apprentissage continu, fil continu, quête de la perfection, …) me font penser aux relations humaines et à l’animation des équipes (que ce soit en management ou en animation transverse).

Lisez donc ce texte en le transposant à l’animation d’équipe.

Depuis que j’ai commencé à étudier la peinture, à l’âge de 19 ans jusqu’à aujourd’hui, à l’âge de 54 ans, j’ai appris et je suis toujours en train d’apprendre la magie de la peinture.

Le processus d’élaboration d’une peinture est initié par une intention. Une peinture commence tend à devenir une peinture au moment où elle transcende l’intention. Une peinture n’est plus une peinture une fois qu’elle devient une peinture. Son essence est véritablement magique et insaisissable.
Et pourtant, quand nous nous tenons physiquement devant cette peinture parmi d’autres peintures, nous comprenons que c’est une vraie peinture. Un génie peut facilement atteindre cet état.

J’ai humblement et respectueusement étudié les recettes magiques de peintures que quelques génies nous ont laissées. Elles sont vraiment remarquables, ces recettes magiques. Mais les différents facteurs qui caractérisent les vies de tels génies, de leur lieu d’origine à l’époque où ils ont vécu et à leur statut social, sont tellement différents des miens que je suis incapable d’appliquer immédiatement de telles recettes moi-même.

J’ai tenté d’incorporer certaines des recettes magiques dans mon cerveau, mais elles ne sont pas compatibles ; en réalité, parfois elles provoquaient des réactions de rejets.

L’étincelle d’une idée qui m’amènerait à la magie n’arrive jamais. C’est pourquoi, jour après jour, je poursuis avec assiduité mon apprentissage et peins le produit de cet apprentissage.

Cependant quand je regarde en arrière, je réalise qu’il reste une trace de mes propres formules magiques même dans mes annotations picturales d’il y a une vingtaine d’années, celles laissées lors de ces efforts si terriblement laborieux, bien qu’assez difficiles à comprendre – étant si empreintes de pitié sur mon sort et extrêmement déformées- à la différence de celles des génies du passé. Si je rassemblais chacune de ces notes aujourd’hui, elles pourraient constituer une partie d’un cercle magique ; un peu de magie pourrait même émerger.

Non, peut-être que cela s’avérera être simplement une tragédie provoquée par ma méprise. En continuant d’apprendre et de peindre le fruit de cet apprentissage jour après jour afin de ne laisser ne serait-ce que la plus infime des traces, mon espoir de vivre ma vie probablement tragique, la recette pour mon cercle magique de peinture, s’accumule.

J’espère continuer à parfaire mon cercle magique qui peut convoquer la magie, à comprendre l’essence de la magie de la peinture, et essayer d’achever la recette pour générer la magie de la peinture.

Les oeuvres de cette exposition sont ainsi également les réminiscences de ce que j’ai appris au long de mon parcours d’apprentissage. A ma façon, j’ai poursuivi mon chemin en toute sincérité, pourtant je suis toujours loin d’arriver à l’essence de la magie telle que je la conçois. Mais je crois que chacune des oeuvres contient quelques fragments de l’essence – même si elles se révèlent être des tragédies ! De toute façon, je fais le choix de le croire.

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, comme je le fais depuis toujours, j’apprends la magie de la peinture.

Si le management est un Art, quel artiste pensez-vous être ? Quel fil conducteur y voyez-vous ? Où pensez-vous arriver ? Quel est votre « cercle magique » ?

TAKASHI MURAKAMI Galerie Perrotin, Paris / 10 septembre – 23 décembre 2016

Galerie Perrotin76 rue de Turenne 75003 Paris   www.perrotin.com

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Faire preuve de stupidité peut vous aider

13 Octobre 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Vous êtes recrutés (en général) par un employeur pour votre intelligence et votre capacité de réflexion, mais en fait personne ne s’attend à ce que vous utilisiez ce potentiel une fois en poste.

 C’est ce que le spécialiste des comportements en organisation André Spicer nomme le paradoxe de la stupidité qui veut que les plus aptes se retrouvent dans des environnements où leur adaptation passe par une désactivation de leurs capacités à prendre du recul sur la situation.

 Vous vous attendez à relever des défis intellectuels stimulants mais au lieu de cela, vous avez (surtout lorsque vous êtes débutant), des tâches routinières qui vous  paraissent sans objet, dans lesquelles la présentation compte plus que le fond. Sans oublier les contraintes bureaucratiques envahissantes qui occupent une grande partie du temps travaillé.

 « Se concentrer sur la résolution de problèmes »

 La thèse d’André Spicer est que toute l’organisation est structurée autour de cette obligation de ne pas trop (se) poser de question, à rebours de tout ce qu’enseigne la sagesse managériale contemporaine.

 « En évitant de trop réfléchir, écrit le chercheur, [les salariés] peuvent se concentrer sur la résolution des problèmes. Contourner le type de questions dérangeante que la réflexion peut mettre en lumière autorise les employés à éviter les conflits avec leurs collègues.»

 Le paradoxe veut donc que des gens par ailleurs intelligents et conscients de l’absurdité de la situation à titre individuel acceptent un fonctionnement collectif basé sur la stupidité comme ligne de conduite des organisations.

 La mauvaise pratique des « best practices »

Plus généralement, le chercheur brocarde la manie des organisations pour la culture du management de la productivité, qui pousse périodiquement ces dernières à investir dans l’image de marque, les formations au leadership, les « best practices » ou la culture d’entreprise.

 Celui-ci estime qu'à court et moyen terme, cette stupidité est « fonctionnelle », dans la mesure où l'intérêt collectif est d'éviter les conflits et les perpétuelles remises en question qui empêchent d'avancer. En revanche, sur le long terme, se voiler la face expose l'organisation à un risque d'erreurs majeures.

 https://aeon.co/essays/you-don-t-have-to-be-stupid-to-work-here-but-it-helps

http://www.slate.fr/story/124061/entreprises-gens-intelligents-stupides

 Photo by Westend61/Stefan Kranefeld/Gallery Stock

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Etes-vous atteint de l'effet Tetris ?

7 Octobre 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Etes-vous atteint de l'effet Tetris ?

L'effet Tetris, ou syndrome Tetris, survient lorsqu'un individu consacre tellement de temps et d'attention à une activité que cette dernière commence à modifier sa pensée, ses images mentales et ses rêves.

Les individus jouant à Tetris pendant trop longtemps peuvent se mettre à penser à la manière dont les différentes formes du monde réel peuvent s'emboîter ensemble, comme des boîtes sur une étagère de supermarché ou des immeubles dans la rue1. Dans ce sens, l'effet Tetris est une forme d’habitude.

L’effet Tetris n’est pas qu’une question de jeux vidéo. C’est une métaphore dont notre cerveau nous dicte la perception du monde qui nous entoure. Cela se manifeste par l’incapacité d’une personne à sortir d’un schéma mental. Par exemple, vous êtes auditeur financier ou avocat et votre cerveau est tellement déformé que vous ne vous focalisez plus que sur les erreurs ou les points faibles du raisonnement de vos interlocuteurs (au travail ou dans les devoirs de vos enfants).

La difficulté est que si vous avez le sentiment d’être atteint de ce comportement, vous ne le faites pas exprès. Dans le monde du travail, de même que dans nos vies personnelles, nus sommes souvent récompensés pour corriger des erreurs ou remarqués des problèmes à résoudre. Cela pet être très utile. L’ennui est que ce schéma de fonctionnement non seulement peut nous pourrir la vie (et la relation avec les autres), mais aussi nous faire rater le côté positif des choses et le plaisir associé.

Tout n’est pas perdu, si vous le voulez. Vous pouvez changer cette programmation du cerveau (je vous renvoie au livre ci-dessus ou à ceux de Tal Ben Shahar).

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