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Le recyclage de l'été

25 Août 2017 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Le Figaro a publié le 4 août une intéressante étude sur les cadres qui se recyclent vers des métiers manuels.

 

Si le sujet ne concerne qu’une minorité des cadres aujourd’hui, de nombreux cadres (32% selon un sondage) sont tentés par cette démarche. Ils y sont d’autant plus encouragés que nombre de cadres pensent que leur métier disparaîtra et qu’ils seront incités à une reconversion professionnelle. Alors, autant s’y prendre à l’avance et faire quelque chose qui nous inspire.

 

Un bref extrait de l’article

 

Tous reconnaissent recycler largement leurs compétences « d’avant ». Un couple d'associés s'est ainsi constitué au départ pour la complémentarité de ses profils : à l’un la gestion financière, à l’autre, le marketing et la communication. Une autre entrepreneure explique aussi que sa valeur ajoutée dans son activité de plomberie réside dans sa capacité à communiquer et à cibler ses clients. « Très honnêtement, en tant que bobo, je sais identifier les besoins des autres bobos !», sourit-elle. C'est la clé de la réussite de beaucoup de ces « néo-artisans», qui répondent à la demande d'une clientèle dont ils maîtrisent parfaitement les nouveaux usages, puisqu'ils en sont issus.

 

Alors, pour ceux qui rêvent d’un autre futur, en cette fin du mois d’août, quelques questions à vous poser* :

 

  • Qu’avez-vous identifié comme étant le bon environnement pour vous ?
  • Quels sont vos compétences et talents ?
  • Quelles sont vos sources d’énergie et de motivation ?
  • Quelles façons de vivre vous paraissent compatibles avec vos atouts ?
  • Quelles sont les activités qui font appel à la fois à ce que vous aimez et à vos compétences ?

Difficile ? Pensez que toute démarche de reconversion ne veut pas dire un changement à 180°. Vous pouvez évoluer dans la manière de faire votre job aujourd’hui. Vous pouvez aussi changer de métier au sein de votre entreprise. Vous avez aussi la possibilité de faire le même métier dans un environnement qui vous convienne mieux (en changeant d’entreprise, voire de secteur). A l’extrême, vous pouvez vous reconvertir complétement.

 

Notre expérience : au sein de DALETT (ma société), nous avons accompagné ces dernières années de nombreuses personnes dans cette démarche. Peu changent immédiatement à la fois de métier et de secteur, mais tous évoluent soit au sein de leur entreprise, soit ailleurs et ont une vision à 5/ 10 ans de comment évoluer vers ce qui leur correspond.

 

Alors, ne dites pas « cela ne me concerne pas (encore) ». Posez-vous plutôt la question : « que puis-je faire aujourd’hui pour préparer demain ? ».

 

A votre disposition pour en parler.     

 

* questionnaire extrait de notre livre « Donnez du sens à votre vie avec la méthode NEWS » (ESF)

 

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La fable des abeilles

18 Août 2017 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Bernard Mandeville a publié en 1705 une fable devenue un classique des sciences sociales, intitulée «La Fable des abeilles, ou les vices privés font le bien public». Cette histoire décrit la société de l’époque sous la forme d’une ruche dont les actions de ses habitantes étaient conduites uniquement par l’égoïsme. Une métaphore qui reste riche d'enseignements au XXIe siècle dans le cadre de l'entreprise. 

 

Cette histoire décrit la société anglaise, mais aussi plus largement la société de l’époque, sous la forme d’une ruche composée d’un grand nombre d’abeilles. Vivant dans le confort et le luxe, «elle était, aux yeux de tous, la mère la plus féconde des sciences et de l’industrie». 

 

Cette ruche avait toutefois une singularité : toutes les actions de ses habitantes étaient conduites par l’égoïsme. Et les plus riches d’entre elles exploitaient les plus pauvres afin de nourrir leurs convoitises et leurs vanités. Elles consommaient ainsi beaucoup de produits et services de luxe (mets, meubles, vêtements…), ce qui donnait du travail aux autres. 

 

«La fertile ruche était remplie d’une multitude prodigieuse d’habitants, dont le grand nombre contribuait même à la prospérité commune. Des millions étaient occupés à satisfaire la vanité et l’ambition d’autres abeilles.»

 

Dans cette société, prospéraient les êtres les plus vicieux et « tous ceux qui, ennemis du simple travail, se débrouillent pour détourner à leur profit le labeur de leur prochain, brave homme sans défiance». 

 

Les avocats, par exemple, s’arrangeaient pour ne pas résoudre les affaires et même augmenter les querelles, afin d’avoir plus de travail. Les médecins ne guérissaient pas entièrement les malades, afin d’avoir des salles d’attente bien remplies. Et étonnamment, cette société était prospère et vivait dans l’abondance… 

 

«Dans tous les métiers et toutes les conditions, il y avait de la fourberie. […] C’est ainsi que chaque ordre était rempli de vices, mais la Nation même jouissait d’une heureuse prospérité.»

 

Tout semblait aller très bien, si l’on peut dire… Jusqu’au jour où se produisit une véritable tragédie : les abeilles décidèrent de devenir honnêtes ! Le problème, c’est qu’en abandonnant leur mauvaise conduite, toute la structure sur laquelle reposait leur société se déstabilisa. 

 

En ½ heure, les prix s’effondrèrent, car les marchands se mirent à vendre au juste prix. Les patients guérirent, et nombre de médecins durent fermer leur cabinet. 

Comme il n’y avait plus de conflits, les tribunaux et les prisons se vidèrent. Ce qui envoya de facto au chômage avocats, huissiers et juges. Dans les administrations et les entreprises, ce qui était fait autrefois par 3 ou 4 personnes était fait maintenant par une seule, et le nombre de sans-emplois augmenta considérablement. 

 

Les abeilles décidèrent de ne plus dépenser inutilement, et la consommation chuta, essentiellement celle du luxe et de l’ostentatoire, économie qui nourrissait le plus grand nombre. On ne construisait plus de grandes et belles demeures, et les ouvriers perdirent à leur tour leur emploi... 

Résultat : l’économie s’effondra rapidement, et ce fut la ruine de toute cette société. 

Mandeville va en conclure que l’égoïsme est une des conditions de la prospérité :   

«Il faut que la fraude, le luxe et la vanité subsistent, si nous voulons en retirer les doux fruits. […] Le vice est aussi nécessaire dans un État florissant que la faim est nécessaire pour nous obliger à manger. Il est impossible que la vertu seule rende jamais une Nation célèbre et glorieuse».

 

Cette conclusion fit scandale à l’époque, à tel point que John Wesley le dénonça comme un dépravé comparable à Machiavel, et les religieux renommeront Mandeville : «Man-Devil». 

 

Toutefois, cette fable reste riche d’enseignement, et Fabrice Lamirault (dans les Echos) en extrait une idée principale qui concerne le mode de fonctionnement de nos entreprises et la valorisation des employés. Il y a :

1) D’un côté, les véritables combattants : les abeilles qui ont la culture du résultat et la volonté de faire réussir les projets, Problème : leur engagement peut attirer la jalousie de certains collègues ou supérieurs, et ces collaborateurs sont bien souvent sacrifiés par jalousie sur l’autel de la réussite. 

2) De l’autre côté, les employés moins engagés : les bourdons. Ce sont souvent eux qui reçoivent les lauriers lorsqu’un projet réussit, car ils parviennent à faire le moins d’ombre possible à leur entourage tout en écartant les abeilles trop actives autour

Alors, voici trois conseils: 

1) Identifier vos «abeilles» et vos «bourdons» et soutenez les premières.

2) Passez en mode start-up ! Limitez l’effet pyramidal, favorisez l’épanouissement de vos salariés (notamment les abeilles) et faites les travailler dans des bonnes conditions.   

3) Valorisez les efforts de vos collaborateurs


Source : https://www.lesechos.fr/

 

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Les barrières culturelles de la digitalisation

10 Août 2017 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Le monde se digitalise, l’entreprise se digitalise et vous-même vous vous digitalisez : le smartphone supplante l’ordinateur et devient un outil du quotidien. Oui, mais est-ce une simple transposition technique ou un changement de comportement dans lequel la technologie est le media et non une fin en soi ?

 

McKinsey a conduit une étude de cadres dans différentes entreprises du monde industrialisé. Il en ressort que la barrière culturelle supplante, et de loin, les dimensions techniques (manque d’outils, process rigides...).

 

Trois blocages sont significatifs :

 

  • La peur du risque qui se traduit par du sous-investissement dans de nouveaux domaines, notamment dans le domaine de la relation clientèle ; l’incapacité, pour le personnel de répondre aux nouvelles demandes clients se traduit par une démobilisation et une spirale négative de la qualité.
  • L’organisation (physique et/ou mental) en silos. Les nouvelles approches font fi des barrières. Il ne s’agit plus de s’adapter coûte que coûte, mais d’anticiper. Les taxis meurent de courir après la tempête créée par Uber.
  • Le focus client : la concurrence est vive dans tous les secteurs et les clients n’attendent plus pour changer de fournisseurs.

 

Bien sûr, vous pourriez penser que simplement, si vous (ou vos responsables) encouragez l’expérimentation et ne punissez pas les échecs, tout irait bien.  Toutefois, ce n’est pas aussi simple parce que l’échec et le risque sont profondément ancrés en nous. Qui aime perdre, qui aime risquer gros ? C’est encore pire pour les organisations : l’effet de groupe augmente la peur du risque (il y a toujours quelqu’un pour avoir plus peur que vous).

 

Comment y remédier ?

 

  • La première étape passe par des changements dans le processus de décision, un focus sur l’optimisation (plutôt que l’innovation) et la célébration des succès. Les meilleures méthodes ? Des recrutements externes ou des échanges croisés avec des start-up ou des entreprises innovantes facilitent ce changement d’état d’esprit. La diffusion d’informations facilitant les prises de décision y contribue également. Ainsi, certaines entreprises montrent leur confiance en donnant plus d’autonomie à leurs services (jusqu’à un certain montant d’investissement).
  • La 2ème étape est liée au comportement des responsables qui doivent afficher une culture affirmée de progrès attendus (par exemple en termes de services clients) et réallouer les ressources pour les atteindre. En bref, leur prise de risque favorisera le changement de culture.

 

En bref, l’action doit précéder la parole.

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Le syndrome de Whiplash

3 Août 2017 , Rédigé par Aviad Goz & Gérard Rodach

Whiplash est un film de Damien Chazelle (2014), primé à Sundance.

 

Un bref résumé : A 19 ans, Andrew est déjà un virtuose de la batterie. Au conservatoire de Manhattan, il se donne les moyens de réussir dans le jazz. Il voudrait que le redoutable Terence Fletcher l'intègre dans son orchestre qui réunit les meilleurs éléments de l'école. Alors qu'il pense l'avoir séduit, le professeur tyrannique le rabaisse et l'humilie en public. Fletcher ne cesse de souffler le chaud et le froid, partisan de la violence psychologique. (La bande annonce)

 

Ce film pose plusieurs questions :

 

  • Jusqu’à quel point êtes-vous prêt à tout sacrifier pour réussir (pas seulement financièrement, mais aussi atteindre vos ambitions) ?
  • La posture de Terence Fletcher, le chef d’orchestre qui pousse les gens à bout pour les amener à donner le meilleur d’eux-mêmes vous est-elle adaptée ?
  • Avez-vous déjà rencontré (que ce soit dans le milieu professionnel ou sportif) de telles situations ?

 

Il a été longtemps été estimé que la réussite était un objectif personnel. Seuls les meilleurs réussiront et dans un contexte de concurrence acharnée, tout est bon pour (faire) réussir.

 

Ce phénomène se retrouve dans des univers aussi divers que les traders, la danse ou la natation (pensez à certains entraîneurs « réputés » pour leur dureté. Vous pouvez aussi le croiser à des doses plus ou moins fortes dans le milieu professionnel où votre responsable peut estimer utile que « vous en baviez comme lui-même en a bavé ».

 

Cela fonctionne avec certaines typologies de personnes qui vont réagir « par le haut » et bénéficier d’un peu de chance pour réussir. Malheureusement, pour la grande majorité, cela les casse, voire les pousse au suicide.

 

Au-delà de l’approche individuelle, êtes-vous conscient que cela n’est plus dans l’air du temps : le travail collectif, où chacun apporte sa pierre, nécessite devient plus important que la réussite solidaire au détriment des autres ?  

 

La réussite tant personnelle que professionnelle tient à un juste équilibre qui laisse la part à l’émotion et favorise le lien social. Je connais plein de créateurs de start-up dont la vie personnelle est un désastre (si ce n’est au niveau du conjoint, c’est dans le rapport avec les enfants).

 

Un très beau film aborde ce changement de cap :  « Tel père, tel fils »,   la version remaniée à la japonaise du film « la vie est un long fleuve tranquille ».

 

Alors, êtes-vous atteint du syndrome de Whiplash ?

 

Les films cités sont visibles sur Itunes ou en VOD.   

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