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La passion d'apprendre

27 Juillet 2017 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Le San Diego Union-tribune (Californie, USA) a publié une interview d’Irwin Jacobs, fondateur de Qualcomm.

 

A 82 ans, le professeur qui révolutionna les Telecoms en créant Qualcomm (qui a facilité le développement des téléphones mobiles) est toujours vif et agile d’esprit.

 

Quelques extraits :

 

« La clé pour réussir une entreprise est de trouver de bons professionnels, de leur donner un bon environnement de travail et surtout un travail passionnant. Un travail qui passionne, c’est quand vous ne souhaitez pas seulement faire de petites améliorations à l’existant, mais de réaliser quelque chose de vraiment différent. »

 

« Je me passionne depuis de nombreuses années pour la biologie et les intersections entre la recherche scientifique, le big data et l’ingénierie. Certains aspects de la biologie fournissent des théories sur l’information, ce qui est la colonne vertébrale mathématique de la communication digitale. C’est un domaine qui se développe très rapidement. »

 

« Je lis très peu de romans ou de livres de fiction. Je choisis plutôt des livres de physiques ou des biographies. Cela évolue très vite et cela dépasse l’entendement. »

 

« Bien que retraité, je suis souvent consulté sur toutes sortes de sujets, de la technologie à la politique, en passant par l’éducation. J’aime écouter les gens sur ce qu’ils font, les nouvelles idées qui émergent.  (Une bonne partie de sa fortune va dans le soutien à des fondations et des projets entrepreneuriaux).

 

Et vous, quelle est votre passion d’apprendre ?

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Comment développer ses talents ?

21 Juillet 2017 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Bernadette Lecerf-Thomas, une des pionnières dans les neurosciences vient de décéder. Une bonne occasion de lui rendre hommage en reprenant un extrait d’un de ses interviews  

 

Depuis la nuit des temps, notre cortex cérébral se développe par l'augmentation des connaissances et des compétences humaines. Les neuroscientifiques ne parlent pas de cerveau « multitâches». Faire plusieurs choses en même temps n'est pas nouveau : certains métiers ont toujours su le faire. Par contre, il est impossible de réfléchir à deux choses en même temps. Quand on fait un effort cognitif intense, on n'en fait qu'un à la fois. L'intelligence collective en entreprise résulte des échanges entre un réseau de personnes capables de travailler ensemble pour produire de l'innovation rapidement et avec le plus de productivité possible. Mais la seule accélération des échanges ne produit pas de l'intelligence collective, il faut aussi que ces échanges aient un but commun.

 

Les neurosciences démontrent que pour être intelligent, il faut des émotions. Antonio Damasio a montré que la personne qui était capable de prendre de bonnes décisions avait besoin d'avoir des critères sur la valeur affective de ces décisions car cela fait partie des éléments qui vont faire que les gens vont agir ou pas.. Quand une personne perd sa capacité de jugement affectif, elle devient quelqu'un de froid, dans l'incapacité de prendre les bonnes décisions. On a tenté à une époque de déshumaniser l'entreprise et l'on revient complètement aujourd'hui sur ces erreurs de conception et de management.

Le problème de beaucoup d'organisations ce sont les clones. A force d'avoir des gens qui se ressemblent tous, avec une culture trop normée, l'initiative et surtout l'imagination sont tuées à la source. Je milite pour la diversité et la mixité dans les entreprises.

 

Les premiers résultats dans les entreprises qui ont mis en place des actions de mieux vivre ensemble, montrent également des gains de productivité. En fait, il y a des prises de conscience réelles. La collaboration est un point essentiel, la capacité d'interagir au sein d'un collectif est extrêmement porteuse de valeurs. Mais, pour l'instant, ce n'est pas évident pour tous les dirigeants. Certains restent focalisés sur leurs anciennes croyances et n'ont pas encore réactualisé leur matériel mental !

En effet, les gens n'ont pas été formés au collectif quand ils étaient « petits ». L'interaction avec l'autre - réfléchir tout en interagissant est plus facile pour un extraverti que pour un introverti. Dans les entreprises, il existe toutes sortes de tensions à tous niveaux. Pour arriver à négocier, à se coordonner et à avancer ensemble, il faut être capable de se mettre en phase sur ce que l'on perçoit sans pour autant rentrer dans la perception unique. Arriver à accepter que les autres perçoivent différemment ce que l'on perçoit soi-même – ce qui n'est pas rien -, ensuite, il faut diriger l'attention sur des objectifs. Cela nécessite en amont un travail d'appropriation qui passe par le fait que chacun ait malaxé l'information pour la transformer en stratégie. Le travail doit se fait dans chaque cerveau, chacun étant auteur de ses pensées. Et ce sont nos pensées qui nous servent à prendre des décisions au quotidien. Chaque co-équipier doit avoir travaillé sur la valeur qu'il donne à un certain nombre d'actions, il doit avoir négocié avec les autres pour permettre leur coordination synchronisée. Pour cela, il faut être capable d'anticiper sur les actions des autres membres de l'équipe. C'est assez complexe mais, aujourd'hui, les neurosciences permettent de comprendre cette complexité et aider les gens à avancer. 

Je dis dans mon livre que la coélaboration, la négociation, l'innovation sont des sports exigeants. Nous avons à conquérir de l'agilité et de la performance dans ces domaines de compétences. Tant que ceux dont le rôle est de décider pour les autres n'auront pas pris conscience qu'ils ont un cerveau et qu'ils sont donc soumis à l'impossibilité de percevoir l'inconnu et de tout prévoir, il sera difficile de changer les fondements qui structurent l'action des institutions et des entreprises (...) ».

 

Source : http://up-magazine.info/

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L'agilité : plus d'humain ou de technologie ?

16 Juillet 2017 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

 

Le journal du net, en date du 26/06 a publié un entretien avec Jérôme Barré, DRH d’Orange.

 

Orange s’est donné comme objectif de faire monter ses compétences digitales ses collaborateurs.

 

« nous construisons des formations internes via notre université interne Orange Learning pour permettre aux salariés d'acquérir en interne toutes les compétences dont ils ont besoin. Cette stratégie doit nous permettre à moyen terme de digitaliser de plus en plus nos salariés, de les responsabiliser et surtout de les fidéliser. Ils savent que s'ils se forment, ils auront de belles opportunités professionnelles chez nous. »

 

Cela se traduit par des jeux, exercices et autres quiz. Bonne initiative.

 

Oui, mais qu’en est-il du mode de management ? La digitalisation n’est pas qu’un outil que l’on plaque sur de l’existant.

 

La réponse du DRH « Le service RH d'Orange doit donc faire en sorte que tous les collaborateurs disposent de compétences digitales, mais aussi d’un management humain pour fidéliser nos meilleurs éléments.  Notre but est de réaliser 50% de nos formations internes à l'aide de Mooc d'ici 2020. »

 

Quelques observations :

 

  • Le Mooc est un excellent système pour développer son savoir, voire son savoir-faire technique.  Par contre, je suis dubitatif sur le savoir-faire manageriale et le savoir-être.
  • La proportion de 50% est importante. Tout dépend de ce que cela inclut. Néanmoins, les expériences dans le passé  (il y a une dizaine d’années)  avec du Elearning avait révélé que la dose à ne dépasser était de 30% (et France Telecom à l’époque avait reculé sur son programme de tout Elearning)

 

En bref, le digital est-il perçu comme une source d’économies ou un levier de croissance (changement d’attitude et de comportement) ?

 

Ces chiffres illustrent la tendance dans les grandes entreprises. Alors que digital peut se traduire par coopération, autonomie, partage, on se retrouve seul face à son écran (même si c’est en réseau).

 

Il y a pourtant d’autres approches pour réussir un changement digital. Cela commence d’abord par susciter le besoin. On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. A votre disposition pour en parler.

 

Et chez vous, cela se passe comment ? 

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La technologie, ce n'est pas si cool !"

7 Juillet 2017 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Je suis noyé sous les mails et lettres d’info divers qui répètent « la technologie et le digital, c’est cool ». Si je devais y croire, je ferai aveuglément confiance à la technologie proposée par les constructeurs, que ce soit en termes d’outils ou de formations.

 

Pourtant, les cyberattaques de ces derniers jours montrent qu’il y a encore des trous dans le filet de protection. Suis-je négatif ? Voici extrait de la dernière lettre d’Orange à destination de ses clients professionnels à propos de l’identification sur smartphones, tablettes ou ordinateurs.

 

La biométrie s'est considérablement développée ces dernières années. Les lecteurs d'empreintes se sont démocratisés sur les téléphones et certains constructeurs ont même équipé leurs appareils d'un système de reconnaissance faciale ou d'un scanner rétinien.

Si ces technologies peuvent sembler très sécurisées, elles comportent tout de même des limitations importantes.

La reconnaissance faciale : la technologie n'est pas parfaite pour autant et elle est même facile à tromper.

Le problème vient principalement du mode d'enregistrement de la photo-clé. Les smartphones s'appuient sur leur caméra frontale pour la capturer et ils se contentent ainsi de générer une image en deux dimensions. Il est donc possible de les tromper à l'aide d'une simple photo.

Le scanner rétinien : plus sûrs que les systèmes de reconnaissance faciale, ils utilisent la rétine de l'utilisateur pour vérifier son identité.

La méthode n'est cependant pas fiable à 100%. Les hackers du Chaos Computer Club ont en effet réussi à tromper un scanner rétinien en utilisant un appareil photo sensible aux infrarouges et en imprimant ensuite l'image sur une fausse rétine.

Les lecteurs d'empreintes digitales : Si cette méthode d'identification est considérée comme étant assez sûre, elle n'est pas parfaite pour autant et des chercheurs travaillant pour la Michigan State University ont ainsi réussi l'année dernière à tromper un lecteur de ce type en relevant l'empreinte laissée par un utilisateur sur le lecteur de son téléphone et en imprimant ensuite une copie à l'aide d'une encre conductrice.

 

Alors, les bonnes vieilles pratiques traditionnelles de sécurité (double code, en changer régulièrement, ...) ont encore de bonnes journées devant elles.

 

Plus le monde est ouvert, plus vous devez être prudent.

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