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Quel le niveau d'incivilité à votre bureau ?

27 Janvier 2017 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Le lieu de travail change : développement des open spaces, bureaux non attribués, espaces plus réduits, rythme de travail plus rapide, travail collaboratif accru

Dans le même temps les incivilités en milieu de travail sont à la hausse.

 

Il n’y a pas de raison unique à cette tendance : cela tient aussi bien à la concentration sur un plus faible espace d’un plus grand nombre de personnes que de la perte du sens collectif, de la montée de l’individualisme ou bien encore de la montée du numérique (les mails sont sources de malentendus).

Attention ! Il existe cinq sortes d’incivilité :

  • Une première catégorie d’incivilités relève de la gestion des mouvements et des circulations. Tout le monde se gêne, certains provocateurs étant sciemment plus gênants que d’autres.
  • Une deuxième catégorie relève de la manifestation de certaines fonctions physiques (manger/boire, se couper les ongles, …).
  • Une troisième catégorie d’incivilités a pour origine des conflits de territoires (monopoliser un espace, ...).
  • Des comportements brouillant la frontière entre l'espace public et l'espace privé peuvent être rassemblés dans une quatrième catégorie d’incivilités. (Ex. Discussions au téléphone).
  • Enfin, une dernière rubrique de classement des incivilités rassemble les propos et comportements qui relèvent de la discourtoisie et de l’impolitesse.

Quelles qu’en soient les causes sous-jacentes, les coûts de l'incivilité augmentent à mesure que le niveau de stress des employés monte : la productivité diminue, la collaboration en interne régresse, les démissions suivent (et la rotation du personnel augmente) et la qualité de service au client diminue.

 

La réduction de ces incivilités n’est pas seulement liée aux autres : bien sûr, la hiérarchie a un rôle à jouer en termes des conditions de travail, de réglementation et de prise de position (avec sanctions à l’appui, si besoin). Quee rôle joue-t-elle (ou non) à date ?

 

La vie collective a aussi un rôle à jouer, d’où, par exemple, la floraison de guide de savoir-vivre en open space. Une SSII a ainsi désigné un responsable des règles sur les open space : c’est celui (ou celle) qui a le plus mis le « bazar » la semaine précédente. Quelles règles existent chez vous ?

 

Nous avons, à titre individuel, aussi à surveiller notre comportement. Parmi les cinq types d’incivilités citées ci-dessus, pour lesquelles avons-nous déjà eu des remarques de nos collègues ?

 

Comme l’analysait le sociologue Erving Goffman, la fonction des petites civilités de la vie quotidienne est celle d’un système d’avertissement : les politesses sont perçues comme une pure convention, mais leur absence peut alarmer. Les incivilités et leurs conséquences introduisent ainsi au cœur de la vie sociale un doute qui porte sur la nature hostile ou non des intentions d’autrui et sur la capacité de la hiérarchie à traiter le « bazar » et à maintenir l’ordre.
 

Source : McKinsey et Slate (article de Julien Damon)

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Post vérité : le mot de l'année 2016

21 Janvier 2017 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Dans la revue internet « up-magazine » (http://up-magazine.info), Gérard Ayache signe un article sur la « post vérité ».

Quelques extraits :

La vérité n’est plus ce qu’elle était. Une valeur démonétisée, ringarde, une vertu de looser. Nous sommes entrés dans l’ère de la post-vérité. Plus c’est gros, mieux ça passe. Le mensonge, la contre-vérité, la fausse nouvelle sont devenus monnaie courante dans le déroulement des affaires publiques. Le mensonge, tenu pour une simple et acceptable figure de rhétorique, serait même admis comme une manière habile et efficace de communiquer. Raconter un beau bobard équivaudrait à employer une jolie métaphore, pour bien faire passer son message. Qu’importe la vérité. Le dictionnaire d’Oxford en a fait le mot de l’année : post-vérité.

Là où le débat nous concerne, c’est sur la responsabilité des entreprises et de leurs actions (lieu où nous sommes en partie acteurs) :

Dans le même temps, vers la fin des années 1990, montait en puissance le phénomène des « industries créatives ». La « marque » fut portée au pinacle et tous les moyens pour la construire et la défendre furent jugés valables. Storytelling, branding, communication … devinrent les parangons d’une société où la vérité importait peu face à la construction d’une fiction apte à faire rêver et vendre. Avec le développement des technologies numériques, le phénomène ne fit que s’accentuer et se mit à gagner tous les pans de la « nouvelle économie », y compris ceux, obscurs, de la finance. Peu importait la réalité des faits, ce qui comptait était la « valorisation », le plus souvent établie sur des critères très éloignés de la réalité ; sur des potentiels, c'est-à-dire des rêves.

À ce jeu, des professionnels du mensonge se distinguent singulièrement. Peu connaissent en France Steve Bannon. Celui-ci est le gourou de la post-vérité. il prend en 2012 la direction d’un site d’information redoutable : Breitbart News. Ce média s’est fait le chantre du populisme le plus extrême.

L’article, plutôt orienté « vie politique » continue autour de l’influence de Breitbar sur l’opinion publique (Breitbar arrive en Europe). Cela nous pose une question fondamentale sur notre éthique : celle de notre organisation et la nôtre.

Le storytelling, le branding (= la promotion de la marque) ou encore la communication sont des outils. Un outil peut être neutre, positif ou dangereux : tout dépend comment nous nous en servons, à titre individuel ou collectif.

Et vous ? Etes-vous (votre organisation / vous-même) confronté à la post-vérité ?

Pour lire l’article en entier : http://up-magazine.info/index.php?option=com_content&view=article&id=6352:post-verite-le-temps-des-salades&catid=103:analyses&Itemid=542&utm_source=newsletter_430&utm_medium=email&utm_campaign=up-nl-vnew-quot#sthash.OMcNtfZy.dpuf

 

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Etes-vous Christophe Colomb ou Amerigo Vespucci ?

13 Janvier 2017 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Être curieux ne s’improvise pas. Cela peut être inné, mais le plus souvent cela s’apprend. Dans son livre « Sapiens », qui traite de l’évolution de l’espèce humaine, l’auteur évoque le passage de la carte pleine à la carte vide.

Durant tout le Moyen Âge, le monde était représenté sur les cartes géographiques sans espaces vides. A partir du 15ème Siècle et surtout du 16ème siècle, une révolution culturelle vas se produire qui nous affecte encore aujourd’hui.

Quand Christophe Colomb découvrit l’Amérique, il était persuadé, selon ses calculs que 4375 miles le séparaient du Japon (en réalité, c’était 12500 miles) et que lorsqu’il touche terre aux Bahamas, il était sûr d’être arrivé en Asie et il le crût longtemps, tout comme nombre de ses contemporains. Il était impensable, pour eux que les écrits (et notamment la Bible) soient faux (ou incomplets) et ne mentionnent pas l’Amérique. Christophe Colomb estimait avoir trouvé une nouvelle route vers l’Asie. Pour le reste, rien de nouveau : tout était connu.

Toutefois, des textes datant de 1502 et attribués à Amerigo Vespucci (un autre explorateur) estimaient qu’il s’agissait d’un nouveau continent et que toute la littérature existante était de peu d’aide. Il fallait tout découvrir avec un esprit nouveau : il fallait accepter qu’il y ait des choses qu’on ne connaissait pas.

Vous connaissez la suite de l’histoire : progressivement, cette idée germa dans la tête des élites de l’époque. Des explorations tous azimuts furent lancées au 16ème Siècle : au milieu du Siècle, le tour du monde était réalisé et la colonisation de l’Amérique centrale et du Nord bien entamée. Viendront plus tard les explorations anglaises et françaises.

Pourquoi cette histoire est-elle importante à se remémorer ? Parce que nous sommes un peu dans la même situation que Christophe Colomb : nous sommes blasés, le monde est connu et nous nous adaptons progressivement aux nouvelles approches et technologies.

Or, nous sommes en train de vivre une nouvelle découverte de l’Amérique (au sens figuré). Comme Amerigo Vespucci, nous pouvons réaliser que la digitalisation du monde de l’entreprise et la croissance fulgurante de l’Intelligence Artificielle (entre autres) vont changer très vite font que notre univers (professionnel).

Que faites-vous pour vous y préparer ? Attendez-vous que cela soit nécessaire (et contraint), que votre entreprise vous y prépare, ou anticipez-vous le mouvement en vous formant et en testant de nouvelles approches ?

Il est bien sûr plus confortable (à court terme) d’attendre, mais qui vous dit que votre entreprise vous y préparera ? Elle peut préférer embaucher de jeunes générations à l’autre bout du monde, moins chers et plus agiles. La délocalisation ne concerne plus que les métiers à bas coût : l’Inde, avec ses centaines de milliers d’ingénieurs, est déjà la terre d’accueil des SSII. Capgemini a déjà 50.000 ingénieurs en Inde.

VAE, Mooc, … tous les outils sont là pour vous y préparer. Ce n’est pas seulement une question de savoir, c’est aussi une question comportement : voyez-vous le monde « fini » ou encore avec plein de choses à découvrir ? En bref, êtes-vous Christophe Colomb ou Amerigo Vespucci ?

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Qui est le problème ?

6 Janvier 2017 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

 

 

 

 

 

Simon Sinek, un spécialiste américain du management a fait part dernièrement dans une vidéo* de son regard sur la génération Z

Son regard peut se résumer ainsi : Les générations Z sont narcissiques, déconcentrés, paresseux, impatients et égocentriques..., entre autres. La faute à des parents, qui ne leur ont pas appris la valeur du travail.

Résultat, continue l'orateur, la génération Z ne parvient pas à s'épanouir dans le monde du travail. Elle est comme inadaptée, traversée par des désirs irréalistes qui, dans le pire des cas, nourrissent une insatisfaction chronique.

Les « générations Z » n'auraient pas la patience pour mener à bien des projets au long terme. Un défaut imputable aux managers actuels, trop souvent enfermés dans une vision court-termiste et superficielle.

De son côté, la génération Z, hyper connectée, serait devenue incapable de construire des relations solides, trop habituée à échanger via les réseaux sociaux.

Pour y remédier, Simon Sinek propose donc de se déconnecter. D'apprendre à se séparer de son portable le temps d'un restaurant entre amis. Le temps de se réveiller le matin. Le temps de réfléchir. Plutôt que d'occuper artificiellement son esprit, accepter de se laisser à nouveau envahir par le vide, pour, éventuellement, faire jaillir des idées novatrices. C'est, rappelle-t-il, l'assurance de progresser tout au long de la vie.

Devons-nous prendre ces déclarations pour argent comptant ?

Des études récentes soulignent que l’écart n’est pas si grand.

Des études (comme celle de NOMEN sur « Marques et générations X et Y », ou celle publiée la fondation Telecom sous la direction de Carine Dartiguepeyrou soulignent que la réelle différence n’est pas tant liée à l’âge mais à l’expérience (avec l’âge, les Y (ceux nés après 1980) ont appris à être plus patient et pondérés dans leurs jugements.

L'écart est plus au niveau des valeurs : les « jeunes » veulent faire des tâches à valeur ajoutée (et non plus se disperser dans des travaux stériles, c’est-à-dire sans visibilité et sans retours en termes de reconnaissance), travailler en liens avec leurs collègues, être challengé, ce qui permet de grandir en termes de compétences et recevoir de la reconnaissance.

Ce la suppose, pour leur encadrement, de leur proposer de l’autonomie, pas de procédures lourdes à respecter et des marges de manœuvre.

Alors qui est le problème : la génération Z ou le management X ?

*Intégralité de l’interview de Simon Sinek : https://youtu.be/ldh8E6LCLhM.

Source : Le Point article de martine Chiecchi

 

 

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Vous êtes plus fort qu'Harry Potter !

1 Janvier 2017 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Mesdames, messieurs

« Moi, Harry Potter, en tant que président de l’association des magiciens, j’ai l’honneur de vous annoncer que le magicien de l’année est monsieur Hercule Martin (héros du 1er livre publié par DALETT et symbole du manager-leader à la française) !

C’est la première fois que nous nommons à cet honneur un moldu (= « non magicien ») et c’est une décision qui montre notre prise de conscience de l’évolution du rapport entre notre univers de sang pur (= magicien) et moldus. En tant que magicien, nous n’avons plus le monopole du don d’ubiquité, nous ne sommes plus les seuls à pouvoir transplaner et notre baguette magique est durement concurrencée : smartphone, visioconférence et capacité à décider et à agir à distance par la seule force de la pensée sont aux mains des moldus.

Monsieur Hercule Martin, je vous invite à montrer sur l’estrade recevoir votre prix au nom des moldus « managers » et autres leaders.

Tout ému, Hercule Martin monte sur l’estrade et prononce son discours : « Mesdames, messieurs les magiciens, c’est un honneur pour moi de représenter ici les managers moldus. Comme nous l’a souligné Harry Potter, les technologies, les méthodes et les procédures que moi et mes confrères avons développé sont comme les baguettes magiques qui nous permettent cette coordination dont nos organisations ont besoin. Les moldus ont fort progressé.

Quand je repense à mon propre père, par exemple, un artisan : il maniait des outils et avait des contraintes liées à l’acte productif.

pour nombre de personnes en entreprise, le travail est devenu abstrait et nous, moldus, courrons non seulement le risque de ne plus prendre conscience de nos limites (et de celles de nos collaborateurs) en travaillant (et en faisant travailler) à toute heure du jour ou de la nuit, mais également de mépriser ceux qui font des actes productifs, que nous trouvons toujours trop lent, quand il suffit pour nous de dire « Yakafokon ».

Notre rôle de « magicien » est aussi de créer du sens, parce qu’aujourd’hui, les actes de création et de production sont tellement éclatés qu’il est difficile d’en voir à son niveau le sens.

Comment éviter alors que nous ne constituions à notre tour une caste, celles des sachants, face aux exécutants ? Nous devons garder une partie de notre activité dans le « faire », vivre un acte productif avec nos mains et comprendre ce que cela nous apporte.

Mon vœu pour 2017 est d’inviter les « magiciens moldus » à retrouver, que ce soit dans leur vie professionnelle ou sociale (au travers d’associations) cette dimension du travail concret pour ressentir à la fois les gains de la magie, mais aussi celle de la création manuelle et de l’action collective. »

En se retournant pour recevoir son prix, Hercule se cogna et cela le réveilla de sa sieste. Il retrouva à côté de lui un petit pense-bête sur la venue du Père Noël et de l’échange d’idées qu’il aimerait avoir avec ce dernier. « Je sais de quoi nous allons parler » se dit-il.

Adapté d’un texte de Slate signé Aurélie Dudézert

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