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Faut-il arrêter de (faire) croire au Père Noël ?

23 Décembre 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Nous sommes en pleine période de Noël et nos enfants rêvent de celui-ci. Bien plus, nous ne sommes pas les derniers à entretenir cette légende.

Il n’y a d’ailleurs pas que les enfants qui croient au Père Noël. Les adultes ont aussi leurs Pères Noëls, qu’ils s’appellent hommes politiques de tous bords, jeux de hasard, philosophes du bonheur ou de l’apocalypse ou encore dirigeants d’entreprise, syndicalistes, managers…

Un article récent des Echos fait le point sur l’effet à long terme de ce mythe sur la confiance des enfants en leurs parents. Nous l’avons étendu à la confiance des adultes vis-à-vis de la classe politique, des médias, ou de leurs dirigeants.

Pour la plupart des personnes qui entretiennent cette croyance, c’est une manière de faire vivre une part de magie dans l'imaginaire de leur auditoire. Mais viendra inévitablement le moment où la magie prendra fin, où l'auditeur comprendra que le Père Noël n'a jamais existé.

Ce moment de désillusion n'est pas toujours sans conséquence. Dans un article publié dans la revue Lancet Psychiatry , deux psychologues mettent en garde contre ce "gentil mensonge", « un exercice moralement ambigu ». Mentir aux (grands) enfants, même sur quelque chose d'aussi merveilleux que le Père Noël, pourrait saper leur confiance en leurs responsables (au sens large = parents, leaders…) et les laisser en proie à une « dure déception », écrit le Guardian qui pu interviewer les chercheurs.

« Le mythe du Père est un mensonge si durable, qui demande tant d'implication, que si une relation est vulnérable, cette désillusion peut être celle de trop. Si les responsables peuvent mentir de façon si convaincante et pendant une si longue période, sur quoi d'autres peuvent-ils mentir ? », explique Kathy McKay, psychologue clinicienne à l'Université de Nouvelle-Angleterre, en Australie et co-auteur de l'étude. « Il y a un risque pour les (grands) enfants de se sentir blessés » en comprenant que l'on a abusé de leur naïveté.

Pourquoi ce « mensonge collectif à l'échelle mondiale », comme l'appellent les psychologues, persiste ? D'abord en raison à la tendance de l'être humain à se conformer, même lorsqu'un comportement est illogique. Mais les psychologues suggèrent aussi que les responsables du mythe cherchent égoïstement à faire revivre ce qu’ils ont eux-mêmes vécus, à échapper eux aussi à la réalité. « La persistance de fanatisme dans des histoires comme Harry Potter ou Star Wars dans l'âge adulte illustre bien ce désir », ajoute Kathy McKay dans le DailyMail .

Les psychologues jugent sévèrement les responsables entretenant l'idée d'un Père Noël potentiellement terrifiant, jugeant si les (grands) enfants ont été gentils ou méchants.

Si l'on décide de faire croire son entourage à l'existence du Père Noël, il faut préparer le moment où ils apprendront la vérité. Ils accepteront mieux la disparition du Père Noël s'il est accompagné, lorsqu'il commence à avoir des doutes, que s'ils l'apprennent de façon brutale, comme de la bouche de leurs camarades, souvent moins délicats.

Joyeuses fêtes

Source : Les Echos

 

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Serez-vous un leader du 4ème type ?

16 Décembre 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Dans « Leaders du troisième type »*, Le président de Hewlett Packard Enterprise, Gérald Karsenti fait référence à l’enseignement de Michael Maccoby à Oxford. Celui-ci transpose au monde du management les trois types libidinaux établis par Freud : les narcissiques, les obsessionnels et les érotiques.

La vaste majorité des leaders restent des « narcissiques » dits « productivistes ». Leurs qualités sont connues, ce sont des êtres charismatiques, opérationnels et visionnaires, qui vont de l'avant et se fixent des objectifs auxquels ils se tiennent. L'envers du décor est qu'ils peuvent finir par croire que tout leur est permis, que rien ni personne ne doit leur résister. Leurs déviations peuvent aller jusqu'à l'abus de bien social, jusqu'aux harcèlements moral et sexuel ainsi qu'au goût démesuré pour l'argent.

Les « obsessionnels » exercent un leadership de compétence. Ce sont des directeurs juridiques, financiers, des DRH, etc., d'une grande efficacité en environnements complexes. Leurs comportements extrêmes s'expriment sous la forme d'un micro management et d'un excès de pression et de contrôle.

Quant aux « érotiques », leur besoin d'être aimés est chronique. S'ils accordent de l'importance au bien-être des salariés et savent créer des environnements de travail de qualité, tout conflit les déstabilise.

Mais pour l’auteur, cette classification est en train de changer. Pour lui, les gens rejettent aujourd’hui, les dirigeants d'entreprise et les hommes politiques aux ego trop développés. Ces leaders, qui ont tous une dominante narcissique, doivent comprendre que le monde de demain ne s'accommodera plus d'eux. Le glas a donc sonné pour les narcissiques dominants et autres autocrates…

D’ici une dizaine d'années, le temps que les 28-35 ans passent aux commandes, la tendance ira vers des êtres capables de performance, qui rassemblent des qualités humaines et intellectuelles ainsi que des valeurs et une éthique irréprochables. Ce sera d’ailleurs plus une question de mentalité que d’âge et il y a déjà de tels leaders.

Ce changement (que nous avons déjà décrit dans d’autres articles autour du retour des introvertis) permettra également la montée de nouveaux types de leaders : la révolution industrielle actuelle, dont le moteur repose sur la créativité, permet ainsi aux femmes, sous-représentées dans les écoles d'ingénieurs et scientifiques, de prendre des places : pour réussir, on n'est plus obligé d'être ingénieur, comme après la Seconde Guerre mondiale, ou financier, comme dans les années 1980-1990 !

Par ailleurs, l’autre grand changement est que les nouvelles générations, très brillantes sur le digital, vont avoir besoin de davantage de culture pour projeter l'entreprise vers le futur et lui donner sens et dimension. Il devient clé d'apprendre à réfléchir, à resituer les choses dans un ensemble plus vaste ou encore à interroger l'échelle du temps.

* Editions Eyrolles, 2016

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Publié depuis Overblog

10 Décembre 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

«Vous vivez dans une bulle. Ou plutôt dans une grande caisse de résonance capable de vous convaincre, vous et vos amis, que les Américains n'éliront pas cet idiot de Trump», avait prévenu le réalisateur Michael Moore dans un texte prophétique, plusieurs mois avant l'élection de Donald Trump.

J.L. Cassely sur Slate a écrit un article* à propos d’une émission de télévision US (Saturday Night Live ») qui a parodié cette bulle.  « La formule désigne le processus par lequel les réseaux sociaux auxquels chacun de nous (ou presque) est inscrit filtrent les informations du monde extérieur pour n'en conserver qu'un agréable fil d'actualités heureuses, paramétré pour épouser la vision du monde de son récepteur, jamais contredit ni questionné dans ses convictions. La formation de bulles qui limitent les contacts avec l'extérieur et orientent la perception de la réalité ne se limite pas pour autant aux dimensions numériques de nos vies : le malaise est bien plus profond ».

Si l’article traite des bobos new-yorkais et parisiens, je l’étendrai aussi au milieu professionnel.

Trois questions au hasard :

  1. Vos hauts responsables dans votre organisation ont-ils un bureau au milieu de leurs équipes ou sont-ils regroupés près de Dieu le père (ou la mère) ?
  2. Vous-même, allez-vous régulièrement à la rencontre de collègues inconnus d’autres services, dans votre propre immeuble de bureaux ?
  3. Vous-même encore, échangez-vous sur le fond avec des collègues d’autres établissements (bureaux ou usines) ne serait-ce qu’en France ?    

Pour avoir vécu dans plusieurs villes de province, j’ai vraiment ressenti la culture médiatique centrée sur Paris comme intolérable, tant sur le plan personnel (les informations à la télé ou à la radio) que professionnel (les provinciaux doivent s’aligner sur Paris. Or le mode de vie parisien fait que les gens commencent tard et finissent tard, ce qui fait de longues journées pour les provinciaux en liaison avec Paris).

La dimension géographique n’est pas seulement à la notion Paris / province.  Dans un même ensemble de bureaux, le travail en silo est toujours bien vivant et quand bien même les modes projet ont favorisé l’ouverture, en tirons-nous vraiment parti ? J’irai même plus loin : avons-nous vraiment envie d’entendre d’autres sons de cloches ?  

Le monde dans lequel nous vivons (je parle en France) est de moins en moins homogène. Nous le savons et proclamons que sa diversité peut nous enrichir. Oui, mais faisons-nous l’effort de nous ouvrir à celui-ci ?

A repenser lors de la prise de bonnes résolutions pour 2017 !

*Plus d’informations ? Je vous renvoie à l’article et au test associé qui peuvent vous permettre de mesurer votre degré d’intégration à la bulle (http://www.slate.fr/story/129419/vivez-vous-bulle). 

 

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Aller plus vite, oui mais pour quoi ?

1 Décembre 2016 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Selon une enquête Opinion Way publiée en décembre 2015, 54% des Français éprouveraient le sentiment de voir les minutes filer entre leurs doigts. Ce ressenti n’a jamais été aussi fort en France.

Cela commence par le temps de transport pour aller travailler : selon une étude du Ministère du Travail, 35% des salariés mettent plus d’une heure pour faire l’aller et retour domicile / lieu de travail. C’est une moyenne nationale. Les habitants de l'agglomération parisienne sont parmi les moins bien lotis. Leur temps de déplacement est de soixante-huit minutes en moyenne, contre trente-cinq pour ceux des petits pôles urbains. D’où une demande d’habiter près de son lieu de travail.

Oui, mais comment faire quand les deux travaillent et que les entreprises bougent pour faire des économies, de La Défense à Marne La Vallée (45’ de transport entre ces deux points) ?

Dès lors, comment accélérer le quotidien ?  Toujours selon l’enquête du Ministère, de plus en plus utilisent des trottinettes, des vélos pliables pour se mouvoir dans les métros ou d'autres moyens électriques. À Paris, une étude de 2014 a montré que le pic d'utilisation des vélib', les vélos de la ville, se faisait entre 18 et 19 heures, lors de la sortie des bureaux.

Le quotidien s'accélère aussi dans d’autres domaines : formalités administratives, services bancaires, achats en ligne… Les citadins n’ont plus le temps (ou envie ?) d’aller à la mairie, à la banque ou dans leur supermarché. Tous offrent désormais des alternatives en ligne.

D’après une étude réalisée par l’IDATE pour la Caisse des dépôts et l’Association de l’économie numérique, 90% des Français ont effectué en 2013 leurs démarches administratives sur internet. Ils étaient 88% avaient recours à la banque en ligne en 2013 (contre 80% en 2009). Une progression qui concerne aussi les services de e-commerce : 90% ont fait des achats en ligne en 2013 (contre 85% en 2009).

Il y a aussi un très fort développement de la place du mobile. La consultation des comptes bancaires depuis le téléphone est en progression constante : 21% en 2013, 36% en 2014 et 41% en 2015, selon l’enquête Usages mobiles 2015 de Deloitte.

Autant de temps libéré pour en avoir plus à sa disposition.

Mais au fait, qu’en faites-vous ? Pour des loisirs ou pour travailler plus ? Je n’ai pas l’impression que les personnes autour de moi aient plus de temps grâce à toutes ces recettes. Où est l’erreur ?

 Adapté d’un article de slate. 

 

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