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Les barrières culturelles de la digitalisation

10 Août 2017 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Le monde se digitalise, l’entreprise se digitalise et vous-même vous vous digitalisez : le smartphone supplante l’ordinateur et devient un outil du quotidien. Oui, mais est-ce une simple transposition technique ou un changement de comportement dans lequel la technologie est le media et non une fin en soi ?

 

McKinsey a conduit une étude de cadres dans différentes entreprises du monde industrialisé. Il en ressort que la barrière culturelle supplante, et de loin, les dimensions techniques (manque d’outils, process rigides...).

 

Trois blocages sont significatifs :

 

  • La peur du risque qui se traduit par du sous-investissement dans de nouveaux domaines, notamment dans le domaine de la relation clientèle ; l’incapacité, pour le personnel de répondre aux nouvelles demandes clients se traduit par une démobilisation et une spirale négative de la qualité.
  • L’organisation (physique et/ou mental) en silos. Les nouvelles approches font fi des barrières. Il ne s’agit plus de s’adapter coûte que coûte, mais d’anticiper. Les taxis meurent de courir après la tempête créée par Uber.
  • Le focus client : la concurrence est vive dans tous les secteurs et les clients n’attendent plus pour changer de fournisseurs.

 

Bien sûr, vous pourriez penser que simplement, si vous (ou vos responsables) encouragez l’expérimentation et ne punissez pas les échecs, tout irait bien.  Toutefois, ce n’est pas aussi simple parce que l’échec et le risque sont profondément ancrés en nous. Qui aime perdre, qui aime risquer gros ? C’est encore pire pour les organisations : l’effet de groupe augmente la peur du risque (il y a toujours quelqu’un pour avoir plus peur que vous).

 

Comment y remédier ?

 

  • La première étape passe par des changements dans le processus de décision, un focus sur l’optimisation (plutôt que l’innovation) et la célébration des succès. Les meilleures méthodes ? Des recrutements externes ou des échanges croisés avec des start-up ou des entreprises innovantes facilitent ce changement d’état d’esprit. La diffusion d’informations facilitant les prises de décision y contribue également. Ainsi, certaines entreprises montrent leur confiance en donnant plus d’autonomie à leurs services (jusqu’à un certain montant d’investissement).
  • La 2ème étape est liée au comportement des responsables qui doivent afficher une culture affirmée de progrès attendus (par exemple en termes de services clients) et réallouer les ressources pour les atteindre. En bref, leur prise de risque favorisera le changement de culture.

 

En bref, l’action doit précéder la parole.

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Le syndrome de Whiplash

3 Août 2017 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Whiplash est un film de Damien Chazelle (2014), primé à Sundance.

 

Un bref résumé : A 19 ans, Andrew est déjà un virtuose de la batterie. Au conservatoire de Manhattan, il se donne les moyens de réussir dans le jazz. Il voudrait que le redoutable Terence Fletcher l'intègre dans son orchestre qui réunit les meilleurs éléments de l'école. Alors qu'il pense l'avoir séduit, le professeur tyrannique le rabaisse et l'humilie en public. Fletcher ne cesse de souffler le chaud et le froid, partisan de la violence psychologique. (La bande annonce)

 

Ce film pose plusieurs questions :

 

  • Jusqu’à quel point êtes-vous prêt à tout sacrifier pour réussir (pas seulement financièrement, mais aussi atteindre vos ambitions) ?
  • La posture de Terence Fletcher, le chef d’orchestre qui pousse les gens à bout pour les amener à donner le meilleur d’eux-mêmes vous est-elle adaptée ?
  • Avez-vous déjà rencontré (que ce soit dans le milieu professionnel ou sportif) de telles situations ?

 

Il a été longtemps été estimé que la réussite était un objectif personnel. Seuls les meilleurs réussiront et dans un contexte de concurrence acharnée, tout est bon pour (faire) réussir.

 

Ce phénomène se retrouve dans des univers aussi divers que les traders, la danse ou la natation (pensez à certains entraîneurs « réputés » pour leur dureté. Vous pouvez aussi le croiser à des doses plus ou moins fortes dans le milieu professionnel où votre responsable peut estimer utile que « vous en baviez comme lui-même en a bavé ».

 

Cela fonctionne avec certaines typologies de personnes qui vont réagir « par le haut » et bénéficier d’un peu de chance pour réussir. Malheureusement, pour la grande majorité, cela les casse, voire les pousse au suicide.

 

Au-delà de l’approche individuelle, êtes-vous conscient que cela n’est plus dans l’air du temps : le travail collectif, où chacun apporte sa pierre, nécessite devient plus important que la réussite solidaire au détriment des autres ?  

 

La réussite tant personnelle que professionnelle tient à un juste équilibre qui laisse la part à l’émotion et favorise le lien social. Je connais plein de créateurs de start-up dont la vie personnelle est un désastre (si ce n’est au niveau du conjoint, c’est dans le rapport avec les enfants).

 

Un très beau film aborde ce changement de cap :  « Tel père, tel fils »,   la version remaniée à la japonaise du film « la vie est un long fleuve tranquille ».

 

Alors, êtes-vous atteint du syndrome de Whiplash ?

 

Les films cités sont visibles sur Itunes ou en VOD.   

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